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orange blossom : l'équilibre entre acoustiq


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ORANGE BLOSSOM : L'EQUILIBRE ENTRE ACOUSTIQUE ET MACHINES

 

Orange Blossom envoute... Chant en arabe, percussions à tout va, violon, guitare parfois et sons bidouillés sur des machines : un subtil mélange qui donne irrésistiblement envie de se laisser emporter sur des rythmes endiablés... Pour ne rien gâcher, le groupe se donne sur scène sans compter... Le concert d'Orange Blossom était à coup sûr un grand moment et les nancéiens n'ont pas loupé ce rendez-vous à l'Austrasique...

Un seul album à l'actif d'Orange Blossom, c'est peu... pourtant leur réputation les précède bien... Ce groupe formé en 1995 a arpenté les scènes en France et dans le reste du monde avec leurs chansons métissées... On peut parler de deuxième vie pour Orange Blossom, JC, chanteur présent depuis le début, est parti en 2000 et depuis, une chanteuse al'a remplacé. Rencontré juste après leur sortie de scène, PJ, le violoniste, tente de nous expliquer (pas évident de "redescendre" 10 minutes après seulment) le plus clairement possible le parcours du groupe.
Orange Blossom ne ressent aucune amertume quant au départ de JC, "on était parti en Egypte pour la deuxième fois, c'était la dernière tournée avec lui...il avait envie de faire des trucs de son côté, tout seul", indique PJ. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait et bien fait en créant Prajna. Orange Blossom, ce n'était pas qu'une voix et le groupe a donc continué tout naturellement comme depuis ses débuts en mélangeant musique électro et traditionnelle. PJ revient sur leur motivation de départ, "un jour on a eu envie de travailler avec des machines... avec ça, on s'est rendu compte qu'on pouvait sampler de la musique traditionnelle... et puis voila ça donne ça." Cet heureux mélange de sons fait la marque de fabrique d'Orange Blossom, "les machines sont là pour soutenir l'acoustique et l'acoustique pour faire vivre les machines. Ce sont deux choses qui sont complètement extrêmes et qui peuvent se rejoindre très facilement", explique PJ.

Pour composer, Orange Blossom voyage un peu partout, part à la rencontre d'autres musicienes bulgares, africains... et s'imprègne de leurs cultures... dernièrement, c'est par exemple l'Egypte et la Côte d'Ivoire qui sont devenus des lieux de prédilection du groupe... De ces découvertes naissent des collaborations sur scène..."dans Orange Blossom, t'as une base : la formation minimum et puis après ça dépend des moyens qu'on a à notre disposition... en Egypte, sur scène, on était 17 ou 18... quand on a joué à l'Olympic à Nantes, on était 14... en fait c'est un groupe à géométrie variable", raconte PJ. Ce soir, le public n'a pu profiter que de la formation minimum, et pourtant quel résultat déjà... Mais voilà des concerts de "taille", ça se prépare longtemps à l'avance, "on pourrait le
faire tout le temps, mais il faut des moyens pour faire venir
des gens d'Afrique, il faut les papiers, des cartes de séjour..., ça évolue sans cesse...
", explique PJ. Si les vieux de la vieille, Carlos (batterie, percus et programmation) et PJ, et les "petits jeunes", Mathias au bougarabou (percus sénégalaises), Franck à la guitare et Leïla au chant se retrouvent dans Orange Blossom, chacun tire de son propre paysage musical la force qui fait le groupe. "On a tous des univers différents, moi j'écoute du punk, de la disco... je vais prendre le côté fun de la house, par exemple... on prend ce qu'on aime. Leïla, elle, est issue du rap/hip-hop, elle écoute aussi beaucoup de la musique égyptienne...".

Les inspirations du groupe demande du temps et des moyens... alors forcément le groupe n'a pas eu la possibilité de renouveller une expérience en studio pour y enregistrer un nouvel album, successeur d'Orange Blossom, qui date quand même de 1997. Ils le préparent ce second album, mais ça vient doucement, "on a prit du temps... on a bidouillé, Le premier album a été enregistré en dix jours. Mais là ça coûte extrêmement cher... on a prévu un quartet à cordes, des musiciens d'un groupe de big band,... alors bon, on prépare les pré-maquettes, le troisième est déjà composé... mais il faut faire le deuxième..." précise PJ, à moitié amusé. La philosophie d'Orange Blossom est vraiment de se donner les moyens de connaître à fond les cultures qu'ils découvrent. "C'est pas parce que j'ai joué en Egypte que j'ai la prétention de jouer du violon arabe, il faut comprendre où se trouve le sentiment et ne pas perdre ces acquis, c'est tout un état d'esprit. On est en éternel apprentissage...", se félicite PJ. Et puis ce qui prime pour Orange Blossom en live, c'est le côté émotionnel, "je ne suis pas un violoniste, je ne suis pas un technicien, c'est plus une décharge d'émotions, tu le vis, pour moi, c'est une sorte de communion. Leïla aussi dégage beaucoup. Ca vis sur scène, c'est pas parfait, mais on essaie de tout donner dans la limite du raisonnable", confie PJ.
Quand on lui demande si Orange Blossom passe un quelconque message à travers ses chansons, la réponse est claire. "C'est pas quelque chose qui été fait consciemment, c'est venu naturellement, il n'y a rien de calculé, c'est pas une politique de travail, maintenant, si ça ouvre l'esprit à des gens , c'est tant mieux, mais c'est pas une politique réelle", affirme PJ. Si Orange Blossom a participé, par exemple, à la compilation "Tibet Libre", c'est plus une demande extérieure qu'une volonté de leur part, même si la cause leur tient à coeur. Mais comme le souligne PJ, "Leïla est personnellement engagée, c'est une fille d'immigrée. Si elle a envie de dire des choses, elle les dit. Maintenant, moi, je milite à tous mes concerts en faisant ma musique, elle parle d'elle-même."

Erica WALTER
20/12/2002