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Festival TI PIMENT 2008


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EDITO

Ti piment 3 est l’édition d’un retour aux sources, d’un retour aux étapes essentielles de la vie. Naissance, passage à l’âge adulte, mariage… autant de rituels de passage que de transitions permettant d’appréhender et de construire notre vie dans une culture. Dans l’Océan Indien, ces étapes de la vie se déroulent souvent dans la danse et en musique, emmenant ainsi, grâce à la transe, le spect-acteur dans l’esprit rituel... dans le spirituel.

D’un ‘destin tracé’ projeté par  Ahamada Hachimiya à un ‘destin dansé’ par les mariées de la Cie Tetra Danse ; de l’ambiance chaude de Tuléar avec Damily à la transe maloya aux couleurs malgaches de Lindigo ; de la fusion électro-acoustique des musiques du monde de Lo Griyo ou indiennes de Mukta ; d’un patrimoine antandroy purement traditionnel de Remanindry à un autre purement populaire de l’Ethiopie avec Etenesh Wassié ; des Mascareignes à l’Inde en passant par l’Afrique de l’Est, de discipline en discipline, de lieu en lieu, comme à chaque édition, Ti Piment invite au voyage.

Cette édition donne plus de présence à la programmation décentralisée tout en gardant l’événement central et festif du Parc Ste Marie les 7 et 8 juin : un mariage qui n’empêche pas de garder son indépendance car l’un n’exclut pas l’autre.

La Galerie 9, en coproduction avec la Galerie Socles et Cimaises, accueillera la suite de l’exposition – laboratoire Le Passage de Christiane Jaillet, déjà mis en œuvre en mai 2007. Une ouverture officielle aux parfums de toiles décomposées et aux rythmes du temps lorrain le 6 juin.

La MJC Pichon alliera sa vocation ethnologique à notre vocation artistique du 9 au 12 juin pour offrir un espace de réflexion sur la question de la transmission des rituels dans un contexte culturel d’adoption. Trois jours axés sur les rituels de passage au travers de la place de la femme : excision et mariage vu par des réalisateurs cinématographiques et des associations.

Et enfin pour finir, 2 soirées à L’Autre Canal : le 13 juin pour la restitution des ateliers menés sur le thème ‘rituel et immigration’ autour de deux maîtres de cérémonie du slam : Ahamada Smis et Iraeverscible, et de chorégraphies de Valérie Berger ; le 14 juin avec une soirée de clôture exceptionnelle sur l’Ethiopie : conférence, projection, concert du Badume’s Band et du grand Mahmoud Ahmed, figure emblématique de l’âge d’or de la musique éthiopienne. S’en suivra pour conclure, un bon café azmari, one woman show éthiopien à l’humour caustique. 

Et toujours : restauration, artisanat, librairie…

Bon festival !

Cécile Louis


PROGRAMME

 

 

Mercredi 30 avril / L’Autre Canal

                                                 45 Bd D’Austrasie – Nancy

19h – Présentation de la programmation

21h – Concert (tarif 8 – 11 & 14€)

Concert Tumi & The Volume

          Iraeverscible en première partie

 

Vendredi 6 juin/ Galerie 9 – Ouverture Officielle du Festival

                                                                     9 rue Gustave Simon – Nancy

18h30 – Entrée libre

en coproduction avec la Ville de Nancy

et la galerie Socles et Cimaises, MJC Desforges

Vernissage de l’Exposition Le Passage de Christiane Jaillet

Samedi 7 - Dimanche 8 juin / Parc Sainte Marie / Entrée Libre

                                                    avenue Boffrand - Nancy

Samedi 7                           Rencontre littéraire   

     15h

Sam 7 & Dim 8              Marry me, Cie Tétra Danse

16h et 15h           Danse contemporaine – La Réunion & Madagascar

Sam 7 & Dim 8                       Salim Hatubou

            16h45 et 15h45    Contes – Les Comores

Sam 7                                Remanindry

               17h45                    Beko - Madagascar

Samedi 7                     Sam Tshabalala

   18h30                             Acoustic Zulu Quartet – Afrique du Sud

Samedi 7                     Lo Griyo

  20h15                  Electro – Maloya – La Réunion

Samedi 7                     Damily

               22h                     Musique Tsapiky - Madagascar

Dimanche 8                  Lindigo

   17h30                 Musique Maloya – La Réunion

Dimanche 8                  Mukta

                      18h45                 Electro – jazz – Inde/France

Lundi 9, Mercredi 11 & Jeudi 12 juin / Mjc Pichon / Entrée libre

                                                                                            7 Bd Recteur Senn, Nancy

Lundi 9

     20h30                  Projection de ‘Moolaadé’

                       de Ousmane Sembene

Mercredi 11

20h30               Projection de ‘Pas ma fille ! L’excision en Europe’, documentaire de Valentin Thurn

                       Table ronde sur le thème de l’excision

Jeudi 12                      

     20H30               Le Grand Mariage aux Comores

                   Projection de Destin Tracé’ de Ahamada Hachimiya

Rencontre avec la réalisatrice et table ronde autour du mariage forcé

Vendredi 13 juin / L’Autre Canal / Entrée libre

          45 Bd d’Austrasie, Nancy

      19h00                Soirée Danse et Slam – entrée libre

présentation des résultats des ateliers

d’écriture et de danse

Concert Ahamada Smis

Samedi 14 juin / L’Autre Canal

    Soirée de Clôture « Ethiopiques »

    19h00                Projection de Addis abyssinie swing, documentaire

Conférence « L'âge d'or de la musique éthiopienne » par Francis Falceto

      21h00                 Concert Badume’s Band & Mahmoud Ahmed

                                                               Swinging Addis – Ethiopie

                                      (12-15-18€) 

                     23h00                 Café Azmari avec Etenesh Wassié

                                                              Humour caustique à l’éthiopienne  


 Galerie 9                                                                           EXPOSITION

  9 rue Gustave Simon – Nancy / Entrée libre

Vendredi 6 juin / 18h30                                       

    Vernissage et Inauguration du festival                                                

Le Passage

Christiane Jaillet

Du 2 au 14 juin                                                 14h – 18h30 du lundi au samedi

en coproduction avec la Ville de Nancy et la Galerie Socles et Cimaises

C'est après avoir participé à plusieurs cérémonies traditionnelles du retournement des morts à Madagascar, que m'est venu l'idée d'enterrer et de déterrer mes toiles. Ma résidence à l'Alliance Française de Tuléar durant deux mois, m'a permis de travailler sur les cultes, rites et mœurs du peuple malgache.

Après avoir déjà été enterré et déterré à Nancy en 2007, mon travail, pour la deuxième fois, sera déterré et exposé après plus d'un an passé sous terre.

Pourquoi cette démarche ? Avec cet ensevelissement, j'ai pu développer quantité d'idées complètement enfouies en moi. Pour ne citer que quelques unes :

- que les choses crées sont toujours des intermédiaires, aussi ai-je eu envie de me servir de la terre pour créer un langage inconnu, pour créer quelque chose qui n'a jamais de fin, toujours un éternel recommencement.

- que la vie, avec ses continuelles contraintes, nous détrempe rapidement et le corps et l'esprit. La terre humide ou inondée, va détremper mes toiles, ou peut-être seulement les irriguer, comme l'on doit irriguer son cerveau pour créer.

- que les structures intérieures de la terre, avec mes structures, qui seront extérieures à elle, vont se rencontrer, se mélanger dans un certain hasard. Cet hasard me conduira sur un chemin sans fin, inconnu, absolu : un chemin de liberté.

- que cet amas de terre vertical sur les toiles, cette addition du temps, ne détruiront pas mon travail, mais le feront revivre d'une exposition à l'autre, comme la mort fait revivre l'esprit.

Je pense surtout, qu'avec mon expérience de ce travail sur "LE PASSAGE", l'art ne doit surtout pas être explicable ni résumable, peut-être comme la vie. Christiane Jaillet
Parc Sainte Marie / Entrée Libre

Av Boffrand - Nancy

Entrée libre

Samedi 7 & Dimanche 8 juin

Samedi 7 & Dimanche 8 juin

DANSE CONTEMPORAINE

16h (samedi) et 15h (dimanche)

Marry me

Cie Tétra Danse - Ile de la Réunion

 
 


Après Nuit Giratoire, création sur les femmes prostituées de Madagascar, présentée à Nancy lors de l’édition Ti’Piment 2006, Valérie Berger revient cette année avec une nouvelle création, Marry Me, autour du mariage :  arrangé, non désiré …

Création en plusieurs soli, où trois jeunes filles se marient, seul celui de la mariée malgache sera présenté à un instant où chacune, en secret, choisit sa robe pour une cérémonie commune. Elles hésitent, s’appellent, se parlent et essayent la robe. Sous un aspect volage, bordé de tulle, aux senteurs orientales, les filles ont peur. Du mari futur. Au son des rires, aux yeux emplis de larmes, c’est une page de leur vie qui va se jouer. Le solo de Marry me est ce dernier instant où la jeune fille sera seule face à son destin. Marialy est revêche. Elle n’a pas le choix. Elle connaît ce mari, choisi par sa famille, son village. Et puis, il est trop tard. Elle ne peut plus dire non. Tant de frais, les rituels, les intérêts des deux familles sont déjà réunis. Et puis, il n’y a plus le choix. Il y a l’enfant…

Valérie Berger établit le secret avec chaque fille, le solo se prépare isolé des autres, dans le cadre des résidences, s’inspirant de la vie des femmes de chaque pays avec lesquelles la chorégraphe développe le projet.

Seul espoir d’échapper définitivement à la misère, la chasse au mari fortuné (c’est-à-dire bien souvent étranger) est pratiquée par nombre de jeunes femmes dans l’ambiance festive des nuits malgaches où se mêlent la musique, la danse et la prostitution “libre”, c’est-à-dire... chacune pour soi.

Valérie Berger est chorégraphe. Elle a choisi la danse contemporaine comme langage mais elle s’intéresse à de nombreuses autres formes artistiques. Chasseuse d’images, de mots et de sons, elle est capable de s’immerger dans un univers, d’en capter, au travers de textes, dessins, films, photos, musiques, toutes les nuances. Ses carnets de création sont une véritable source d’inspiration, les voyages en sont un autre volet. Sa carrière de chorégraphe mais aussi ses envies l’ont conduite vers de nombreuses contrées.

Ses voyages lui donnent l’occasion de rencontrer d’autres chorégraphes. En 2000, elle cosigne D’Eux avec Faustin Linyekula (RD Congo), duo de 25 minutes remarqué lors du FNB Vita Dance Umvbrella en 2000 à Johannesburg et au Saint-Leu Danse Festival (SDF) la même année à la Réunion.

Sa route croise ensuite celle du chorégraphe sud-africain Sello Pesa, né à Soweto. Ils chorégraphient conjointement Everyday, création étonnante qui tournera dans de nombreux pays d’Afrique et de la Zone Océan Indien ; puis le triptyque : Chasing The Cultural Shadow comprenant trois pièces qui seront présentées dans de nombreux pays africains, en Europe et dans l’ensemble de la Zone Océan Indien.

Après s’être interrogée sur les origines au côté de Sello Pesa, elle entame dès 2004 un travail plus personnel. Amenée à aller très régulièrement à Madagascar, elle démarre une longue observation du monde de la nuit malgache qui va la conduire à Nuit Giratoire, création 2006 puis aujourd’hui à Marry Me.

Valérie Berger – textes – chorégraphie, Voahangy Hanitriniana Ralaisaona - danse, Zamba Andrianarimanana – vièle lokua
Samedi 7 & Dimanche 8 juin                                                  CONTES

     16h45 (samedi) et 15h45 (dimanche)

Zone de Texte:  Salim Hatubou

Comores

Marseillais d’origine comorienne il ne cesse d’œuvrer pour le bien-être et la reconnaissance de sa communauté.

Ecrivain, c’est naturellement par les contes qu’il a débuté. Son premier recueil Les contes de ma grand-mère, paru aux éditions l’Harmattan voilà déjà 10 ans, n’a fait que renforcé son goût pour l’écriture et son implication dans la défense de sa culture.

Fortement lié à l’écriture, Salim Hatubou a fondé sa propre maison d’édition, Encres du Sud pour servir de tremplin aux jeunes auteurs auxquels les portes des éditeurs restent trop souvent closes. Conteur, il parcourt la France, de métropole via la Réunion, ou encore Mayotte, avec le souci de sauvegarder le patrimoine des Comores. Il passe une partie de son temps directement au pays, plus précisément à Milépvani le village de sa grand-mère, pour le collectage des contes traditionnels qui ont tendance à disparaître. Telle est son originalité.


Samedi 7 juin                                                        

RENCONTRE LITTERAIRE

15h

Trace écrite et rite ineffaçable : la littérature comme rituel de passage

L’œuvre littéraire naît de la relation intime qu’entretient son auteur avec le monde qui l’entoure. Restitution fidèle du réel ou affabulation merveilleuse, c’est toujours l’empreinte de son interprétation sous forme de trace écrite.

Quel rapport entretenir alors avec le rituel compris comme l’ensemble codifié de gestes et de comportements fixés par la tradition de la communauté ? Si le rituel fixe les étapes importantes de la communauté et en marque l’unité, quelle posture l’auteur peut-il adopter lorsqu’il décide de l’évoquer ? N’est-il pas en marge de la communauté et paradoxalement le seul à vraiment pouvoir en relever l’originalité ?

A travers la rencontre d’un écrivain de l’Océan indien, nous verrons comment l’œuvre se saisit du rituel, constituant la mémoire ineffaçable de la communauté entre connaissance et reconnaissance. Et aussi dans la mesure où le rituel permet de mettre en perspective un champ de représentation spécifique aux littératures de l’Océan indien, nous observerons sa proximité avec les traditions poétiques orales. De plus, l’écriture elle-même peut être perçue comme un rituel sans marque communautaire. A partir de celui-ci, la question de l’inscription de l’identité et de la transmission pourra se poser, nous permettant alors de voir la littérature comme un rituel de passage autre que celui de la société.


Samedi 7 juin                                                               CONCERT

    17h45

Remanindry

Chant Beko - Madagascar

Dirigé par Manindry, remarquable chanteur et joueur de vièle lokanga, ce groupe présente un panorama des genres musicaux antandroy. Formés par de vrais professionnels sairy, les Remanindry animent différentes fêtes et cérémonies traditionnelles : séances de possession tromba, kokolampo, doany ; cérémonies d'exorcisme bilo ; fêtes de funérailles havoria ...

La renommée du groupe Remanindry est maintenant internationale. Les musiciens sont les seuls à êtres reconnus en même temps comme professionnels sairy dans les milieux

traditionnels et dans les milieux urbains.

Les voix des Remanindry offrent une série de découvertes musicales absolument passionnantes tant au niveau des techniques et des formes vocales, qu'au niveau de la virtuosité des instrumentistes. C'est le cas du beko, chéri des Antandroy et considéré comme le sommet de leur art vocal. Il s'agit de longues ballades a capella d'une beauté saisissante, chantées en polyphonie, généralement à deux ou trois voix, laissant une grande place à l'improvisation. Les Antandroy développent beaucoup d'expressions vocales associant la complicité des instruments de musique et la voix humaine. Souvent le corps même du chanteur est utilisé de diverses manières comme un instrument de musique. D'une manière générale, les voix antandroy présentent deux grandes caractéristiques : la force de la « transe » et un fort sentiment de blues.

Remanindry - vièle lokua


Samedi 7 juin                                                                 CONCERT

                                                                                                             18h30

Sam Tshabalala

Acoustic Zulu Quartet - Afrique du Sud

Héros de la résistance culturelle au moment du régime de ségrégation de l'apartheid, Sam est le fondateur du célèbre groupe "The Malopoets" (1978), premier groupe sud-africain à donner un spectacle au Market Theater de Johannesburg.

En 1984, Sam Tshabalala choisit les voies de l'exil vers la France, où son nouveau groupe "Sabeka", fondé en 1993, a pu s'enrichir de l'apport des musiciens de la diaspora africaine francophone. Véritable "performer", il assure sur scène un spectacle détonnant qui mêle des éléments des traditions musicales et chorégraphiques des cultures noires d'Afrique du Sud et une modernité joyeuse.

Mais de l'esprit de résistance qui présidait à l'exceptionnelle carrière des Malopoets dans une Afrique du Sud en lutte, Sam a conservé le goût de textes qui font sens : les difficiles retrouvailles de l'après-apartheid, la question de l'exil ou encore le sida sont autant de thèmes que le zoulou ne pouvait ignorer.

A partir de 2005, Sam travaille sur un projet plus acoustique avec voix, guitares, percussions et piano : l’album « Meadowlands » est né (mai 2007), inspiré de la mosaïque des cultures sud-africaines. Il écrit ses textes en Zoulou, Sotho, Tswana, Shangaan et en Anglais. Les différents rythmes, langues et traditions sud-africaines émergent de sa musique.

Il parle de l’Afrique du Sud d’aujourd’hui et de la vie dans les townships.

Sylvia Laubé - chant, Jacques Djeyim – guitare - chant, Patrick Bebey – percussions- piano -chant, Sam Tshabalala – chant - guitare


Samedi 7 juin                                                                            CONCERT

     20h15

Lo griyo

Electro Maloya - Île de la Réunion

Lo griyo se définit comme une musique de transe. En cela la formation entend réunir des influences traditionnelles telles que maloya (dont Sami Pageaux-Waro, membre fondateur du groupe, est issu), gnawa, salegy et des courants plus modernes dont le jazz (Luc Joly, l’autre musicien du groupe, en est diplômé) ou encore la musique électro.

Lo griyo, le griot en créole vient de la tradition ouest-africaine dont les réunionnais peuvent, en quelque sorte, revendiquer l’héritage avec des personnages comme Gramoun Baba, Lo Rwa kaf, Gramoun Lélé, Firmin Viry et même Danyel Waro ou Alain Peters. Des aïeux, des référents dont la nouvelle génération perpétue la parole, s’approprie le message pour nourrir et construire sa nouvelle identité, son nouvel imaginaire.

Lo griyo est à la recherche d’une musique intemporelle, expérimentale, vecteur de transe, un rituel profane pour se souvenir et s’oublier, se rappeler et ne plus retenir…

Sami, percussionniste aventureux évoluant également aux côtés de Nathalie Natiembé (album « Sanker ») ou de Danyel Waro (album «Grinn’syèl ») accompagne ici sa voix d’une kora ou de sanzas (harpe et piano à pouces du griot) et partage son répertoire entre adaptations libres de chants traditionnels et compositions originales incluant des « fonnkers » (poèmes). Solidement épaulé par Luc à la clarinette contralto, aux flûtes, mélodica, saxophones et double saxophone, il ajoute des pédales qui lui permettent de sampler en temps réel kora, sanzas, voix et autres percussions. Ainsi, en duo sur scène, le procédé crée parfois l’illusion d’entendre un quartet ou un quintet.

Il est considéré comme l’un des nouveaux talents les plus prometteurs de la diversité de la musique réunionnaise et a remporté le prix Alain Peters 2007 du festival Sakifo.

Sami Pageaux Waro – percussions - chant,  Luc Joly - cuivres, Brice Mauroy - machines


Samedi 7 juin

                                                                                           CONCERT

                                                     22h

Damily

Musique Tsapiky - Madagascar

Le Tsapiky (prononcé « tsapik’ »), musique de référence identitaire de la région de Tuléar, sud ouest de Madagascar, est porté par un double mode de diffusion et popularité : d’une part les concerts, les bals, la radio, les cassettes, les clips vidéo ; d’autre part, les fêtes organisées à l’occasion d’une cérémonie (enterrement, circoncision…), lors desquelles les musiciens ont un rôle tout à fait central : ils soutiennent l’ambiance, parfois pendant plusieurs jours et nuits de suite. Les participants se déchaînent au son ininterrompu du tsapiky qui participe très directement à l’ivresse collective.

Au cours des 15 années de concerts et bals dans la région de Tuléar, Damily et ses musiciens ont développé une forte complicité musicale. Six albums ont concrétisé la popularité de celui qui à Madagascar est considéré comme un grand « maître ». La vogue du Tsapiky a gagné peu à peu toute l’île au point d’être repris par les musiciens de variété de la capitale. Leur premier album nous fait découvrir, en même temps que les « tubes » qui ont fait la célébrité de Damily dans son pays, des compositions plus intimistes qui ramènent aux racines villageoises du Tsapiky.

Pilier du groupe et guitariste virtuose, Damily nous offre un jeu riche et complexe qui révèle un talent hors du commun et une rare créativité dans l’art de construire un discours tissé de motifs  hypnotiques qui se répètent, se répondent et s’interpénètrent.

Entraîné par une rythmique basse batterie débridée, véritable machine à danser, le groupe fait preuve d’une forte unité, où chacun exprime son individualité dans des dialogues croisés chantés et mélodieux.

Rakapo – basse, Nalvo - batterie, Gany-Gany - chant, percussions, Kolody - chant, Damily -chant, guitare
Dimanche 8 juin

CONCERT

                                                                                                                                       17h30

LINDIGO

Musique Maloya - Ile de la Réunion

« Pieds nus, un lamba autour de la taille pour seul vêtement et un petit chapeau de l’ethnie bara sur la tête pour les hommes, une robe carmin et une pièce de tissu blanc à la ceinture pour la seule femme du groupe : lorsque la troupe de Lindigo entre sur la scène, on imagine immédiatement qu’elle vient de Madagascar. Le doute commence à s’installer après quelques instants. Si le chant polyphonique est en malgache, les musiciens utilisent les instruments traditionnels du maloya : pikèr, roulèr, bobre et kayamb.

« Cette dualité est à l’image d’Olivier Araste, leader de la formation qui entend faire une musique la plus proche possible de ses racines : né à La Réunion dans une famille originaire de la Grande Île, il en a appris la langue et fréquenté les services malgaches, qu’il décrit comme des "cérémonies rituelles pour les ancêtres" ».Bertrand Lavaine, RFI Musique

Jeune groupe créé en 1999, Lindigo est actuellement un des fleurons de la nouvelle scène réunionnaise. Avec à son actif une expérience imposante, Lindigo se livre à des prestations scéniques époustouflantes.

Le premier album sorti en 2004, "Misoatra Mama" (merci maman) témoignait de cette volonté de mettre en valeur l’histoire, le quotidien, la culture et la langue de l’île.

En 2006, ils travaillent à leur second album "Zanatany", enfants de la terre en malgache, qui donne à voir les contrées de la Grande Île, les traditions qui persistent, par un regard aguerri sur les pratiques originelles pourvoyant au sens même du maloya.

2007 sera l’année de leur consécration à La Réunion avec plus de 70 participations dans divers évènements. Pour la première fois dans l’histoire de l’île, le maloya fait son entrée dans les clubs. Enfin 2008 est consacrée à la préparation de leur prochain album "Afrikindmada", né d’une soif de faire reconnaître les trois grands territoires ancestraux de la Réunion : l’Afrique, l’Inde et Madagascar, avec une pré-tournée (dont Ti Piment à Nancy) puis la tournée prévue après la sortie de leur album début 2009.

Hadji Mansour Ali - piker, Aldo Araste - piker, Harry Araste - lead chant, Jean Guillaume Imare - kayamb, Jean Frédéric Madia - bobr, Lauriane Marceline - lead chant, Valery Servan - rouler, Stéphane Valin – charley

Dimanche 8 juin

CONCERT

                                                                                                     18h45

Mukta

Electro jazz - Inde/France

Mukta - « perle » en sanscrit - surprend les amateurs de parfums musicaux venus d’ailleurs en publiant en 1999 son premier album "Indian Sitar & World Jazz" chez Warner Jazz France. Avec ses compositions chatoyantes et une instrumentation originale, le disque est salué par la critique et connaît le succès en Angleterre, au Canada, en Grèce et en Israël. Précurseur de l' "Asian Vibe", mêlant l'Inde et le jazz, Mukta se joue déjà des étiquettes et revendique une musique ouverte sur le monde tout en s'inscrivant dans la scène post-rock nantaise, l'une des plus actives d'Europe.

Deux ans plus tard, le groupe sort simultanément deux albums. Si « Jade » poursuit une quête acoustique, "Dancing on one's hands ! " flirte avec une esthétique "electro". Suivent trois années de silence discographique au cours desquelles Mukta parcourt le monde, donnant notamment plusieurs séries de concerts au Moyen Orient, en Afrique, au Canada et en Europe de l'Est, jusqu'à la création d'un spectacle intitulé "Les mille et une nuits" en février 2003.

Sortie du nouvel album prévue en mai 2008

www.mukta-online.com