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KAOLIN/SUPERBUS : MEME SUCCES


Le public du Terminal export a réservé un accueil digne des plus grands pour les deux groupes de vendredi soir. Kaolin a lancé les hostilités avec une pop lancinante très ambiance. Superbus a ensuite pris le relais avec des rythmes, teintés de ska, plus entrainants. Rencontre avec les deux formations, qui n'en sont qu'à leur premier album, mais qui sont déjà signées chez une major...

Et bien le public des NJP n'en finit pas de donner de la voix pendant le festival. Preuve encore vendredi soir au Term. Kaolin, groupe à la moyenne d'âge de 23 ans, a prouvé son talent sur scène. En les écoutant, on pense à Stéréphonics, Radiohead, Muse... mais Kaolin est bien un groupe français et n'a pas à rougir de ses origines. Avec des chansons très rock portées par une voix placée dans les aigües, toujours à la limite, Kaolin a su faire passer une atmosphère bien particulière. Les quatres musiciens se laissaient souvent aller dans de longues parties instrumentales tout en nuance entre douceur et rage. Le public était donc plutôt convié à la contemplation plutôt qu'à slamer, et ça l'a fait : chaque chanson était saluée par une ovation. Et puis pour ne rien gâcher, Kaolin a offert une jolie reprise de Björk, "All is full of love"...
 
Kaolin
Guillaume et Julien (Kaolin)
Kaolin

Superbus a fait son apparition dans une ambiance survoltée. Dès les premières notes, le public s'est défoulé en jumpant, slamant et en reprenant les paroles des chansons. Il a d'ailleurs peut-être un peu surpris Jennifer, la chanteuse, qui ne s'attendait peut-être pas à autant de répondant de la part du public. En tout cas, c''est sûr, les quatre garçons et leur "meneuse" ont fait des heureux, les fans qui étaient là spécialement pour eux et les autres qui en ont bien profité aussi. Superbus a joué en totalité son album avec le fameux "Tchi Cum Bah" et d'autres futurs tubes en puissance : "Le soleil", "Aéromusical"... Aucune chance de rester statique avec leur musique faite d'un savant dosage entre sons reggae, ska et plus rock de temps en temps... Ajoutées à cela, des mélodies bien trouvées, il ne servait à rien de résister à la vaque Superbus. Seul petit regret, un seul titre, certes nouveau, comme rappel. Un peu léger quand même pour ce public de fou...
Superbus  
Superbus
François et Michel (Superbus)
Guillaume (Superbus)
Michel (Superbus)


Superbus : une fille, quatre gars...

Ceux qui connaissaient déjà les deux groupes pouvaient s'attendre à un tel concert... Si leur musique n'a pas grand chose à voir, Kaolin et Superbus ont un point commun et pas des moindres, ils ne se prennent pas du tout la tête... Les cinq membres de Superbus sont dans les loges pour répondre aux questions, enfin presque. Guillaume, le batteur, est présent de corps mais pas vraiment d'esprit. Il est malade et a bien du mal à rester attentif... enfin les autres sont bel et bien là.

 
Ce groupe est tout nouveau dans le paysage musical français et a sorti son album "Aéromusical" l'année dernière chez Universal Music. A sa tête, Jennifer, bientôt 19 ans, qui est la chanteuse du groupe et accessoirement la fille de Chantal Lauby. "Franchement, ça nous a peut-être aidés pour faire écouter nos maquettes, mais c'est tout...", raconte Jennifer. Patrice et François confirme, "si ça avait été mauvais, on ne se serait pas privé de nous le dire. Ca ouvre des portes, mais après faut entrer." Pas de problème, ils sont bien entrés. Revenons à Jennifer qui est un petit peu le cerveau du groupe, en fait elle est l'auteur de toutes les chansons et les a composées presque intégralement. "C'est son projet, mais maintenant c'est notre groupe, chacun apporte sa sauce" indiquent-ils tous. Pas de problème entre Jennifer et ses gars... la différence d'âge d'une dizaine d'années ne dérange pas, "on ne voit pas trop la différence, on rigole ensemble, elle est sûrement plus mature que son âge et nous un peu moins, ça fait un juste équilibre" expliquent-ils morts de rire. Les quatre musiciens ont déjà joué dans d'autres groupes avant et ont des influences diverses, qu'à cela ne tienne, ils se retrouvent tous le groupe, "il y a des influences diverses et le mélange donne la couleur de Superbus." La plupart des textes sont en français, courageux de la part de Jennifer, "les gens comprennent vraiment ce que tu racontes, en anglais ça sonne plus. Je parle de ma petite expérience, de mecs, de trucs parfois un peu salasses", indique-t-elle amusée.
 
Petite explication concernant la différence d'énergie entre le le son cd et le son live. "C'est souvent le cas pour les groupes de rock, mais c'est vrai qu'on va rectifier, on s'en est rendu compte, on compte bien être plus pêchu sur le deuxième album" disent-ils. De toute façon, pour l'instant, ils pensent plutôt concerts puisqu'ils sont en pleine tournée. "Ca se passe bien, c'est partout complet." Mais pas question de prendre la grosse tête pour Superbus, "on ne réfléchit pas à notre carrière, on se concentre surtout sur la musique."

 

Kaolin, jeune mais bourré de talent


Une heure avant le début de leur concert, pas de panique pour les quatre de Kaolin qui prennent encore le temps de se faire interviewer... Parcours un peu atypique que celui de ce groupe de Montluçon, qui a débuté il y a quatre ans et demi. "On s'est rencontrés avec les deux autres, on a tout de suite vu qu'il y avait quelque chose", raconte Guillaume. La composition du groupe est relativement classique : Guillaume, bassiste/chanteur, son frère, Julien, guitariste, Ludwig, guitariste et enfin Olivier, batteur, mais au départ aucun d'eux ne savait vraiment jouer de son instrument, les choses ont maintenant bien changé. Ils ont enregistré et autoproduit deux cd et ont depuis signé, pour leur album "Allez", chez Barclay. Un choix qu'ils expliquent sans problème, "on a eu d'autres propositions, mais on a choisi ces gens parce qu'ils étaient vraiment dans la musique, ce sont des passionnés. Et puis, ça nous a donné les moyens de faire ce qu'on voulait." Oui mais un jeune groupe que tout le monde ne connait pas et qui est chez une major, cela effraye parfois, "ça ouvre pas beaucoup de porte pour les concerts, les gens sont super frileux", indique Julien.

Pour arriver à trouver leur son, à faire leur musique, ils ont écouté pleins, pleins d'artistes, "c'est assez étalé, de Neil Young à Radiohead, en passant par Jeff Buckley, une grosse, grosse influence. On écoute de tout, on va puiser un peu à droite, à gauche." Et puis, ils ont semble-t-il tous ça dans le sang... "mes parents ont toujours été des passionnés de musique", raconte Guillaume, alors forcément ça aide... le résultat donne des morceaux avec un côté mélancolique qu'ils ne cultivent pas, évidemment, "ce sont des choses qui viennent naturellement, la chanson fait son petit bonhomme de chemin et on arrive à des choses qu'on pensait pas d'abord. On n'est pas trop tristes dans la vie, c'est là qu'on fait passer notre mélancolie", explique Guillaume. Julien confirme, "c'est peut-être là dedans qu'on s'exprime le mieux." Pour définir concrètement leur style, le groupe insiste sur le côté tout en nuances, "c'est une espèce de voyage avec plein de variations qui font passer du silence au bruit ou inversement..." se lance Julien. Si tout cela donne une musique à fortes sonorités anglaise, tous les textes sont en français, "c'est plus facile de s'exprimer avec exactitude dans sa langue maternelle, si je chantais en anglais, ce ne serait que pour le côté mélodieux de la langue", indique Guillaume.

Les Kaolin ont de l'expérience sur scène, des dates ils en ont fait, et des premières parties prestigieuses n'en parlons pas, enfin si. Citons quand même Stéréphonics, Jean-Louis Murat, JJ72... Leur premier concert s'est fait chez eux évidemment, "à Montluçon dans un petit bar, c'est un très, très bon souvenir" se souvient Ludwig. "Mais à chaque fois, il y a des bons souvenirs à Marseille, à la Cigale... tous les concerts qu'on fait ont leur petite histoire" continue-t-il. La bande des quatre, revus après leur concert, confie que pour l'instant, c'est maintenant à Nancy qu'ils auront les meilleurs souvenirs...