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Paykan nous rapproche de la Réunion


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PAYKAN NOUS RAPPROCHE DE LA REUNION

 

Une belle surprise que ce groupe... Paykan a vu le jour sous le soleil de la Réunion en 1997 et s'est exporté depuis en France et plus précisément à Nancy... Grâce à la volonté et à l'acharnement de Didier alias Lénwar et des différents membres qui ont fait partie du groupe, la région commence à découvrir Paykan et le maloya, cette musique traditionnelle de l'île. Quelque chose se rapprochant du reggae, agrémenté de percus et de voix très chaudes rappelant la Réunion...

En pleine frénésie artistique actuellement, notamment grâce à l'arrivée de deux nouveaux membres, Paykan se porte plutôt bien... Lénwar, le chanteur, affiche d'ailleurs en permanence un grand sourire signe de cette embellie... "C'est un renouveau, du sang nouveau qui arrive", affirme-t-il. L'intégration s'est faite rapidement et dans de très bonnes conditions pour le bassiste Jean-Michel, arrivé depuis quelques semaines au sein du groupe. "J'avais une certaine aisance dans ce
style, j'ai été dix ans dans un groupe à la Réunion, mais à un moment tu te poses la question si je continue, est ce que je vais progresser ?
", raconte Jean Michel. Alors lui aussi est parti de la Réunion pour venir en France et l'histoire a voulu qu'il rencontre Lénwar... et voilà le reste se passe de commentaires. Le second nouveau venu, Steve, en formation en ce moment au MAI dans la section bassiste a amené son talent au niveau... des percus et des choeurs. Ces perpétuels changements sont effectivement une marque de fabrique du groupe... sauf au chant où Lénwar tient le micro depuis le début. Karim à la gratte et Louis, aux percus également, complètent le groupe à l'heure actuelle et ceci au moins jusqu'à la fin de l'année 2003. "Je leur ai proposé une sorte de contrat pour l'année... ça permet de mieux cerner les choses...", indique Lénwar. Une formation pour le moment aux 4/5èmes réunionnaises où seul Louis pourrait à la rigueur faire figure d'intrus avec ses origines guadeloupéennes... mais ce n'est évidemment pas le cas.

Lénwar mène Paykan avec une grande maîtrise, "c'est avec mes compos et mes musique, mais les gens se les sont appropriés...
c'est une musique qui est vivante... à force des gens qui passent, la musique a été préservée et ils en ont fait leur Paykan
"... Alors voilà sur des chants en créole, en français, en anglais, Paykan met en valeur le maloya traditionnel, basé sur l'oralité et sur les percus. Une musique qui a eu du mal à s'imposer officiellement jusqu'en 1982 parce que l'Etat Français l'interdisait. "Cette musique était assimilée au mouvement indépendantiste. Il y a eu une démarche intense pour brimer la culture réunionnaise", explique-t-il. Pour comprendre le pourquoi du comment de cette méfiance vis à vis du maloya, entre autres, il faut préciser un peu la physionomie de la Réunion. "C'est
une île de 2 500 km2, avec 700 000, 800 000 habitants de toutes les couleurs... de toutes les religions. Tout est représenté là-bas... dans la culture même, on arrive à une sorte d'oeucuménisme
", ajoute-t-il. Pour comparer on pourrait dire que le maloya était aussi mal vu que les rave-party aujourd'hui, c'est dire. A la base "le maloya est un moyen de communiquer avec un autre monde, c'est la musique de la transe, avec beaucoup de rythmes, de répétitions", ce qui explique sans soute la retenue de certains vis à vis de cette forme musicale. En tous cas depuis 1992, le maloya a trouvé véritablement sa place à la Réunion et c'est pourquoi Nancy peut donc profiter de Paykan aujourd'hui. "On n'a pas la prétention d'être les meilleurs par contre, on a quelque chose qui est à nous, et même à la Réunion, on est Paykan", affirme Lénwar.

C'est ce mélange alliant reggae acoustique (rien à voir avec Tryo ou très peu en tout cas), raggamufin, ska et musique du monde qui fait l'univers de Paykan et promet de faire bouger ceux qui découvriront le groupe... comme ce fut le cas pour un concert à l'Austrasique tout récemment. "On a mis trois morceaux pour prendre les gens, les captiver... puis après, tout le monde sautait, dansait... on a eu des retours directs, les gens qui ne connaissaient pas sont venus nous voir après le concert avec un grand sourire (...), ou ont laissé des messages sur le forum, c'est touchant...", témoigne Lénwar. Un personnage charismatique que ce Lénwar qui espère bien à travers Paykan faire vivre un petit bout de la Réunion que ce soit par la musique ou par les paroles. Pari réussi sans problème, rien que l'utilisation du créole le permet (sur "Drol Zafer", par exemple à écouter absolument), une langue que tout le monde parle là-bas mais qui n'est pas vraiment reconnue... ce qui a d'ailleurs un peu gêné Lénwar. "C'est très phonétique comme langue, mais au début, je ne pouvais écrire qu'en français, toute la philosophie, je l'avais en français. Le créole est la langue de l'image, j'ai fait des choix pour traduire la façon dont je parle le français".
A travers ses chansons, le groupe même s'il ne se définit pas comme engagé fait part de son ras-le-bol contre le monde actuel, d'une manière subtile, dans "Au nom de la vie" ou "Dénaturer". D'ailleurs le choix de baptiser le groupe Paykan n'est pas non plus innocent et fait référence au poids que porte le peuple réunionnais encore aujourd'hui. "Littéralement, c'est la paille en français de la canne à sucre. C'est le rebus de la grande machine agricole. C'est le truc dont on ne se sert pas, le truc gênant qui gratte... On fait un peu le parallèle avec tous les gens qui ont été mis un peu de côté pendant longtemps", explique Lénwar.

 

 


Paykan en concert à 20h30

le 3 avril au Griot, rue Saint Dizier

paykan.fr.st
paykanmusic.com

Erica WALTER
31.03.03