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Gé. Pellini : un artiste touche à tout


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Gé. Pellini : un artiste touche à tout

 

A peine rentré d'un grand projet de sculpture sur pierre, Gé. Pellini se remet inlassablement à la tâche sur différents supports. En effet, il travaille aussi bien le bronze que le marbre, jusque là rien d'étonnant, mais il s'est mis plus récemment à la fourrure... une matière propice à atteindre son but principal: "créer une interactivité entre l'oeuvre et le public".

Gé. Pellini s'est expatrié pendant deux mois en Charente-Maritime, plus exactement, dans la commune de Port D'envaux. Là, une association, Les Lapidiales, a racheté des carrières pour les transformer sur plusieurs années en un site entièrement consacré à la sculpture . Ce projet de taille, parrainé par le très reconnu Ousman Sow, donne l'occasion à des artistes de créer une oeuvre de plusieurs mètres carrés. Gé. Péllini et son comparse Stéphane ont donc eu l'honneur de commencer le projet. Sur le thème imposé de "monument aux morts pour rien", ils ont eu une totale liberté d'expression. Mais ces semaines de six ou sept heures de travail par jour n'ont pas été sans peine, "c'est un truc de fou, j'ai eu des crampes..." témoigne Gé. Pellini. En plus le découragement s'est parfois fait sentir très lourdement, lui avait choisi de représenter un homme emprisonné dans la pierre, mais "sa position a changé, car à un moment son épaule est tombée".
Selon lui, une telle façon de travailler a eu toutefois de beaux avantages, "les gens ont pu suivre l'évolution de la sculpture, ils ont vu deux artistes travailler en direct." Certaines personnes de la région étaient partis en vacances durant l'été, et quand elles sont revenues sur le site, elles ont pu se rendre compte de l'avancée de l'oeuvre. Une participation à un tel projet ne pouvait donc que satisfaire notre artiste dans sa recherche première : amener les gens à toucher la création. "A un moment, l'oeil ne suffisait plus, il fallait vraiment toucher la sculpture. La main faisait le complément de l'oeil." Une expérience qui a emballé notre artiste prêt à recommencer quelque chose de la sorte dans la région.
Pourtant, à l'heure actuelle, Gé. Pellini a un autre objectif en tête : préparer une expo personnelle pour octobre. L'occasion de proposer aux yeux de tous son travail sur bronze et sur marbre notamment. Avec ces matières, il représente le plus souvent des animaux à cornes comme des rhinocéros, des taureaux... mais aussi des silhouettes humaines aux formes très arrondies. A son grand désespoir, Gé. Pellini constate que "les gens n'osent pas toucher les oeuvres à cause de leur éducation". Une idée contre laquelle il se bat farouchement.

Si son travail sur les matières classiques ne semble pas remplir totalement cet objectif, Gé pellini se lance depuis six mois sur une nouvelle matière : la fourrure ou "moumoute" comme il aime à le dire. Là, difficile pour le public de ne pas toucher quelque chose d'aussi doux. D'autant plus que Gé. Pellini pousse le vice jusqu'à "créer des objets et des formes que par tabou, les gens ne touchent pas" simplement recouverts de fourrure. Finalement ils se retrouvent "coincés entre "je ne peux pas toucher" et "j'ai envie"".
L'artiste utilise sa moumoute pour réaliser de multiples créations, cela passe des mini cactus à des tableaux et des formes de toutes sortes laissant place à l'imagination de chacun. Piégés par la douceur de la fourrure, les gens en viennent généralement aux mains... pour apprécier l'oeuvre qu'ils carressent de temps en temps de manière très suggestive. "Parfois ils m'en parlent et en viennent à dire "effectivement j'avais ça derrière la tête"". En tout cas, ces créations laissent peu de personnes totalement indifférentes. En effet, comment résister à ces formes où l'on peut non seulement toucher, mais aussi plonger ses mains, voire sa tête quand elles y invitent.
Gé. Pellini apprécie le travail avec de la moumoute parce qu'elle recèle de nombreux avantages. Déjà "c'est interminable, on peut en mettre partout". Mais surtout, "j'aime bien la partie spontanée, je vais à l'essentiel" ça le change effectivement des sculptures sur des matières plus rigides. "Quand on travaille sur de la pierre, on a l'idée et après il faut un mois de travail pour la concrétiser." Enfin, c'est l'occasion pour lui de sortir des lieux classiques d'exposition, avec la moumoute, il a pu décorer un salon de coiffure et s'apprête à faire pareil dans d'autres commerces. Cette moumoute satisfait visiblement autant le public que l'artiste et c'est tant mieux...
Exposition les 18, 19 et 20 octobre 2002.
A la Douëra à Malzéville

Erica WALTER