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L'abolition, envers et contre tout


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L'abolition,
Envers et contre Tout

Alors que George Ryan, gouverneur républicain de l'Illinois vient d'abolir la peine de mort dans son état, ce sujet ainsi que les conditions d'incarcération sont plus que jamais d'actualité. En Verre et contre Tout, compagnie théâtrale meurthe et mosellane, partage son inspiration depuis 1999. Au mois de février, elle donnera cinq nouvelles représentations de sa pièce désormais célèbre : Le Dernier jour d'un condamné. Génie, illusion, fantaisie... jamais anodines. Leur créneau : divertir et éveiller les consciences.
Rencontre avec la compagnie.

"En dénonçant la peine de mort, les conditions d'emprisonnement, la misère de la condition humaine, Victor Hugo aborde les sujets de réflexion et de débats de notre société. En Verre et contre Tout traite le sujet d'une façon contemporaine. Sur scène un comédien, dans un décor blanc, intemporel au milieu de projections de photographies nous raconte six semaines de sa vie, de son procès, avec sa condamnation à mort, à la montée à l'échafaud.
Victor Hugo, en observateur réaliste se fait témoin de l'avidité de la foule devant ce spectacle, le peuple veut du sang...un spectacle avec toute une mise en scène qui doit se terminer au moment où le couteau de la guillotine tombe !"



"A l'origine nous étions trois, nous voulions créer une compagnie pour faire ce qu'on avait envie de faire, tout simplement." Sophie Ottinger endosse différents rôles suivant les créations de la compagnie. Tour à tour à la mise en scène ou à la direction artistique, elle est également et surtout comédienne. "Je ne conçois pas l'acte artistique sans acte politique, au sens grec du terme. Avec En verre et contre tout, on n'est pas dans l'esthétique, on veut ouvrir l'esprit des gens" poursuit-elle au nom du reste de la compagnie.

En exercice depuis trois ans,
les créations de la compagnie jouent sur le mélange des genres avec comme principal objectif, la sensibilisation sur le monde et une ouverture d'esprit sur les valeurs. Par le théâtre, la photo, la musique, ils abordent et décortiquent des thèmes politiques, sociaux, insipidité exclue. "Nous sommes engagés dans une action citoyenne" précise Laurent Michelin, administrateur-régisseur-photographe... (la liste est longue puisqu'ils font tout eux-mêmes). "Notre travail continue au-delà de la représentation sur scène. Nous essayons de voir en quoi une activité artistique peut être bénéfique pour des enfants ou des publics en difficulté sociale. Ainsi, pour ces derniers, nous avons mis en place des ateliers de création, comme un travail photographique sur la question des Droits de l'Homme par exemple". Ce sujet est récurrent dans l'inspiration créatrice de la compagnie. C'est même une revendication, son point sensible qu'elle exploite sans abattement. L'exposition photographique "La Déclaration Universelle des Droits de L'Homme" est un des premiers gros projets engagé. En partenariat avec des associations du Lunévillois rassemblant RMIstes, chômeurs de longue durée..., la compagnie a proposé une discussion autour des articles de la dite Déclaration, réflexion aboutie par une exposition, au bout de six mois. Un article illustré d'une photo, chacun, en fonction de son vécu, suggère sa propre interprétation. D'où également une sensibilisation sur l'importance de la mise en scène. Que veut dire l'image ? Ne pas se laisser berner par la dictature des images est aussi un droit...

Le dernier jour d'un condamné, interprété par Fabrice Colombero (membre aussi de l'Ecrieur à Nancy, du Studiolo et de la Comagnie du son de cloche à Metz), illustre parfaitement le combat mené par En Verre et contre Tout. "Habituellement, je joue plutôt dans des comédies. Incarner le personnage créé par Victor Hugo ne fut pas évident. Les premières représentations ont été dures... mais la perspective du monologue était un challenge. " explique le comédien. "Lorsque je joue, je reste très sensible à la réaction du public".
"J'ai lu ce texte de Victor Hugo, ce fut un coup de foudre, on devait faire un truc" précise Sophie. "On a prit des extraits, on les a adaptés, mais ce n'est pas un plaidoyer contre la peine de mort." Laurent enchaîne : "Sophie ne voulait pas que le public s'appitoie sur le sort du condamné. Ok, c'est atroce d'amener les gens à la guillotine, mais le pire, c'est l'attente. Alors on a fait un gros travail aux niveaux de la musique et de la lumière."
"Le but était d'avoir un discours détaché. On ne voulait pas perdre le discours pour l'émotion. Il fallait faire réfléchir avant tout" ponctue Sophie.

Un décor composé d'écrans blancs, des images de serrures, de gargouilles, un personnage récurrent représentant la conscience collective... tout est mis en oeuvre pour privilégier l'atemporel.
Fabrice : "De toute façon, quand le personnage parle il est déjà mort..."

A noter, la toute dernière création d'En Verre et contre Tout, Alphonse. Sorti tout droit de l'imagination des compères de la compagnie En Verre et contre Tout, Alphonse, petit bonhomme tapageur, a débarqué quelques jours avant Noël. La féérie de son petit monde s'est répandu le 20 décembre, à la MJC Pichon. Ce n'était qu'un début, car le spectacle devrait fleurir tout au long de l'année... il faudra rester à l'affût.
Toute nouvelle création musicale (musique de Luc Grislin), Alphonse met en scène un univers dans lequel la marionnette est reine. Ce spectacle s'adresse aux enfants de 18 mois à 3 ans et se joue en intérieur, dans un mini-théâtre. Quand viendra l'été, petits et grands découvriront le monde d'Alphonse dans la rue, sous un mini chapiteau ou à l'arrière d'une camionnette, dans la plus grande tradition des spectacles de rue.
Mais que raconte cette aventure ? Sa mère étant sortie faire des courses, Alphonse se retrouve seul à la maison. Et que fait-il pour combler son ennui ? Des bêtises. C'est alors qu'au gré de ses pérégrinations domestiques, la petite marionnette pas vraiment sage, découvrira des bruits, qui se transformeront en...musique. Alphonse part ainsi à la rencontre de la salsa, de l'opéra, du gospel et autres richesses harmonieuses. ..


Tout comme Gepetto qui défend farouchement son Pinocchio, Sophie soutient envers et contre tout son Alphonse.
"On n'est pas obligé d'avoir une game boy pour s'amuser. On veut faire réagir les enfants avec des objets de récupération, faire découvrir le théâtre, les expressions corporelles. On peut faire passer des idées, même aux tout petits. Il ne s'agit pas seulement de les occuper, mais les éveiller. Avec Alphonse, on veut même leur faire découvrir la tolérance..." Vaste programme mais qui tient la route. Ainsi, la compagnie désire surpasser son engagement artistique en étant également pédagogue. D'où le souhait de sensibiliser les insitutions pour un travail en commun.

Le Dernier jour d'un condamné
du mercredi 19 au dimanche 23 février.
à 20h45 du mercredi au samedi, 15h30 le dimanche
séances scolaires en après-midi.

Théâtre Mon Désert
73bis rue Mon Désert à Nancy
Tarifs : 9 € et 6 €
renseignements et réservations : 03 83 90 19 62


Avec le soutien
du Conseil Régional de Lorraine
du Conseil Général de Meurthe & Moselle

 

 

 


15/01/2003
Julie Marchal