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Scapin, entre eux et nous


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L'accalmie est passagère... sur le point de terminer leur tournée, deux des joyeux drilles de Scapin ont fait un passage éclair le mois dernier à Nancy, leur ville d'origine, avant de redécoller pour Bordeaux où ils jouaient en première partie de Dolly. L'occasion de les saisir au vol, de se poser cinq minutes et de revenir sur leur épopée musicale. Même s'ils relativisent encore la rapidité de leur ascension, Scapin est un groupe en plein essor et s'impose logiquement dans la sphère pop/rock française.
David Obeltz (chant / basse) et Fred Villard (batterie), munis de leurs verres de jus de fruit multivitaminé, et confortablement installés sur le joli canapé de Toutnancy ont bien voulu se dévoiler. Ce jour-là, Jean-Louis Couléard, le guitariste, était aux abonnés absents (un truc à faire avec Marc Knopfler, excusez du peu). Mais comme tout bon paparazzo "digne de ce nom", j'ai tout de même réussi à le choper plus tard, tout va bien...
Une rencontre toute simple, sans embarras, comme à la maison...

"Celà fait 4 ans que l'on tourne beaucoup, en France, en Belgique, en Suisse. On a fait les Francofolies, beaucoup de festivals pendant l'été. Et énormément de clubs, de petits endroits pour se rôder comme tous les groupes qui commencent" lance David. Avec une bonne étoile juste au-dessus de leurs têtes, ils "roulent à vive allure, sous un ciel criblé de lumière". Le parcours de Scapin, résumé en quelques mots pourrait ressembler à ça. On n'en est pas à l'heure du bilan, mais en se rappelant brièvement des étapes qui jalonnent leur début de carrière, on ne peut que constater le démarrage en force du groupe. En 1997, Scapin, par l'intermédiaire de Santi -ex-batteur de la Mano Negra-signe en édition chez Universal Publishing ; 1998 marque la collaboration avec Décibel Prod qui devient tourneur de la bande. S'ensuivent un 5 titres, une rencontre avec Tex Avril, un ingénieur du son qui décide de les produire en indépendant et les signe chez AND. Puis un contrat chez Art Disto, un premier album sorti en octobre 2001, une tournée. A l'heure actuelle, ils affichent plus de 350 concerts et nous concoctent un deuxième album. Voilà pour le rappel des faits, qui énoncés de cette manière, peuvent donner le tournis. Trop beau pour être vrai. Scapin donne l'impression d'être un groupe à qui tout sourit, sans galères ni compromis, et pourtant, c'est du boulot...

 

Etrangement, ce qu'il ressort d'une conversation avec David et Fred, c'est leur "manie" de toujours en revenir aux rapports humains. Un réflexe tout naturel pour mettre en avant qu'ils ne se sont pas construits seuls, une reconnaissance constante envers d'autres artistes qui ont cru en eux. "Universal nous a beaucoup aidé par le biais du web avec leur site Balanceleson.com. Le but de ce site est de faire découvrir des artistes signés chez eux en mettant en ligne des MP3. C'est là que De Palmas nous a découvert. On est passés avec lui aux Cafés du Live.com, une émission sur le net animée par Alex de NRJ. Le principe est simple. Un artiste connu invite un inconnu. Gérald a pensé à nous. Là, il nous a dit "Dès que je pourrai vous donner un coup de main, je le ferai.". Il a tenu sa parole puisqu'en mars 2002, il nous a contactés et proposés de faire la première partie des 9 dernières dates de sa tournée. Seule condition : en acoustique. Donc ce fut sans Fred. On a fait le tour de la France dont les 2 Zéniths, joué dans des salles de 4000 - 5000 personnes. D'ailleurs on a filmé les concerts au Zénith pour mettre les images sur notre prochain CD".

Fred, pas rancunier pour un sou, se contente de répondre : "Le jour où De Palmas fera notre première partie...". Gérald, si tu nous lis...
Des rencontres marquantes, voire émouvantes, et qui font rêver. David se souvient : "Silmarils ! C'était grandiose... excellent souvenir. Enorme contraste avec le concert qu'on a fait avec Saez une semaine avant !!!" Mais un des moments les plus forts fut le Festival Musique en Scène. Les Scap' (pour les intimes) ont eu l'honneur de jouer un de leurs morceaux avec Monsieur Jacques Higelin lui-même."Il a passé 3/4 d'heure dans notre loge à choisir une chanson. Nous on avait choisi L'Hiver mais il nous a dit "Non, je vais tout gâcher". Finalement on s'est mis d'accord pour Un Homme. Après avoir assuré deux heures de concert seul, il a encore joué avec nous aux claviers. C'est un mec bourré d'énergie". De son côté, Fred poursuit la liste des groupes rencontrés au gré du vent, émerveillé :"Il y a eu Aston Villa, Indochine pendant la tournée Danceteria... Et on a des dates de prévues avec Dolly, Corine, ex-bassiste de Téléphone qui a entamé une carrière solo, Beverly Joe Scott". Mais il ne s'agit pas d'élaborer bêtement un palmarès. Les Scap' ne sont pas remplis d'illusions, loin de là. Tous issus du Music Academy International, ils en ont

été élèves, profs et sont donc parfaitement conscients des aléas et de la réalité du métier. "On a beaucoup joué et travaillé avant d'en arriver là. On a rencontré les gens qu'il fallait mais ça n'a pas forcément été du tout cuit" insiste David. Le succès se mérite mais le pari n'est pas encore entièrement gagné.Il reste des coriaces, notamment dans certains médias. "On a quelques appuis mais c'est difficile d'apparaître sur des playlists en radio. Si t'as pas de majors, t'as pas de promo. Certains animateurs peuvent déroger à la règle. Quand ils ont un peu de place il peuvent s'arranger pour caser un groupe pas très connu. Francis Zégut sur RTL2 l'a fait pour nous, en diffusant Le soleil s'efface et Un ange passe. Il n'était pas obligé de le faire, c'était sympa de sa part" remarque Fred.





"La France n'est pas un pays de rock" explique Fred. Ce qui pourrait expliquer l'éclipse de certains médias pour la promotion de groupes. Des majors frileuses, des radios assujetties à l'économie du disque, des émissions de télé qui privilégient le playback... heureusement, de nombreux artistes optent pour la résistance et se jouent de ces entraves. "Je me souviens de FFF qui s'est pointé dans une émission de télé avec une batterie type Playskool" poursuit David. Scapin a pourtant réussi à se faire connaître et obtenir une légitimité essentiellement par la scène. Si le fait d'avoir cumulé de multiples premières parties d'artistes renommés leur a forcément facilité la tâche, il n'empêche que le groupe a trouvé son propre public. Fred, David et Jean-Louis mettent un point d'orgue à entretenir assidûment cette connivence qui existe entre eux et leurs fans.
"On a essayé de fidéliser les gens alors on a tout basé sur la communication avec notre public". Si au début, ils envoyaient les news du groupe par voie postale , aujourd'hui, grâce à la folle technique des nouvelles technologies, ils amplifient les contacts via leur site internet, la newsletter et les mails perso. Une implication personnelle et régulière de chacun des membres du groupe. "On suit notre site de très près, on participe au forum en répondant à nos visiteurs. Pour nous, c'est un poumon, c'est important de se sentir proche du public.Si on fait la première partie de De Palmas, on parlera de nous dans son forum par exemple. Les moyens du web sont extraordinaires, ça fait effet boule de neige" commente David. Comme une rumeur, le phénomène Scapin se colporte de bouche à oreille. Leur énergie et leur osmose sur scène, la voix de David semblent faire l'unanimité. "
Le meilleur moyen est d'être sincère sur scène" selon David. Les gens qui attendent l'entrée en scène d'Indochine, il ne faut pas qu'ils s'ennuient pendant les 3/4 d'heure durant lesquels tu joues. Il faut que tes émotions soient sincères dans ces moments là. Faut que le public voit qu'il y a une entité. Qu'on fasse de l'électrique ou de l'acoustique, faut que ça soit la même énergie qui se dégage".



Et pas question d'adapter leurs morceaux et leur style en fonction de la tête d'affiche. Scapin is Scapin. Du rock, du rock et du rock. Un trio guitare/basse/batterie qui tourne rond. " On ne pense pas faire de la variété, maintenant si Coldplay c'est de la variété, nous on veut bien en faire !" déconne David. Si notre chanteur semble inspiré par les groupes anglo-saxon type Nada Surf, Fred, quant à lui, avoue plus de modération. "Je suis arrivé au sein de Scapin au mois de janvier, ça va faire un an. Avant, j'ai notamment été batteur des Ravid Vour Voir. Avant de bosser avec David et Jean-Louis, je n'étais pas un fouineur au niveau rock. Je suis plus Craig Armstrong (qui en train de passer en musique de fond), Trip hop, Hooverphonics, après il y a aussi des groupes comme Coldplay...".

Et maintenant ? Et bien les Scap' sont en pleine phase de composition et s'apprêtent à entrer en studio pour nous sortir leur deuxième galette. Il sera dans la même mouture que le premier avec semble t-il, quelques rajouts, comme qui dirait 2-3 ustensiles accessoires. "Il y aura des machines, des boucles, mais on tient à tout faire nous-mêmes car on aime le principe du trio. Ce qu'on rajoute s'exploitera facilement sur scène car ça ne sera qu'un habillage"annonce David. Les Scap' auraient-ils cédé à la tendance rock-électro ? Besoin de se moderniser ? Fred rebondit à toc : "On évolue dans ce qu'on écoute et dans ce qu'on fait. Avec les machines, on ne savait pas si on serait à l'aise. On a déjà fait un morceau, "14 ans" avec une boucle très énergique et on l'a présenté au public lors d'un concert. Ça reste du Scapin avec une touche de modernité. La façon de faire reste la même, on garde nos instruments classiques. On travaille juste le son". David le rejoint dans son idée : "Regarde Prohom. Il prend des machines et il met du texte dessus. Il n'a ni bassiste, ni guitare, ni batterie. Attention, on veut pas faire la même chose. Chez lui, tout est rajouté par rapport à la boucle, alors que chez nous ça reste de l'habillage. Pour augmenter la valeur de ce qu'on veut jouer. Ce ne sera pas systématique sur tous les morceaux".

Très attachés à leur région, les Scap' y reviennent régulièrement. Leurs QG à Nancy : L'Echanson pour l'apéro, Le Pressoir pour éponger. Ca, c'est pour l'info pipole. Avis à ceux qui souhaitent discutailler un peu !
Musicalement parlant, ils seront en concert le 3 avril 2003 au Terminal Export, avec Orwell.

Site officiel de Scapin

Retrouvez une itw audio de Scapin
sur le site de Tanguy Suntorii (cliquez dans "La Cantine", puis prenez "Les Rencontres Paillettes".)

Merci à Julien et Alex pour leur collaboration

20/12/2002
Julie Marchal