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Infos sur la revue Methodos        Interview pour Le Monde


 


Pour étudier comment le corps a été étudié et interprété par la science et la philosophie, notre recherche est organisée autour de deux grands axes, développés en parallèle depuis 1986 :
la désincarnation scientifique du corps et la description du sujet incarné par les philosophies du corps.

Notre postulat est de lier l'épistémologie et l'ontologie du corps endémontrant comment la modélisation du corps présuppose, en le laissant le plus souvent dans l'implicite, une conception ontologique du corps.


Bernard.andrieu@wanadoo.fr
Maître de Conférence habilité
1 rue Isabey 54000 Nancy

Epistémologie EREST/IUFM de Lorraine
http://www2.ac-nancy-metz.fr/erest

Archives Poincaré UMR 7117 CNRS/Université Nancy 2
http://www.univ-nancy2.fr/ACERHP/perso/andrieu/andrieu.html



Ouvrages parus


             

 

( 2004 ) Variations. Collection Plein Feux
( 2004 ) Le corps en liberté Collection "Liberté j'écris ton nom"






(2003) Le laboratoire du cerveau psychologique. Histoire et modèles,Paris, Ed. CNRS, 320 p.

(2003) Le somaphore. Naissance du sujet biotechnologique, Liège, Ed. Sils Maria, 230 p.

(2002) La nouvelle philosophie du corps, Ed. Erès, Coll. Philosophies ,200 p.
(2002) L'interprétation des gènes. Un exemple de confusion des savoirs, Paris, L¹harmattan, 180 p.
(2002) La chair du cerveau. Philosophie et Biologie de la cognition,Liège, Ed. Sils Maria, 227 p.

(2000) Un corps à soi. Critique du masochisme, ed. Euredit, 2000, 80 p.
(2000) Le cerveau. Essai sur le corps pensant Paris, Hatier, coll. Optiques, 80 p.

(1999) L'Homme naturel. La fin promise des sciences humaines,
         Pref. G.Avanzini, Presses Universitaires Lyon, 300 p (épuisé).
(1999) Médecin de son corps, Préf. F. Dagognet, Paris, P.U.F., coll. "Médecine et Société ", n°10, 1999, 127 p.
(1998) La Neurophilosophie, Paris, P.U.F., coll. " Que sais-je ? "n°3373, 130 p.

(1998) Les plaisirs de la chair, Une philosophie politique des corps Paris, Le temps des cerises, 200 p.

(1994) Les Cultes du corps. Ethique et Sciences, Paris, L'Harmattan, 300 p.
(1993) Le Corps dispersé. Une histoire du corps au XXe siècle,Paris, L'Harmattan, 450 p. 2 ed.,1996. 3ed, 2000.

(2004) Etre touché, Maxéville N00 Essai 79 p.

 

Direction d'ouvrages collectifs

(2005) Dictionnaire du corps, 450 articles, 400 auteurs, Paris, L'harmattan, 1200 p.
(2004) H. Feigl, de la physique au mental, Paris, L'harmattan
(2003) Corps, peau, silences dans l'enseignement, Paris, CNDP, Actes etrapports.

(2002) L'invention du cerveau. Anthologie des neurosciences Paris, Press/Pocket, 250 p. Préf. G. Lanteri-Laura,
          avec les collaborations de J.C. Dupont, P.Mengal, J.N. Missa, M. Renneville.

(2001) Oeuvres Complètes Alfred Binet ( 4 volumes parus)

(depuis 1999) Revue de la Socité Binet Simon : Eduquer.

La revue pourra être consultée via notre site http://www.e-montaigne.com
sur ce site :
L'accès aux sommaires et abstracts est gratuit
L'accès aux articles sera payant

(depuis 2000) Collection Le mouvement des savoirs. Ed L'Harmattan
   


 

 

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Le laboratoire du cerveau psychologique.

Le cerveau n¹est pas la condition du corps. Ce serait séparer la cause avec l¹effet alors que le cerveau et le corps sont indissociables. Il n¹y a pas de base strictement innée à la conscience corporelle, puisque c¹est la relation du corps au monde dès sa vie intra-utérine qui informe, oriente, et sélectionne les voies et les circuits nerveux. L¹être humain naît avec un cerveau naturel inachevé, les cultures lui fournissent les matériaux nécessaires à sa qualification singulière. Cette neurobiologie du développement refuse de lier la conscience corporelle au seul résultat de l¹activité du cerveau. La conscience corporelle prend en compte les interactions du cerveau avec les matériaux incorporés, elle peut même devenir conscience spirituelle en distinguant par les états mentaux des niveaux autonomes de cognition. Sauf à réduire l¹activité cognitive du sujet humain à celle de son cerveau, le rôle du corps doit être revalorisé car il organise sous l¹influence du système nerveux l¹interaction avec l¹
environnement.

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Le somaphore. Naissance du sujet biotechnologique,

Le somaphore est, grâce aux méthodes et aux progrès de la génétique édicale et des biotechnologies, cette définition biosubjective du corps. La modification, à la différence de la trans-formation de l'apparence, crée un nouveau corps, inédit au plan de l'hérédité individuelle et au plan des pèces ; la modification réalise un désign biosubjectif de la matière. Le sujet s'incarne dans la matière même en redéfinissant la nature par l'action sur la matière première. L'équipotentialité embryonnaire, la totipotente, les greffes sont des potentialités naturelles mais que le biosujet va utiliser pour accentuer son interprétation des gènes. Une nouvelle herméneutique du corps par les gènes est née.

 

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La nouvelle philosophie du corps,
(pour commander cliquez ici : http://www.edition-eres.com

Piercing, tatouage, chirurgie esthétique, valorisation du sport et des conduites à risque, exaltation de la jeunesse et refus de vieillir, mutiplication des appareils biosensoriels greffés sur le corps - écouteurs, baladeurs, portables, ontraceptifs…-, développement du mouvement, de la vitesse et de la glisse - ski, surf, rollers, trottinette, TGV, internet, etc. : le sujet contemporain explore les différentes manières de faire corps avec lui-même et avec les autres.

Dans une synthèse subjective entre existentialisme et psychanalyse du sujet, l'auteur analyse cette nouvelle philosophie du corps, apparue depuis les années 1990, qui conditionne notre être-au-monde

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L'interprétation des gènes.

L'éliminativisme désincarne en ne retenant du corps qu'une partie matérielle (le neurone, le gène) et en lui attribuant un déterminisme causal. L'élimination des concepts corporels s'effectue par un travail de redéfinition conceptuels en les remplaçant par des concepts neuroscientifiques, génétiques ou béhavioriste Sous les progrès combinés de la chimie des hormones, des empreintes génétiques et de la bio-psychiatrie des comportements, la force du préjugé est entretenue par la description naturaliste de l¹identité humaine que fournirait la génétique.

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La chair du cerveau.

Le cerveau n¹est pas un organe objectif qui serait séparée de la vie du corps, c¹est-à-dire de sa constitution, de son métabolisme et de son adaptation au milieu. Vivant, le cerveau se modifie sans cesse tant dans son organisation que dans sa spécialisation. Plutôt qu¹un récepteur simple , le cerveau est soumis à ses possibilités de plasticité et de réadaptation : cette mobilité des réseaux neuronaux dynamise le cerveau tant dans la qualité de ses états mentaux que dans la communication des neurotransmetteurs. Déterminé par des facteurs génétiques, au cours de son développement et dans ses régulations, le cerveau n¹est pas libre : le cerveau doit trouver une homéostasie neurofonctionnelle en synthétisant la contradiction entre la part des gènes et la part de l¹histoire.

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Un corps à soi. Critique du masochisme,(euredit@wanadoo.fr)

Le thème de la différence hors de nous-même a souvent été compris comme un culte exacerbé de l¹originalité : cette débauche expressive, pale copie du baroque, voudrait épuiser les limites de la provocation. En surlignant le trait identificatoire, la mise en scène du corps serait moderne : la mise en acte devrait suivre l¹actualité du piercing ou encore du tatouage. La démarque-remarque reste une stratégie du visible même si les fondateurs de la mise en signifiance de la peau indique pour eux l¹intensité de leur chair comme origine du geste.

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Le cerveau. Essai sur le corps pensant

S¹il est vrai que le cerveau et la pensée sont deux points de vue sur une ême réalité matérielle, reste à préciser comment le cerveau organise l¹activité ensante ? Cette question est rendue difficile en raison de l¹organisation complexe des réseaux de neurones. "Nous ne connaissons pas très bien tous les détails, précise Thomas Nagel, mais il est évident qu¹il existe des relations complexes entre ce qui se passe dans votre esprit et les processus physiques qui ont lieu dans votre cerveau. Mais tout cela est du ressort de la science, et non de la philosophie.

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L'Homme naturel. La fin promise des sciences humaines,
Préface de Guy Avanzini

 

La naturalisation désincarne scientifiquement le corps humain en éliminant
de sa constitution et de sa production tous les éléments culturels uil'auraient par interaction déterminé de telle ou telle manière. En abandonnant le corps humain aux sciences de la vie (neurosciences et génétique), les sciences humaines ont cru accéder au rang de science positive en expliquant les activités propres à l¹homme. Pourtant durant cette dispersion féconde du corps dans les sciences humaines, un autre scénario s¹écrivait en parallèle dans un premier temps, puis sur le devant même de la scène des sciences humaines avec un désir de les remplacer par des sciences de l'homme naturel.

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Médecin de son corps
Préface de François Dagognet

Du corps médecin au médecin de son corps, un nouveau modèle politique de la santé s¹engage : non plus celui du gouvernement de la vie par le bio-ouvoir, mais celui de l¹usage de son corps par les somatechnies. L¹Etat peut favoriser un usage responsable de celles-ci en nationalisant la gestion des organes, du sang et des gènes. Mais l¹ironie du capital est grande car il ropose, par le biais de l¹industrie pharmaceutique et des sociétés iotechnologiques, des moyens pour modifier le sens de notre existence.

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La Neurophilosophie,

Nous avons soutenu notre thèse Genèse et critique de la neurophilosophie (Université Paris X). L¹objet de notre thèse aura été de rétablir les conditions d¹un dialogue entre la philosophie et les neurosciences, dialogue réduit au monologue réductionniste de la neurophilosophie. Mais ce néologisme a été compris par nous plus comme un résultat que comme une cause du développement des neurosciences dans le champ de la philosophie. Bien évidemment, la neurophilosophie a produit depuis 1986 un effet de regroupement des partisans des thèses éliminativistes et réductionnistes selon lesquelles les états mentaux sont réductibles à des états cérébraux. Nous faisons l¹hypothèse que la production de ce néologisme est le résultat de l¹histoire des relations entre philosophie et neurosciences, si bien qu¹une reconstitution précise des travaux, des concepts et des paradigmes a
été rendue nécessaire.

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Les plaisirs de la chair, Une philosophie politique des corps

Chacun est aujourd¹hui persuadé que la liberté du corps est essentielle pour définir son identité personnelle . En Occident l¹individu voudrait conserver l¹intégrité et la jeunesse de son corps comme un droit imprescriptible à disposer de soi-même. Cette croyance, fondée sur une religion du corps, se fonde sur des cultes hédonistes et sur une mise en culture scientifique des éléments corporels. Le sujet se définit lui-même selon ses capacités et ses performances ; mais ces usages subjectifs singularisent le corps afin, à la fois, d¹affirmer sa subjectivité et de protéger son individualité . Le sujet s¹invente en dessinant son corps en estimant se libérer de toutes les contraintes par son utilisation personnalisée des techniques.

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Les Cultes du corps. Ethique et Sciences,

 

L¹époque se livre aux cultes du corps : chacun désire faire correspondre samatière physique à l¹image psychique qu¹il a de lui-même. Pour cela il met
en culture son corps : body building par lequel le sujet croit pouvoir construire son corps par la maîtrise de l¹effort physique ; seins siliconés et autres implants qui modifient le volume de soi-même par l¹artifice d¹une ligne ; amaigrissement draconien afin d¹incorporer le stéréotype esthétique du corps social ; pratique effrénée des sports pour entretenir la machine sanitaire et pour rester jeune en retardant la venue de la mortŠ Le corps constitue désormais la religion du XXIe siècle prophétisée par André Malraux

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Le Corps dispersé. Une histoire du corps au XXe siècle


La dispersion du corps est une forme de désincarnation scientifique du corpspar l'éclatement en des disciplines différentes du même objet unifié dans l'expérience subjective. La dispersion est à la fois une désincarnation épistémologique en modèles contradictoires qui sépare laphénoménologie, la psychanalyse et les sciences cognitives, et une désincarnation ontologique car le corps lui-même est dispersé en morceaux opposés (l'image du corps, le schéma corporel, la chair, le cerveau).

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Dictionnaire du corps,(2005, 450 pages)

Le Dictionnaire du corps a pour but de rassembler ces travaux dans des articles et des bibliographies thématiques selon le principe de l'abécédaire. L'établissement d'un corpus international thématique, sur la base des travaux bibliographiques , révèlent la variété des thèmes étudiés qu'il ne suffit plus de regrouper sous une découpe disciplinaire. Le Dictionnaire du corps (400 articles) sollicite ceux et celles, peu importe leur discipline d'origine, qui ont mis en avant dans leurs travaux une définition d'une propriété, d'un état, d'une pratique, ou d'un modèle du corps tant individuel, social et collectif

 

 

 

 

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H. Feigl, de la physique au mental

traduction Christine Lafon

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Corps, peau, silences dans l'enseignement,

Le corps de l¹enseignant a été et est encore un des médiateurs à privilégier dans le type de modélisation réfléchissante entre le corps enseignant et le corps enseigné. Cette médiation pourrait se réduire, comme le prône une certaine science comportementale à une succession d¹attitudes stéréotypées : il est vrai qu¹un certain nombre de poses cristallisées peuvent produire des effets attendus, comme la manière d¹occuper l¹espace de la classe ; ainsi l¹espace de la classe est vécu comme le corps-classe dans lequel chaque élève retrouve sa place, ses réseaux, sa distance par rapport à la profondeur hiérarchisée du savoir. Ainsi le tableau, lieu de la démonstration collective, organise le déplacement spatial dans le corps-classe là où le livre ou les photocopies rapportent chacun à sa réflexion personnelle.

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L'invention du cerveau. Anthologie des neurosciences
Préface de Georges Lanteri-Laura avec J.C. Dupont, J.N. Missa, P. Mengal, M. Renneville

Le cerveau est devenu un objet épistémologique polysémique ; retrouvant les débats des médecins, psychologues et philosophes des années 1840, les contemporains de l¹expansion des neurosciences espèrent renouveler les oppositions traditionnelles : matière-esprit, maturation-développement, cerveau-pensée, innéité-apprentissage.

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Oeuvres Complètes Alfred Binet (euredit@wanadoo.fr)

Le modèle en psychologie n¹est plus dès lors statique ou cristallisé par la référence à une science unificatrice de tous les phénomènes. Il doit décrire le mouvement et la temporalité de la cognition à travers la sensation, la perception et l¹intellection. La perspective reste l¹étude de l¹homme dans sa totalité(G. Delpierre, 1958,46). Les tests mentaux ne sont que des étapes objectivant le devenir de l¹intelligence. De même les objets d¹étude d¹A. Binet ne parviennent jamais à être synthétiser dans un modèle unique et définitif: toujours en chemin et en recherche de cohérence, A. Binet discute, comme en témoigne les comptes rendus de lecture de La revue philosophique et de l¹Année psychologique et sa correspondance, la légitimité des modèles établis sans parvenir à affirmer son modèle de l¹homme mental. Une des raisons de cette absence, au delà de l¹ouverture et de la gestion des nouveaux chantiers de la psychologie qu¹il aura créé, se trouve dans la temporalité du modèle recherché. Dès lors que l¹homme mental est toujours en mouvement par ses interactions avec le monde sensible, l¹interprétation psychologique rend visible des coupes et des instantanés de sa dynamique cognitive et psychomotrice(E.A.Fleishman, 1957). A. Binet ne résoud pas la contradiction temps-éternité, il la maintient comme principe méthodologique sans parvenir comme Piaget, Gesell ou Wallon à une théorie du développement. Entre deux siècles, A. Binet reste exemplaire d¹un de ces travaux de transition, de passage, de sélection et de fondation qui aura été nécessaire pour fonder le XXe siècle.



Car le nom d¹Alfred Binet est traditionnellement (R. Martin, 1924) associé justement(M. Huteau, J. Lautrey, 1999, 19-25) à celui de Théodore Simondans
l¹élaboration du premier test pour mesurer l¹intelligence(Theta H. Wolf, 1969, 114-115. 212-220), sous la désignation du test Binet-Simon, dit le B.-S. Cette association aura conduit à des interprétations naturalistes du test(P. Pinnel, P. Zafiropoulos, 1983, 52 ; M. Sandro, 1974). Or Alfred Binet avait su s¹inspirer de la réflexion d¹H. Beaunis (H. Beaunis, 1892, 50-55) sur les questionnaires psychologiques individuels et sur les tests mis au point précédemment (O. Decroly, A. Degand, 1906.O. Decroly, P. Buyse, 1928, 9-21). A. Binet avait su critiquer avec Victor Henri en 1896 dans leur article sur " la psychologie individuelle " dans l¹Année psychologique les séries de tests sur les processus psychiques inférieurs( Ed. Claparède, 1924 mis au point en 1890 par Cattell, en 1891 par Münsterberg, puis par Bolton en 1892 et par Jastrow et Scripture en 1893. Critique en 1904 dans l¹Année Psychologique envers les travaux de J. van Bierlet sur les postulats de sa mesure de l¹intelligence( R. Zazzo, 1954, 247), A. Binet veut fonder la psychologie individuelle sur l¹étude des processus supérieurs. Il est vrai que la reprise américaine par Lewis Madison Terman (K.P. Hillner, 1984, 70) et H.Goddard(L. Zenderland, 1987, 63) aura détourné le test de son sens intitial (D. Hothersall, 1984, 304) pour en faire un instrument de sélection et d¹élitisme. Dans une approche d¹épistémologie clinique (O. Martin, 1997, 23-39) A. Binet transforme plutôt le diagnostic en nombre représentant le niveau intellectuel pour faire de la mesure un instrument efficace. Cyril
Burt(1883-1971) s¹inspira directement des travaux d¹A. Binet(C. Burt, 1957) pour fonder ses instruments de mesure. Multiforme, l¹intelligence n¹est pas une faculté naturelle qui légitimerait une classification raciale.


Alfred Binet, bien qu¹il soit attaché( F.L. Bertrand, 1930) à la méthode scientifique par sa formation médicale inachevée( L.S. Hearnshaw, 1987, 154-155) et sa thèse soutenue en sciences naturelles, ne partage pas les thèses réductionnistes : selon elles, l¹intelligence se réduirait aux capacités naturelles du volume du cerveau, de la forme du crâne ou de l¹organisation du développement racial( St. Jay Gould, 1983). Refusant de considérer les retardés scolaires comme des " déchus du cerveau " ( M. Jeannerod, 1996, 177), A. Binet privilégie la notion d¹âge mental. Il convient de comprendre l¹étude scientifique du développement de l¹enfant, moins comme une technique de dépistage et de classification de types cognitifs(F. Gauquelin, 1971), que comme un objet pour l¹élaboration d¹une conception d¹une intelligence évolutive( J. Lawler, 1978, 62). Le test cognitif dans l¹échelle Binet-Simon prend en compte les épreuves de vie quotidienne liant ainsi l¹étalonnage des normes développementales avec la mesure des modes de fonctionnements pragmatiques d¹une intelligence en action(J.BideaudŠ,1993,163).

 


L¹¦uvre d¹Alfred Binet(8 juillet 1857-18 Octobre 1911) ressemble à celle d¹un magnifique carrefour(T. Wolf, 1973, 1) : à la croisée des chemins de la médecine psychologique, de la clinique mentale, de la pédagogie scientifique(G. Avanzini, 1969, 51-65. 1997, 10-13.1999, 15-22), de l¹introspection (de la Garanderie, 2000), des sciences naturelles(B. Andrieu, 1997, 83-102), de la psychologie pathologique( R. Plas, 1994, 229-248), de la suggestion( J.L. Cunningham, 1988. J. Carroy, 1991, 170-176), de la psychologie dramatique(A. Pierron, 1998, 9-13 ), de la criminologie(Y. Lourdais, 2000), de la psychologie de l¹enfant ( E. Chapuis 1998 ; 1999 ; 2000) Šson ¦uvre rassemble des travaux différents sans apparente ligne directrice. Alfred Binet n¹apparait pas toujours comme un pionnier de la psychologie(G.A. Kumble, M. Wertheimer, C. White, 1991 ; 1996) ou comme celui de la psychologie cognitive que les historiens préfèrent référer à Helmoltz plutôt qu¹ à Alfred Binet ( Th. C. Meyering, 1989). Dans la généalogie de la psychologie française, A. Binet, personnalité multiple(J. Chazaud, 2000, 11) est encore présenté comme un dilettante marginal (J. Carroy, R. Plas, 1993, 610), un épigone non désillusionné de J.M. Charcot(J. Carroy, 2000b, 54-55) et comme atypique ayant eu trois carrières opportunistes sans cohérence interne ni projet synthétique( J.F. Braunstein, E. Pewzner, 1999, 124-127). Il a travaillé auprès des maitres de la psychologie comme Th. Ribot, de la physiologie dans le laboratoire dirigé( S. Nicolas, 1995) et fondé par Henri Beaunis(1830-1921), à l¹hôpital de La Salpêtrière sous la direction de Jean-Martin Charcot( J. Gasser, 1995, 235). Les différents hommages à Alfred Binet(E. Claparède, 1911. J. Delay, 1958. H. Pieron, 1958. P.Pichot, 1958, G.& G. Binet, 1972) soulignent la variété des modèles traversés par Binet qui rendrait impossible une synthèse. La recomposition des archives (F.Parot, 1989,144) d¹Alfred Binet et de son oeuvre restait donc à entreprendre.

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Revue de la Socité Binet Simon : Eduquer.

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Collection Le mouvement des savoirs.


 

 

 

 

 

 

 

 

Collection "Liberté j'écris ton nom"


Ce corps est-il en moi ? C'est, en tout cas, la certitude que nous avons incorporée depuis les années 60. Bien qu'elle constitue l'un des acquis de la laïcité et des luttes sociales, cette certitude peut être interrogée d'un point de vue laïque, à travers les nouvelles pratiques corporelles auxquelles nous croyons nous adonner en toute liberté. Quelles sont, dans l'esprit du sujet individuel, les parts respectives de l'illusion et de l'invention dans cette religion du corps libéré ? Quel est l'impensé de cette pensée du corps qui semble désormais la nôtre ? Tel est l'objectif central de ce livre, dans lequel le regard philosophique s'attache à ce qui relie des pratiques apparemment aussi déviantes que le SM ou le tatouage aux prescriptions du droit de l'éthique et de la politique. Réflexion abstraite ? Rien n'est moins sûr. Car la problématique ici ouverte enveloppe aussi bien les défis que le clonage, la greffe d'organes, l'euthanasie ou les soins palliatifs adressent à la pensée critique.


 

 

 

 

 

 

 

Collection " N00 Essai"


 

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