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GAM : Léo Ferré


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LEO FERRE - La Chanson du Mal-Aimé

 

Ce soir, j’ai fait grâce au GAM, qui présentait La Chanson du Mal-Aimé, le poème de Guillaume Apollinaire rendu populaire par Léo Ferré, un saut en arrière de 35 ans. Adolescente rebelle, j’écoutais alors Léo Ferré en boucle et parce que cela agaçait ma mère, je récitais ses textes que je connaissais par cœur en la regardant compter les liasses de billets de banque de son tiroir-caisse…

Puis j’ai fini de grandir, j’ai trouvé un boulot, me suis mariée, fait un enfant. J’avais rangé tous mes disques de Léo l’anar dans un carton. Ce soir, tout est remonté à la surface…

 

 

Léo Ferré (1916-1993) commence la musique dès l'âge de sept ans. A dix ans, il compose sa première mélodie sur un poème de Verlaine. A quatorze ans, il compose le Kyrie d'une Messe... A dix-neuf ans, il "monte" à Paris pour suivre des études de droit. En 1939, il est diplômé de Sciences Politiques. En 1953, il compose un oratorio sur le poème de Guillaume Apollinaire "La Chanson du Mal-Aimé", qui sera créé à l'Opéra de Monte-Carlo l'année suivante. Dès lors, Léo Ferré enchaîne les succès, les tours de chants et les recueils de poésie, puisqu'il est aussi poète.

 

En première partie, Laurent Malot interprète cinq chansons de Léo Ferré.

Laurent Malot ne cherche pas à imiter Léo Ferré. Il n'en a d'ailleurs pas besoin, car sa voix est chaude, puissante et expressive.

En deuxième partie : La Chanson du Mal-Aimé interprétée par Laurent Malot, Célia Pierre (soprano) et Claude Darbellay (baryton) avec au piano, Christophe Ferry. Le choeur et l'orchestre symphonique du Gradus ad Musicam est dirigé, comme d'habitude, par François Legée. Mise en espace par Jean-Luc Michel. Avec la participation des élèves de l'Atelier Théâtre du lycée de Mirecourt qui ont étonné le public en déclamant des textes dans le hall et dans la salle en attendant que le spectacle commence.

 

 

 

Les fleurs de ma vie étaient roses blanches
Je les ai données à tous mes amis
Pour les effeuiller entre quatre planches
J'aurais bien mieux fait d'en fleurir ma vie
J'avais des habits taillés aux nuages
J'avais des cheveux comme des drapeaux
Et flottait au vent ma crinière sage
Lors j'ai tout perdu restait que la peau

Je m'en suis allé sous dix pieds d'argile
Coincé nez à nez par un ciel de bois
Et disant mes vers à mes vers dociles
Qui m'auront rimé autrement que moi

(La Chanson Triste)

 

 

 

Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

(L'affiche rouge - Louis Aragon)

 

 

 Ces mains bonnes à tout même à tenir des armes
Dans ces rues que les hommes ont tracées pour ton bien
Ces rivages perdus vers lesquels tu t'acharnes
Où tu veux aborder
Et pour t'en empêcher
Les mains de l'oppression
Regarde-la gémir sur la gueule des gens
Avec les yeux fardés d'horaires et de rêves
Regarde-la se taire aux gorges du printemps
Avec les mains trahies par la faim qui se lève
Ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour
Et que l'on dit braqués sur les chiffres et la haine
Ces choses défendues vers lesquelles tu te traînes
Et qui seront à toi
Lorsque tu fermeras
Les yeux de l'oppression

(L'oppression)

 

 

Ne chantez pas la Mort, c'est un sujet morbide
Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est dit
Les gens du "show-business" vous prédiront le "bide"
C'est un sujet tabou... Pour poète maudit
La Mort !
La Mort !
Je la chante et, dès lors, miracle des voyelles
Il semble que la Mort est la soeur de l'amour
La Mort qui nous attend, l'amour que l'on appelle
Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours
La Mort
La Mort...

(Ne chantez pas la Mort (Texte de Jean-Roger Caussimon)

 

 

 Un soir de demi-brume à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte

Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait mains dans les poches
Nous semblions entre les maisons
Onde ouverte de la Mer Rouge
Lui les Hébreux moi Pharaon

(La Chanson du Mal-Aimé - Guillaume Apollinaire)

  (22 novembre 2008)
  Ce reportage a été réalisé par Monique Colin (photos) et Isabelle Chalumeau (texte).

 Pour voir plus de photos de ce spectacle : http://zazecritoire.unblog.fr/photos/ 

 Pour en savoir plus sur le GAM : www.gradus-ad-musicam.com   

 
              Monique Colin et Isabelle Chalumeau (et Véga !)

 

Isabelle Chalumeau (écrivain public)

ZAZ-ECRITOIRE

BP 30125

54715 LUDRES

Tel : 06.70.35.05.76

courriel : isabelle.chalumeau@orange.fr et ichalumeau@free.fr

Sites : www.toutnancy.com/toutecrire et http://ichalumeau.free.fr

Blog : www.zazecritoire.unblog.fr