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NADA SURF : ILS REVIENNENT ENFIN


Les fans étaient là et ils avaient prévu le coup : ne pas acheter leur place à la dernière minute. Eh oui Nada Surf attire les foules et le Terminal Export affichait déjà complet depuis quelques jours... dommage pour les autres. Chokebore a assuré sans complexe la première partie avec leur émo-core parfait, habile équilibre entre énergie et mélodie. Puis ils sont arrivés... Nada Surf a prouvé sans problème sa valeur, si certains en doutaient encore, distillant une power pop efficace. Quelques heures plus tôt, Mattew répondait, avec plaisir et sans aucune gêne, à des questions sur le groupe.

 

Des déçus il y en a eu mercredi soir... mais ils étaient à l'extérieur de la salle. Le public présent n'a perdu aucune note, a tout pris et visiblement tout apprécié, pour preuve les nombreux applaudissements et cris. Chokebore a donné le ton dès le premier morceau avec une puissance musicale irrésistible... La voix torturée du chanteur posée sur des rythmes et des riffs acérés a fait passer une belle émotion. Après un début très énergique, les quatre garçons se sont lancés dans des chansons parfois un peu plus posées extraites de leur dernier album. Le public a suivi et en a même redemandé... belle surprise donc pour ce groupe venu d'Hawaï et qui tourne depuis de nombreuses années... pour info, ils ont joué la première partie de certains concerts de feu Nirvana en 1993, c'est pas n'importe qui Chokebore...

 
Chokebore
Ca marque un tube comme "Popular", même si ce succès de Nada Surf date déjà de 1996, les nancéiens l'avaient bien en tête... et on pouvait logiquement se demander si certains n'étaient pas venus que pour l'entendre... En tout cas, les trois membres de Nada Surf ont été magistraux. Ils ont commencé par une chanson où Daniel et Ira faisaient les choeurs l'un à côté de l'autre, ça commençait bien. Et puis, ils ont joué, tout simplement, des morceaux du nouvel album," Let Go", et du précédent, en grande partie.
Quel régal d'entendre à chaque fin de chanson Daniel ou Matthew s'exprimant en français... forcément cela crée une communion encore plus grande entre le groupe et son public : des images à retenir comme celle de Daniel offrant des verres de vin à quelques personnes, des phrases de Matthew, "c'est très joli le tramway, ici". Mais n'oublions pas leur musique, Nada Surf sait parfaitement occuper l'espace sonore avec ses compositions mélodiques et bien pêchues... Après une heure de concert, ils sont sortis de scène pour y remonter rapidement sous les cris des spectateurs réclamant "Popular". Il faudra attendre le second rappel pour l'entendre et le concert se finira sur la très belle ballade "Blonde on blonde", possible succès... Espérons qu'avec des concerts comme celui-là, Nada Surf se débarasse enfin de son image de "one hit band", ce serait bien mérité.

 
Matthew (Nada Surf)
Matthew et Daniel (Nada Surf)
Ira (Nada Surf)


Le point sur Nada Surf avec Matthew

C'est un plaisir de parler avec Matthew... Dans un bon français avec une légère pointe d'accent, qui n'est pas sans charme d'ailleurs, il prend le temps de répondre avec intérêt à chaque question. Il ne cache pas son plaisir de revenir en concert en France, "ça a pris un peu trop de temps, mais mieux vaut tard que plus tard". Nada Surf est bel et bien de retour.

 
Un mois après la sortie de leur dernier album, tout semble enfin bien se passer pour eux. Les Français et les Anglais saluent la qualité de "Let Go". "On est très surpris, soulagés même, on savait pas quoi attendre, on était vraiment dans le vide", explique Matthew. Il faut dire qu'après leur deuxième CD, Nada Surf a connu pas mal de galères, notamment avec sa maison de disque de l'époque qui a arrêté brutalement la distribution de "The proximity effect". Alors, les Nada Surf sont retournés à une vie quasi normale "j'ai travaillé comme disquaire, il fallait bien gagner de l'argent", raconte Matthew. L'argent des ventes du premier album et de leur tube n'a pas duré éternellement "j'ai gagné le loyer pendant trois ans avec Popular", indique-t-il. Plus grand monde ne croyait alors en l'avenir de Nada Surf, "les gens dans le business américain nous disaient : il faudrait que vous arrêtiez". Même leur ancien manager leur a fait remarquer que leur problème, c'était leur nom parce qu'ils avaient connu du succès avec une seule chanson. Et puis finalement, tout est rentré dans l'ordre, Nada Surf a signé en France chez Labels pour leur nouvel album.
Le groupe ne semble pas avoir mal vécu cette période, au contraire, "c'est intéressant qu'on ait arrêté, on a eu l'opportunité de faire une nouvelle fois un premier disque", souligne Matthew. Accessoirement d'ailleurs, ils sont très contents de ce disque un peu plus calme que les deux autres. Une évolution qui s'est faite très naturellement de "High/low" à "Let go", "c'est une ligne droite, on est arrivé à un endroit calme, mais on n'a pas envie de continuer sur cette ligne droite", dit-t-il. Fort logiquement, revoilà donc Nada Surf sur les routes, des moments qu'adore Matthew, que ce soit dans le bus avec Ira et Daniel ou tout simplement sur scène, "c'est le truc dans lequel je suis concentré... sinon j'ai la tête dans les nuages", explique-t-il. Seul point négatif, "ça me manque d'être chez moi, à Brooklin, un quartier bien", ajoute-t-il. Matthew habite effectivement à New York et revient sur ce qu'il vécu lors du fameux 11 septembre, "j'étais en Espagne à ce moment là, mais je suis né à Manhattan, je n'arrivais pas à avoir de contact avec ma famille, c'était horrible", raconte-t-il encore très touché. Matthew en profite pour continuer à parler de son pays "je suis très inquiet par le gouvernement américain concernant les menaces extérieures." Contrairement à la plupart des Américains, il prend du recul pour analyser la situation concernant l'après 11 septembre, "il y a eu une puissance médiatique des analyses, comme si c'était la guerre mondiale, une énergie médiatique sans analyse objective. On bloque les yeux des gens, quand on nous parle de missiles en Irak, on est pas sûr qu'ils visent les Etats Unis." Matthew conclut "on (les Américains) n' est pas mieux ou pas pire que les autres."

 

11/10/2002
Erica WALTER

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