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dolly : la scène, leur domaine...


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DOLLY : LA SCENE, LEUR DOMAINE...
Après son dernier passage à Nancy, il y a de cela plus de deux ans, Dolly était de retour sur la scène du Terminal Export... Avec trois albums déjà à leur actif, les Nantais ont comme à leur habitude fait preuve d'une grande maitrise en live et d'une débauche d'énergie sans compter... Cette soirée était aussi l'occasion de revenir avec Manu, la chanteuse, sur l'aventure du groupe... Avant eux, Daytona, peu connu du grand public, mais loin d'être des novices, ont fait découvrir leur pop-rock, aux charmants accents de sons des Pixies ou autres "vieux groupes" anglo-saxons.
Guère besoin de présenter Dolly, personne n'a pu vraiment, en 1997, passer à côté, avec la chanson "Je ne veux pas rester sage", extraite de leur premier album. Depuis cette ultra médiatisation, le groupe continue à écumer les salles de concerts et a sorti son troisième album, "Plein air", en avril 2002... Un enregistrement réalisé dans des conditions plus qu'idéales pour les quatre larrons. "On a cherché un endroit pour vivre... et puis aussi en même temps qui pourrait faire local, studio... on a trouvé une vielle ferme dans le marais Poitevin, c'était un rêve, on a rénové, on a investi, on s'est équipé... on a fait le travail de composition...", explique Manu. Finalement le groupe qui ne devait au départ qu'enregistrer les maquettes a fini par y faire l'album complet, "il s'est avéré que pour l'album, le lieu sonnait parfaitement." Surtout en travaillant dans leur chez-eux, ils ont pu prendre leur temps, travailler à leur rythme, "en fait, avant, les albums étaient enregistrés en semi urgence, comme tout le monde, trois semaines et une semaine de mixage... mais est ce qu'on peut être performant chaque jour pendant trois semaines ? C'était pour éviter les frustrations, et pouvoir s'enregistrer quand on voulait." Travail facilité d'autant plus que pour "Plein air", Dolly a retrouvé Clive Martin, déjà present à leur début. "Comme on voulait travailler sur une grande période, il fallait quelqu'un qui se plaise dans le lieu, qui soit suffisamment motivé... il n'y avait que lui, humainement capable de vivre avec nous pendant trois mois..." raconte-t-elle. Résultat : cet album est encore bien différent des deux autres avec un côté electro de plus en plus présent, même si évidemment on retrouve encore et toujours le son Dolly. A savoir si eux ressentent cette évolution, c'est autre chose... "Dolly est très instinctif, chaque album est le prémice du suivant... pour le prochain, il y aura sans doute des morceaux sans chant, on a la possibilité de faire des expériences... ", indique Manu.
Pour ceux qui ne le savaient pas encore, Manu a eu un fils l'année dernière, une arrivée qui boulverse forcément et qui a eu une influence sur les chansons de Plein air. "On relativise beaucoup, c'est beaucoup de bonheur, je n'ai pas les mêmes angoisses, je les vis mieux. c'est sûr qu'il ya les chansons avant et celles après. J'ai tout pris comme ça en vrac, tout ce qui est émotions,stress, bonheur...le reste me parait peu important, mais c'est difficile de mettre des mots sur des émotions", confie Manu. En tout cas, "Tim", ultime chanson de l'album est, elle, bien écrite pour son fils. Pour le reste, elle et Thierry sont à l'origine des paroles de la grande majorité des titres, et puis on tombe sur quelques surprises..." Liquide électrique" de Mathias, chanteur de Dionysos. "C'est une demande de ma part, j'aime beaucoup son univers, je n'ai aucun mal à l'intégrer", précise Manu. "Quand on n'est pas satisfait ni l'un, ni l'autre (Thierry et elle), on demande à une plume de le faire...sinon on laisse en anglais, "U can't hide" sonnait mieux en anglais... ça me faisait super plaisir de chanter un texte d'Isabelle de Drugstore, quelqu'un que je n'ai jamais rencontrée", continue-t-elle.
Mais Dolly ne se résume pas seulement à trois albums, c'est avant tout un groupe de scène très talentueux qui part régulièrement dans des impros "interminables" le plus souvent très réussies. "Globalement, c'est toujours les mêmes morceaux sur lesquels il y a une rallonge, c'est vrai que c'est parce qu'on se sent bien. Et puis, des titres improvisés le soir, le lendemain, on peut les paufinés si on trouve ça bien... il y a des rallonges qui sont devenues des morceaux, c'est la récréation dans un concert... Des fois c'est n'importe quoi, d'autres fois, c'est magique, c'est un peu le risque..." raconte Manu. Un grand plaisir en concert partagé avec le public nombreux à suivre le groupe sur les routes... Succès en live, moins en termes de ventes de disques, ce n'est pas aussi évident... Dolly a beaucoup relativisé le "carton" du début, pour une raison toute simple, "il y a eu une démesure pour le premier album, je pense foncièrement qu'on est pas un groupe pour faire disque d'or à chaque fois", analyse Manu. Ils ne se sont même pas posés de question quand "Un jour de rêves" a moins bien marché, commercialement parlant. Peu importe pour le groupe, surtout que comme le précise Manu"le live a beaucoup mieux fonctionné pour le deuxième album que pour le premier". Depuis peu, Dolly a même fait son apparition dans les play-lists de radios musicales avec "Comment taire". Une chance qui permettra peut-être de redonner un second souffle à "Plein Air", "c'est un bon partenaire pour la tournée, quand on n'a pas accès à ces médias, plein de gens ne savent pas que l'album est sorti".
Et Manu de rappeler que quand même "Dolly, ce n'est que 60 % de musique, le reste, c'est les moments passés à table ensemble, à rire, à discuter..."

 

Daytona, loin d'être nouveau dans le métier...

Daytona... ce nom ne vous évoque sans doute pas grand chose... profitons en donc pour en apprendre plus sur ces Lyonnais. L'histoire remonte à 1997, époque à laquelle le trio Jean-Luc, basse-chant, Paul, guitare-chant et Gilles, batteur, commencent à jouer ensemble dans le groupe Surfer Rosa. Un autre guitariste complétait alors le groupe... et puis celui-ci est parti. Daytona a donc vu le jour en 1999 pour diverses raisons, "c'était toute une période de transition, il y a eu la signature sur le label et le changement de staff à l'intérieur du groupe" expliquent Gilles et Sylvain, arrivé depuis peu dans le groupe comme second guitariste.

Les Daytona jouent, sans complexe, du pop-rock aux atmosphères très tendues et très tourmentées, d'autant plus en concert. "C'est plutôt ce qui vient, c'est naturel quelque part", indique Sylvain... "A chaque fois, on part dans des compos, c'est rarement gai (sourire)... on sera jamais un groupe de hard-core, la puissance, on la
trouve dans des boucles répétitives, on va les travailler, les malaxer... il y a des reliefs qui se font et c'est là qu'on prend du plaisir...
", complète Paul. Sur leur unique album, sorti en 2000, "L'heure de vérité", Daytona nous entraine dans son univers à travers un mélange de textes en français et en anglais... L'écriture en français se révèle finalement plus intéressante pour coller aux ambiances que le groupe développe, "les nouveaux morceaux sont systématiquement en français, ce n'est pas un virage définitif, c'est comme ça en ce moment... l'anglais ne sonne pas assez intimiste, chanter en français demande plus de précision", commence Sylvain. Paul confirme, "ça demande beaucoup de travail, il faut chercher des sonorités, on peut pas dire n'importe quoi au mauvais moment en français, même si tu as le sens." Daytona tourne avec cet album depuis deux ans déjà, et même s'ils testent de nouveaux morceaux en concert, jouer toujours des titres de "L'heure de vérité" ne leur pose pas de problème... "On n'a pas de lassitude à restituer en live les chansons de l'album..." précise Paul.
En tout cas, question tournée, Daytona n'a pas à rougir, ils ont désormais une sacrée expérience. Ils ont assuré en tout une centaine de dates et étaient souvent bien accompagnés... ils ont notamment joué en première partie de Morcheeba, Aston Villa ou... Dolly, bien sûr. D'ailleurs, à ce sujet, Paul explique, "il y a les concerts Dolly et pas Dolly... on connait leur public, il ya des choses qui vont mieux passer que d'autres." Hier soir, ils se produisaient à Vichy avec Luke et les deux sets de Daytona, entre ce soir et la veille, étaient bien différents. "Ce soir, on a gardé les morceaux punchy, alors que
hier, avec Luke, on a gardé les morceaux ballades... l'idée, c'est de faire une cohérence avec le groupe, on essaie de remplir les attentes du public. Après ça reste nos morceaux, donc on prendra toujours du plaisir...
mais on s'adapte
", précisent Paul et Sylvain. De tout façon, ce qu'ils recherchent avant tout en live, c'est d'établir un échange avec le public, grâce à leurs chansons, "l'idéal voudrait que cela soit très intimiste en concert, de chercher à créer une ambiance, plutôt que
de délivrer un message...
", indique Sylvain. Effectivement, les paroles ne se veulent pas porteuses de message politique ou autre, "c'est souvent écrit à la première ou à la deuxième personne, c'est plutôt des états d'âme... la plupart des thèmes sont universels, des choses qui peuvent toucher tout le monde..." complètent Paul et Sylvain. Mais pour les membres de Daytona, il manque juste un petit quelque chose, "nous ce qu'on déplore, c'est de ne pas encore avoir la notoriété pour que le public connaisse les paroles, il faut plus ramer, ca demande plus de travail, enfin on aime
ça
", insiste Paul. C'est en continuant à tourner autant et en sortant, sans doute en 2003, leur second album, que Daytona arrivera, à coup sûr, à ses fins...

 

Erica Walter