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Raspigaous is shining


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"Chaud Time, c'était du son pur. Pour notre deuxième album Chiens des Quais, on s'est dit que ça devenait sérieux. On a alors misé sur des morceaux propres, plus léchés, plus longs. Mais on se fout toujours d'avoir des morceaux formatés radio." Malheureusement, il n'est pas possible de retranscrire la conversation avé l'accent, mais mes enfants, quel bonheur... On en oublierait presque de prendre des notes tant on se laisse porter par l'empreinte marseillaise. Lui, c'est Lionel, chanteur de son état, ménestrel du sud, aborigène du Panier, quartier populaire de Marseille.
Pastaga anisé versus gnôle mirabellisée... c'est lors de leur concert à Nancy (le 22/11, organisé par le NJP) que s'est tenu notre petit conciliabule, histoire de tchatcher du deuxième album, du troisième qui se pointe doucement mais sûrement, de la tournée qui se termine, de la nouvelle formation du groupe.... et de football, un peu mais pas trop, car finalement, ils n'aiment pas ça.








Rappel : en 1997, Marseille voit débarquer de nouveaux spécimens sur sa scène reggae. Phénomène sismique. En 1999, ils sortent Chaud Time, qui fleure bon la Provence avec des titres symptomatiques du bonhomme de Marseille : Le chant des cigales, Marre de travailler, Mois d'Août, Vitrolles, Marseille... Des textes incisifs mais sans tomber dans le dramatique ; les Raspi abordent des sujets de la vie quotidienne mais sans inciter au chaos. "Des idées se dégagent de nos textes, mais on ne peut compter sans le son. On parle de problèmes qui nous touchent par l'intermédiaire de notre musique, forcément joyeuse. C'est une nouvelle manière de monter un syndicat, un courant politique. Mais en fait, c'est celui ou celle qui écoute qui s'accapare les chansons. Dans la chanson Vitrolles, on parle bien sûr de Mégret, mais on parle aussi de shit. Que ce soit un sujet ou l'autre, je parle d'un fait qui concerne les gens au quotidien. Ils prennent un ou deux mots au passage, l'interprètent comme ils veulent, d'autres n'écoutent même pas les paroles et se concentrent sur la musique."

2002 : Chiens des Quais, deuxième album, avec de nouvelles tonalités, une nouvelles équipe, de nouvelles motivations. Un album symbolisant une Marseille ouverte sur le monde, un groupe moins identitaire. Entre le coup d'essai de 99 et ce nouvel album plus colossal, les Raspi sont passés dans la cour des grands. Lionel est toujours étonné de voir que des personnes connaissent ses chansons et se pressent aux concerts. "Je vais à des concerts, je suis spectateur, j'écoute, je danse. Me retrouver sur scène à mon tour et voir devant moi des centaines de jeunes danser sur ma musique.... j'en reviens toujours pas. J'accorde une importance toute particulière à la manière de s'adresser au public. Quand tu bosses toute la journée ou que tu passes des heures en camion pour rejoindre une ville ou quand tu te prends la tête sur la logistique, tu n'as pas envie de gâcher l'heure et demi du concert. Ceux qui ont payé pour te voir n'ont pas à subir tes états d'âme alors tu gardes tes problèmes pour toi. Tu réfléchis au meilleur moyen de rendre le spectacle marquant. Alors quand le public chante les refrains avec toi,tu comprends que c'est lui qui te cherche et toi, tu suis".
Avec Chiens des Quais, les Raspigaous évoquent des champs plus larges comme Contrôle d'Identité, Skartapuce, 1999, Hom Politik... "On se nationalise en parlant d'autres choses que Marseille. Comme tous les marseillais, on est très attachés à notre ville et tout ce qui se rattache à elle...sauf le foot ! On n'est pas des puristes et on retrouve ça aussi dans ce qu'on fait. On aime métisser notre musique, faire de la salsa par exemple".

On ne quitte pas complètement la cité phocéenne, grâce à la chanson Le Panier, nom du quartier dont sont originaires les Raspi.Un quartier où il fait bon vivre, mais pas assez tendance "Côte d'Azur" pour les rois de l'immobilier qui vont faire des pieds et des mains pour faire déguerpir ses habitants afin de reconstruire des immeubles très beaux et très chers. Ah polémique quand tu nous tiens...

Autre étape décisive, la signature sur le label Ailissam (Massilia à l'envers, eh oui, les fameux), le management de l'équipe qui gère les K2R (eh oui, les fameux), la distribution par Wagram... On va pas faire les difficiles. Autant dire que pour les Raspi, il a fallut avoir les yeux bien en face des trous pour faire face à tant d'engouement. "Jamais au grand jamais on avait prévu d'aller si loin. Tout le monde dit ça, mais je
t'assures que c'est vrai.
" Rien qu'au nombre de personnes qui gravitent dans le groupe on le croit. Jusqu'ici, ils étaient entre 12 et 15 sur scène. Pas facile à gérer et difficile d'avoir des projets communs à long terme quand on est si nombreux.

"Depuis le début de la formation, 20 personnes sont passés par les
Raspi. Pour la rigueur, c'est pas top, quand il y en a un qui n'est pas déchaîné, c'est l'autre. Faut être patient. Pour 80% des gens, le travail, c'est la misère parce qu'ils dépendent toujours de quelqu'un d'autre. Mais aucune loi ne régit la musique. Au sein d'un groupe, faut savoir régler les conflits entre nous. On connaît nos galères, mais ça ne nous empêche pas de nous prendre la tête....
." Cela ne nous regarde pas ! Tout ce qu'on peut dire, c'est que désormais, les Raspi sont 10 et c'est la version définitive. Leur tournée vient de s'achever ; elle reprendra fin janvier et ce, jusqu'en été. Le troisième album est "en cours de création". Pendant le mois de décembre, les Raspigaous vont s'atteler à la réalisation d'une dizaine de chansons pour officialiser la nouvelle formation. "Maintenant, on veut vraiment bosser, avoir plus de rigueur. On peut se contenter de faire du son, bien travaillé. Avant, pour moi, faire de la musique c'était forcément faire son show. Il a été difficile pour moi d'accepter la dissociation des deux. Cela ne veut pas dire qu'on est devenu hyper sérieux, mais on va aller au fond des choses et les faire bien... tout en continuant de faire la fête" !"

26/11/2002
Julie Marchal
Pas encore l' album ?
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