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Keren Ann : la douceur à l'état brut


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KEREN ANN : LA DOUCEUR A L'ETAT BRUT

 

Des atmosphères très intimistes sous le chapiteau hier soir... Keren Ann a su, en un peu plus d'une heure, créer une ambiance posée, voluptueuse et charmante. Quelques heures avant son entrée en scène, elle répondait à nos questions, histoire d'en savoir plus sur cette artiste relativement dicrète. Mais avant elle, une nouvelle venue, Malia, avec un mélange soul-jazz avait bien introduit cette soirée. Et la star des années 70, Christophe, a proposé un assortiment de vieux tubes et de chansons électro de son dernier album, une nouvelle jeunesse en quelque sorte...



Vers 22h, le rideau s'est ouvert, et Keren Ann est apparue... Après une entrée en matière de deux chansons radicalement placées sous le signe de la douceur, elle s'est ensuite levée de sa chaise, signe que les choses risquaient de devenir un peu moins calmes. Ce ne fut pas pour la chanson suivante, mais pour celle d'après. Elle a alors interprété, sans doute la chanson la plus connue de son répertoire, "Sur le fil", qu'elle a commencé à la guitare accoustique et qui s'est finie en bon rock bien puissant. Tout est allé ensuite tout seul, Keren Ann a réussi a créer une petite bulle intemporelle et intimiste sous le chapiteau. Elle a chuchoté, voire murmuré plus que chanté des extraits de ses deux albums s'accompagnant parfois de sa guitare ou de sa clarinette. Elle a dosé, avec génie, les moments calmes et les autres, tenant en haleine le public avec des morceaux comme "On est loin", "Au coin du monde", "L'illusionniste". Les thèmes principaux, l'amour, mais plus globalement le passé ont trouvé une réponse auprès des spectateurs.
Mais en plus de ses chansons, c'est aussi le personnage même de Keren Ann qui est attachant par ses hésitations, sa non assurance, sa fragilité. Les paroles adressées au public, comme ses interprétations, étaient aussi peu assurées et prononcées dans un souffle court : "merci beaucoup", "ça va". Keren Ann est touchante, surtout quand à un moment, prête à s'assoir pour un morceau très intime, elle se rend compte que ce n'est pas encore l'heure, elle s'excuse timidement. Elle a même offert à Nancy la primeur de certains titres, en anglais, encore inédits de son prochain album, prévu pour cet hiver. Bref un pur moment de grâce.




 

Keren Ann : la simplicité

On commence à connaître l'histoire... Keren Ann a été découverte par le grand public à la sortie du dernier album d'Henri Salvador pour qui elle a écrit certaines chansons. Mais Keren Ann est avant tout une auteur-compositeur-interprète à part entière.

Né de parents aux origines aussi diverses que variées, pêle-mêle russe, israélienne, néerlandaise, javanaise...Keren Ann ne conçoit pas cet héritage comme un véritable plus. "Je fais partie d'une génération où on peut accéder à n'importe quel paysage, n'importe quelle forme de culture, je pense qu'on est naturellement ouvert à des cultures différentes, les pays auxquels on appartient, on les choisit", explique-elle tout simplement. Son premier album, "La biographie de Luka Philipsen" est sorti en 2000 et le second, "La disparition", en avril dernier. Pas de changements radicaux entre les deux, ils sont dans la même lignée proposant de la folk, style de prédilection de la chanteuse, chuchotée à l'oreille de l'auditeur. "Je mets la voix au service de la chanson, je pense qu'on ne peut pas se mentir, ce sera toujours personnel et intimiste, du moment que cela me ressemble" confie-t-elle. Sur "La disparition", on retrouve donc inlassablement, comme sur le précédent, l'évocation du passé, "j'y suis très attachée, je l'adore pour ce qui l'a apporté, je peux piocher dans le 20ème siècle. Je cherche à le rendre plus poétique, plus romantique." Le résultat est là, des textes qui peuvent souvent faire penser à des poèmes mis en musique, mais ce n'est pas vraiment son impression, "j'adore la poésie, qu'elle soit classique ou contemporaine. Mais je pense plutôt les textes comme de scénarios de vies, c'est écrit avec des mots simples." En tout cas, elle aime écrire en permanence, "c'est continuel, les moments où je n'y arrive pas, je suis très triste, il y a des obstacles, des choses à côté, les concerts, les déplacements. Je le fais par moment, c'est toujours très dosé. Même si je ne fais plus d'album, je ne m'arrêterai pas", indique-t-elle. Quelques surprises intégrent agréablement cet album comme le recours à une chorale sur un des titres, Keren Ann aime ces idées de mélange, mais elle reconnait, "j'aimerais avoir le culot de faire un album entièrement accoustique, mais je suis bien entourée, donc autant en profiter..."


En effet, depuis le début de sa carrière, Keren Ann fonctionne musicalement avec Benjamin Biolay, rencontré en 1996. Ils ont travaillé conjointement aux deux albums de Keren Ann, Benjamin représente donc un complice de travail pratiquement indispensable aux yeux de Keren Ann. "C'est forcément une rencontre qui m'apporte, mais ce n'est pas une rencontre avec son double,
c'est une entente incroyable
", raconte-t-elle. Ils se sont mutuellement donnés confiance et ont fait ressortir le meilleur de l'autre musicalement. En tout cas, elle ne veut, et finalement n'en a pas besoin, envisager ce qu'elle serait, artistiquement sans Benjamin Biolay, "j'ose même pas imaginer, on a un parcours, parfois, on le chérit, parfois on le hait... on essaie de grandir avec les rencontres." Elle ne conçoit pas pour l'instant de pouvoir travailler sa musique, son ambiance avec quelqu'un d'autre que lui, "c'est seule ou avec lui", affirme Keren Ann. Elle n'a visiblement rencontré personne avec qui elle pourrait s'entendre de la sorte dans son art. Si Benjamin Biolay compose ou écrit pour d'autres, comme Isabelle Boulay par exemple, Keren Ann ne se sent pas de faire pareil de son côté, "m'adapter à l'univers des autres, je sais pas trop bien le faire. Quand c'est une belle rencontre, pourquoi pas, pour des courts-métrages, mais créer quelque chose de nouveau en cours de route, je ne peux pas le faire tout de suite."
Quant à savoir si elle et Benjamin Biolay ont insufflé un nouvel élan à la chanson française, Keren Ann est catégorique, "il y en avait dans les années 80 avec Etienne Daho, Alain Chamfort... et avant que j'en fasse comm M ou Mathieu Boogaerts. Il existe différentes subjectivités à la chanson française, c'est le rêve français, faire de la chanson française, je ne sais pas si on lui a redonné du goût, après on en parle ou on n'en parle pas, c'est une question de mode, il y des moments où ça fatigue, mais ça n'empêche pas de continuer." D'ailleurs, le successeur de "La disparition" sera dans les bacs d'ici quelques mois, un album tout en anglais, "c'est parti d'un jeu, ce sont des titres que je n'arrivais pas à faire en français, je les ai enregistré et la maison de disques m'a dit qu'elle me donnerait les moyens de le faire...", explique-t-elle. Si ça rend aussi bien qu'en français, on ne va pas s'en plaindre...

 

Malia :



 




Christophe :


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