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SOIREE CHANSON ROCK : TROIS ARTISTES, TROIS AMBIANCES

Karin Clercq, Bénabar et Tarmac... rien que ça au programme... la soirée promettait. Tout a démarré en douceur avec Karin Clercq qui a charmé de bien belle façon avec sa chanson pop. Bénabar, qui n'est plus à présenter, a ensuite fait son show sur des airs festifs qui ont plus que séduit le public. Il ne restait plus qu'au groupe Tarmac à conclure cette soirée en beauté, ce qu'ils ont à moitié fait, gérant difficilement les parties bien énergiques et celles plus calmes de leur concert. Revenons sur l'artiste assurément la moins connue de cette liste, mais certainement pas la moins talentueuse... Karin Clercq.

 

Karin Clercq : de la chanson française bien enlevée

Karin Clercq a littéralement envouté le public du Chapiteau... Commençant son concert comme commence son album par la chanson "Femme X", elle a proposé au public des chansons à textes tout en douceur, enfin surtout les premières. Plus le concert a avancé, plus elle s'est laché, bougeant autant que le lui permettait sa tenue de scène, une robe noire plutôt moulante. La voix posée de Karin Clercq, parfois fragile, parfois plus grave venait habilement se greffer sur une musique pop, agrémentée souvent de sons électro. Le public attentif l'a écoutée et regardée attentivement lui réservant un accueil des plus sympas. Lorsque Karin Clercq est remontée sur scène pour un rappel, c'était l'heure de la reprise de Gilbert Bécaud, "Je t'ai dans la peau", puis de finir en beauté avec un titre un peu plus punchy. Merci Karin...




Bénabar : le concert parfait

Bénabar est arrivé en saluant la foule par un "Bonsoir m'sieurs dames" et le contact est tout de suite passé pour, sans doute, l'un des concerts des plus réjouissants au niveau de l'ambiance. Tout au long de la bonne heure passée ensemble, Bénabar et le public étaient en accord parfait. Le premier offrait un spectacle de grande classe avec de la chanson française très entrainante sur fond de trompette et saxophone et le second saluait l'artiste par des acclamations à chaque fin de chanson, voire pendant d'ailleurs. Le style Bénabar, tout en provocation et tout en humour dans ses textes un peu décalés, a fait mouche sans problème. Que ce soit derrière son micro ou derrière son piano, Bénabar a été parfait, chantant juste et se donnant à fond dans tout. C'est un véritable "one man show" qu'a présenté Bénabar et il le fait tellement bien que lorsque les lumières se sont rallumées, on pouvait voir du bonheur sur tous les visages.





Tarmac : un peu décevant quand même

Les deux échappés de Louise Attaque et les trois autres membres du groupe composant Tarmac sont de bons musiciens... mais il manquait un petit quelque chose pour ce concert...: de l'énergie... et surtout le dialogue avec le public. Gaëtan Roussel a été avare en paroles ne gratifiant les spectateurs que de "merci beaucoup" dans la plupart des cas. Après la folie Bénabar, le décalage était flagrant et un peu déconcertant. Tarmac a joué du rock et ses désormais classiques, "Ce sourire est pour moi", "Dis moi c'est quand" ou encore "La ballade des gens qui sont nés quels part", de Brassens bien entendu. Tout cela n'a pas suffi pour déclencher les passions. Tarmac enchainait ses morceaux parfois sans même s'arrêter de jouer entre deux et proposaient de longs moments trop calmes et mal dosés. Et puis si la fin du concert a relevé le niveau de l'ensemble avec, par exemple, "Charleston", une chanson bien énergique... le public semble bien être resté sur sa faim...





Karin Clercq : le hasard et Guillaume

Rien ne prédestinait Karin Clercq a monté sur la scène du Chapiteau du NJP, ou sur tout autre scène d'ailleurs... A la base, elle est comédienne, de théâtre principalement. Mais voilà, le hasard s'en est mêlé et le résultat est là... Karin Clercq a sorti un cd en avril 2002 et elle commence, fort logiquement, à le défendre en live.

 

Karin et Guillaume, les deux complices
Cette carrière parallèle de chanteuse, Karin Clercq la doit à une rencontre avec l'ancien guitariste de Miossec, Guillaume Jouan. "Une amie réalisatrice avait écrit un court métrage dans lequel une femme devait chanter, elle m'a demandé de jouer le rôle... et elle a demandé à Guillaume d'écrire la musique." Une première rencontre fortuite qui en appelle d'autres, "je sentais que quelque chose s'était passé, j'avais envie de travailler avec lui... et puis on s'est revus, plus pour l'expérience...", explique-t-elle. Mais des deux côtés, l'alchimie s'est produite, "on est sur la même longueur d'ondes, les choses viennent naturellement", continue-t-elle. Chacun s'est donc mis au travail dans son domaine, Karin à l'écriture et Guillaume à la musique. "J'ai toujours aimé écrire, en tant que comédienne, ça m'a toujours aidé à faire vivre mes personnages", elle se rattrape tout de suite, "mais j'ai jamais osé prétendre écrire, le fait de rencontrer Guillaume m'a décoincée." Tout cela donne un album de 13 titres sur des vies de femmes, parfois tristes et d'autres moins. "Je raconte une histoire avec des mots simples et des émotions, ce qui est important c'est de faire vivre un personnage", explique Karin. On se rend donc finalement compte que les univers de la comédie et du chant ne sont pas si éloignés que cela. "Dans la comédie, les femmes sont toujours stéréotypées, j'ai eu envie de m'écrire des rôles. Ca fait très fiction, ce sont tous des portraits de femmes, chacun a son histoire." Certains sont écrits à la première personne, mais elle a voulu garder un minimum de recul, "dans La Chanson d'Anna (sur le thème de la traite des blanches), j'essaie de me mettre complètement dedans, mais c'est pas facile, parce qu'en même temps, il ne faut pas que cela devienne complaisant." Un travail plutôt réussi qui peut évoquer parfois plus des poèmes que des chansons.

 

Toutes les émotions dégagées par les textes ont été subtilement mis en valeur par la musique de Guillaume Jouan. Les arrangements sont variés et respectent évidemment le travail d'écriture de Karin. "Je venais avec les textes, on discutait, ça marchait beacoup par impression. A partir des textes, Guillaume lançait des pistes musicales. Parfois il me disait les choses que je pouvais enlever, pareil pour moi. On a beaucoup travaillé en aller-retour. Une fois qu'on était arrivé à un résultat, je trouvais les mélodies à partir du texte et de l'ambiance." Après l'épreuve du studio, c'est à la scène que Karin et Guillaume se frottent désormais, pour lui, ce n'est évident pas la première fois. Car si en tant que comédienne de théâtre, Karin est souvent sur scène, les situations sont quand même bien différentes. "J'appréhendais au départ, le rapport au public n'est pas le même. C'est très grisant, mais il faut que je l'apprivoise", précise-t-elle. La scène, le bon moyen de proposer différemment les chansons de l'album. En concert, c'est plus rock, c'est là que les chansons prennent vraiment toutes leurs dimensions", dit-elle. Peu de dates encore jusqu'à maintenant, mais les concerts ont l'air de bien se passer avec un accueil positif du public. Après une si belle collaboration, les deux complices ne peuvent que remettre ça plus tard pour donner naissance à un deuxième album, mais pas de pression inutile le premier album "Femme X" n'a que six mois. Elle ne veut, à ce sujet, pas dire grand chose, "on a vraiment envie de se laisser surprendre."... on espère que ce sera une nouvelle fois le cas pour nous...



15/10/2002
Erica WALTER

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