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Guem, le percussionniste aux mains d'or


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GUEM
le percussionniste aux mains d'or

Les rythmes universels de congas ou darboukas couvrent le Parc de la Pépinière. Le tempo des percussions comme unique langage rallie les foules ; quoi de mieux que l'essence même de la musique pour clôturer le Festival NJP... Une Nuit du Djembé qui a su tenir ses promesses : Adama Sanogo & Jérôme Hulin & Amara Kante, Guem, Les Tambours de Brazza.
Quelques heures avant le live, petite leçon privée de Djembé à la Pépinière, avec certainement l'un des plus grands percussionnistes : sieur Guem lui-même.


"Il y a trois rythmes de base en percu. Le 1er se fait en deux temps, comme des pas. Puis, tu peux rajouter des frappes (il montre l'exemple). Il y a ensuite des différences selon les pays. Pour avoir un rythme africain, tu fais deux basses, deux croches, puis un claqué..."
On le regarderait faire pendant des heures. Guem (de son vrai nom Guemguem mais il a fait don d'une partie de son patronyme à son public) est un maître du tambour.

En 25 ans de carrière et 15 albums, il a su propager sa musique "sans frontières, ni couleurs", chacun de ses concerts faisant figure d'événement. Excellent musicien et pédagogue (il a fondé avec ses élèves les Zaka Percussions), il transmet son propre héritage de ses ancêtres nigériens qui jouaient le Diwan, musique de transe.
Pourtant, rien ne prédestinait Guem a devenir percussionniste. "J'ai quitté l'Algérie pour la France car je devais intégrer le Red Star, le club de foot de Saint Ouen qui était à cette époque, dans les années 60, le seul club parisien en 1ère division". Et puis la vie en a voulu autrement. Guem, en parfait autodidacte, se jette dans sa passion pour la musique. Il goûte au djembé, à la darbouka, joue avec Colette Magny, Michel Portal, Steve Lacy. "Je ne pensais absolument pas pouvoir en faire mon métier, et pourtant..." Guem, champion d'une autre catégorie, a donc définitivement abandonné le stade pour la scène.
"Lorsque j'étais en tournée avec des groupes de jazz ou de salsa, j'entendais toujours, "le groupe est composé de tant de musiciens, plus le percussionniste". J'étais considéré comme la roue de secours, ce que je trouvais injuste. J'ai donc décidé de redonner sa place au percussionniste et d'en faire un musicien à part entière. Sur mes albums et sur scène, il n'y a que de la percu, aucun autre instrument, ni chant et c'est un choix".
Bien sûr, la question de savoir comment tenir un public avec une seule famille d'instruments s'est posée. Et a trouvé sa réponse.

"Ça fonctionne très bien, comme un aimant. Les gens dansent, accompagnent les musiciens en battant eux-mêmes le rythme avec leurs mains. Il y a différentes façons de vivre la percu. J'ai joué dans des maisons de retraite, les gens du 3è âge la perçoivent avec plus de finesse. Tout le monde sur terre a écouté du rythme et est capable de le ressentir. Ceux qui disent qu'ils n'ont pas le rythme dans la peau ont tort".
Il le dit si bien. Le rythme est universel, il y a celui des pas, celui du coeur car le 1er instrument de percu est le corps.

Aussi, la percu n'est pas originaire d'un seul continent, comme on a coutume de le dire. Chaque pays a sa tradition, son rythme national, à cela s'ajoutent les différents rythmes régionaux, cela en fait des possibilités. La base des trois temps est commune à tous les pays, ensuite l'on retrouve des particularités propres à chaque partie du monde. Le rythme africain diffère du cubain et de l'oriental et ainsi de suite.
Guem joue de tout, il a écumé plus de cinquante pays pour en puiser les richesses rythmiques et s'en imprégner, puis il a travaillé, beaucoup.

"Le djembé est l'instrument le plus vendu dans le monde, mais il n'est pas facile d'accès. Son apprentissage est long, les bases peuvent s'apprendre rapidement, mais beaucoup stagnent. Je donne des cours et je vois beaucoup de mes élèves se décourager. Comme on plante un arbre, il faut des bases solides, mais il faut être patient. On se fait violence, mais ça en vaut la peine. Quand tu as une passion, il faut aller jusqu'au bout, même si tu as l'impression de ne pas avancer. A maintes reprises, mes mains ont été en sang, je ne pouvais plus me servir de mes doigts. Il ne suffit pas de taper comme un forcené sur son instrument, il faut aussi travailler la souplesse et la tonicité de ses mains".
Leçon technique et leçon d'humilité aussi. Guem, musicien parfait, homme généreux et disponible a été à la hauteur de nos attentes sous le Chapiteau de la Pépinière. Il ne se repose pourtant pas sur ses acquis : "la percu est ma passion, mais je cherche toujours..."


PHOTOS CONCERT DU 19 OCTOBRE 2002


ADAMA SANOGO, JERÔME HULIN, AMARA KANTE


























GUEM

 




















LES TAMBOURS DE BRAZZA
 



DERNIER SOIR DU NJP, PENDANT QUE TOUT LE MONDE FAIT LA FETE... JULIEN (service presse), FIDELE AU POSTE.