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LUKE... ET LE ROCK FRANCAIS RETROUVE DES COULEURS

 

Hier soir, le public de l'Austrasique a été charmé. Les nancéiens d'Orwell ont assuré avec brio la première partie de la soirée avec leur pop-rock pleine de fraicheur. Ils ont ensuite laissé la place aux riffs bien rock de Luke, jeune groupe français qui a donné une leçon d'énergie sur scène... Mais plus tôt dans la journée, Luke a prouvé qu'ils avaient aussi pas mal de chose à dire autre part que sur scène... rencontre.



Orwell et Luke : une alliance réussie

Orwell
a investi la scène vers 21h et a dévoilé en 45 minutes une pop très joyeuse, pleine de bonne humeur... Alternant chants français et anglais, les 130 personnes présentes ont apprécié le spectacle. Et si une partie du public s'est assise, ce n'est que pour mieux profiter de la douceur proposée par les quatre musiciens... En plus, pour ne rien gâcher, Jérôme, le chanteur, a séduit par son humour... après un rappel d'une chanson, Orwell s'est retiré...
Orwell
Jérôme et Thierry (Orwell)

Place donc à Luke... Thomas, le chanteur, malgré son allure fragile, s'est donné sur scène tout autant que l'ensemble du groupe... Pas le temps de respirer donc pendant ce concert, ils enchainent les chansons de leur album sur un rythme effréné : Se taire, La cour des grands, Comme un gant, A nos amis... et petite curiosité, une reprise de Jean-Louis Murat. Luke a offert une bonne heure de live à un public conquis par tant d'énergie, notamment dans les parties seulement instrumentales où Thomas et Stéphane bougent un maximum... Et ce n'est pas la chaleur dont s'est plusieurs fois plaint Thomas, "bon ben moi je suis trop crevé, je me casse", qui les a empêchés d'assurer. Le public en a évidemment redemandé et Luke s'est exécuté reprenant la fameuse chanson des Béruriers Noirs "La jeunesse emmerde le front national"... un concert bien mené par des musiciens qui prennent leur pied sur scène...
Thomas (Luke)
 
Thomas et Stéphane, tout en énergie (Luke)
Luke




Une rencontre dans le bus

Quelques heures avant leur démonstation sur scène, Luke a pris le temps de répondre à quelques questions. Rencontre... Thomas, chanteur inspiré de Luke, choisit de faire l'interview dans le bus du groupe... pourquoi pas... bientôt rejoint par Cyril, claviériste du groupe, les deux -surtout Thomas d'ailleurs - répondent aux questions avec honnêteté et sincérité...

Les membres de Luke, issus de différents groupes, se sont finalement bien trouvés, "c'est une heureuse fusion entre cinq personnes qui n'ont pas grand chose à voir". A la base, ce sont surtout Thomas, Christophe -guitariste- et Cyril qui ont travaillé les chansons quand ils ont signé sur le label Le Village Vert. Ils ont préféré attendre avant d'enregistrer leur album, "il fallait trouver les bonnes personnes", explique Thomas. Ces bonnes personnes, Stéphane et Ludovic, les ont rejoints et Luke est vraiment né.
En fait, comme résume Thomas, "les chansons ont existé plus tôt que le groupe." Leur album, "La vie presque", est sorti il ya un an déjà et le groupe défend depuis ses chansons sur scène. Thomas, un peu amer, constate, "les gens ne se déplacent plus pour le rock, ce n'est plus l'époque du rock alternatif avec des groupes comme Noir Désir... la consommation de musique est différente." Si ce premier album a été unanimement salué par la presse, cela ne leur fait ni chaud ni froid, "les gens n'écoutent pas les albums, ils donnent un avis pour ou contre, il faut que ce soit polémique, alors que l'art c'est la nuance". En plus, il rappelle que les journalistes ont des contraintes, " les idées sont résumées, parce que le temps manque
". Voilà ce qui explique pourquoi pour lui, la comparaison avec Miossec revient souvent, alors que "ce n'est pas son vocabulaire, il n'écrit pas de la même manière que moi, Miossec, c'est vraiment la bête qui s'exprime en nous."
Enfin Thomas préfère de loin être comparé à Miossec qu'à Adamo ou autres... la comparaison serait d'ailleurs plus qu'abusée. Si la voix et le phrasé de Thomas peuvent rappeler à certains moments celles de Miossec ou de Bertand Cantat, le résultat n'est incontestablement pas le même. Cela vient en grande partie des paroles habilement écrites, "j'aime pas les textes concrets, trop de concret donne trop de direction", explique Thomas, la musique doit, elle aussi, apporter quelque chose. Et puis "comment écrire concrètement une sensation, on est là pour faire ressentir des choses." Preuve en est cet extrait d'une des chansons : "Se cacher derrière les rires/En se croyant toujours au centre/Mettre de l'eau dans sa vie/Quand les amis le recommandent" (Comme un gant).
Jamais dans les textes, Thomas ne se place en tant que juge "je suis un chanteur... le drame dans le rock français, c'est qu'on parle plus de politique que de musique, les slogans ça fait toujours recette". Malgré tout, Cyril et Thomas sont d'accord pour reconnaître qu'un tas de "jeunes" groupes de rock français ne manquent pas de talent, que ce soit Eiffel, Daisybox, Mickey 3D ou bien encore Dionysos... "Plus il y aura de groupes et mieux ce sera", affirme Thomas, il regrette par contre que l'entraide entre ces groupes n'existe pas. Parce que pour eux, si la concurrence est dure, elle n'est qu'artistique... et cela ne peut que faire avancer les choses.
Le nouvel album de Luke n'est pas prévu pour tout de suite. "Quand t'es en tournée, c'est pas si facile que ça de composer" selon Thomas. Cyril confirme, "t'es pas dans l'état d'esprit, t'as envie de te marrer..." C'est pratiquement promis, ils se mettront à la tâche en janvier... un peu de patience donc pour écouter le petit frère de "La vie presque".
Cyril (Luke)
 
09/10/2002
Erica WALTER