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TRYO : Grain de Sable


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TRYO
Grain de Sable

 

Le 02 juin dernier, Tryo sort son troisième album, Grain de Sable. Une nouvelle galette reflétant toujours l'esprit contestataire de ses auteurs, mais musicalement, c'est un tout petit peu moins reggae que les deux précédents opus. Tryo reste Tryo, mais le groupe semble élargir un chouia son horizon musical. Ou peut-être que cette impression est dûe à l'intervention de divers invités surprise venant agrémenter ce nouveau disque, qui en définitive, est une réussite. Même si Tryo nous a habitué à ses chansons protestataires évoquant au mieux les conneries de ce bas-monde, ce fut toujours avec cette pointe de fantaisie et de sarcasme chère au groupe. Néanmoins, Grain de Sable s'autorise à des morceaux plus poignants, où la franche déconnade n'est plus de rigueur. "Il faut savoir mettre les pieds dedans de temps en temps" dixit Mali. Loin d'être un requiem pour autant, Grain de Sable se constitue aussi et surtout, de sempiternels refrains désopilants qui ne demandent qu'à se propager dans nos chaumières.
Rencontre avec Mali et Daniel.

"Grain de Sable" est sorti au début du mois de juin et on note quelques petites nouveautés dans ce troisième album. Un certain changement d'orientation musicale et la participation d'autres artistes.
Mali :
Il y a Timike de Mister Gang, qui a chanté sur "Récréation", Franck Monet sur "Comme les journées sont longues". Franck est vraiment plus dans la chanson française. C'est un auteur-compositeur-interprète qui a déjà fait plusieurs premières parties de Tryo ou de M et on lui a demandé d'écrire un morceau. Cette chanson a vraiment un côté chanson, plus que reggae. Et il y a Vassili qui a fait les guitares africaines et la guitare slide sur "Pompafric". C'est le guitariste de Fange, qu'on est d'ailleurs en train d'éditer avec notre boîte d'édition, on a travaillé avec lui sur son premier album. Et puis bien sûr, La Rue Ketanou sur "Désolé pour hier soir". Ils viennent me dévergonder une dernière fois en me disant : "Mais qu'est ce que tu fais avec ton verre d'eau mon cher Mali, viens avec nous faire la fête" ! Et puis la rencontre la plus étonnante de l'album, c'est sur "Apolypticodramatik". On ne s'en sortait pas avec ce morceau, on avait plusieurs orchestrations, alors on a demandé de l'aide à Olivier "l'Oiseau",

qui est violoncelliste et qui a arrangé notamment des morceaux pour les premiers albums de K2R. Là il travaille avec Bénabar. Bref, on lui a donné les voix et on lui a dit : "Vas-y, arrange le truc". Et là on se retrouve avec un morceau avec des cordes et tout et tout. On va carrément ailleurs, ça ouvre encore une autre porte tu vois. Ça n'a rien à voir avec ce qu'on faisait avant.


"Mamagubida" et "Faut qu'ils s'activent" se sont vendus à eux-deux à 900 000 exemplaires et vos concerts affichent complet. Avec la sortie de "Grain de Sable" vous sentez l'épée de Damoclès au-dessus de vos têtes ?
Daniel : Nous, ça ne nous met aucune pression. On a essayé de faire ce disque le mieux possible. On le défendra sur scène, mais en terme de vente de disques, ça nous dépasse un peu, c'est quelque chose de tellement impalpable.

Mali : Tu t'en rends compte sur scène, car quand tu vois les gens, alors là c'est palpable. Quand tu te retrouves devant une salle remplie alors que t'as commencé dans une MJC, là tu te dis : "Putain c'est génial !" T'as voulu faire ça toute toute ta vie et là les gens t'attendent. Après, l'album, c'est vachement différent. On ne ressent pas la pression, mais tu vois, à la sortie du deuxième, avec le recul, je me dis qu'on en avait quand même pas mal.
Daniel : Une pression qu'on s'est mis nous-mêmes !
Mali : Ouais, qu'on s'est mis nous-mêmes. Mais pour "Grain de Sable", il s'est passé beaucoup de choses. On a pris des cours de chant qui nous ont amené ailleurs mine de rien, c'est du vrai travail. On a eu l'expérience "Reggae à coup d' cirque" aussi avec Les Arrosés, ce qui nous a encore amené à autre chose même si on s'est beaucoup amusés. Donc tu vois il y a eu quand même du chemin depuis le deuxième album. Ce qui fait qu'on a eu le temps d'écrire tranquillement. Je pense qu'il y a aussi le fait que tous, on ne soit pas uniquement bloqués dans Tryo, on a tous d'autres projets. Mpalada avec Guizmo et Daniel qui ont tourné ensemble, Manu qui a fait d'autres projets. Le fait de se plonger dans autre chose que dans Tryo, je pense que ça remet vachement les choses à leur place. Ça t'enrichit et puis voilà, tu te dis que tu es musicien. Tu fais Tryo et d'autres trucs, même si les gens en entendent moins parler. Et le fait de travailler avec d'autres gens, comme notre prof de chant qui était là tout le temps et en qui on avait une entière confiance, ou encore Dominique Ledudal qui a mixé l'album. En fait, tu conçois la musique complètement différemment. C'était pas comme les autres albums où on était entre nous.
Daniel : Mais l'enregistrement on l'a fait seuls, toutes les idée de cet album sont les nôtres, c'est le fruit de nos débats. Après, des personnes se sont greffées pour épicer le tout, pour y mettre de la couleur. Mais musicalement, c'est nous.

Alors justement, vous entamez une nouvelle tournée pour présenter Grain de Sable. Votre approche scénique sera-t-elle différente maintenant que vous avez vécu "Reggae à coup d'cirque" ? Vu qu'il s'agit d'une expérience formidable pour vous, le spectacle doit vous manquer , non ?
Mali : Avec "Reggae à coup d' cirque", on n'était plus du tout dans un concert, mais plus dans un spectacle qui était écrit, avec un manuscrit etc. On a fait venir deux metteurs en scène, on avait des micros-casques, on n'était pas juste à à une place définie dans l'espace. A tel morceau on était à tel endroit. On s'intégrait dans un tout très compliqué. On était 60 sur la route, une vingtaine sur scène, un truc de fous tu vois ! Et du coup, maintenant, quand on prépare un concert, on rajoute des petits trucs de mise en scène, très simples, sans rentrer dans la grosse machinerie, mais des manières de rythmer le spectale. Et du coup je pense que ça a été plus facile pour nous de s'adapter à ça. On se dit : "On travaille un spectacle, alors qu'est ce qu'on va mettre dans notre spectacle ? " Et hop, on essaie des trucs. Il y a un décor, il y a toute une situation, un bar sur scène avec des gens qui passent boire un verre. C'est pas des conneries ! Si pendant le spectacle tu as soif, tu montes sur scène boire un coup avec nous... il y a de la vie sur scène ! C'est tout ces petits trucs qui font notre nouveau spectacle, mais sans se prendre la tête à essayer absolument de trouver des idées. On reste simple. Et je pense qu'effectivement, l'expérience "Reggae à coup d' cirque" nous a aidé à ça.

Un tout nouveau concept de Tryo sur scène ?
Mali : Nouveau spectacle, nouveau décor avec quasiment que des morceaux du troisième album.
Daniel : Je pense aussi que dans ce nouveau spectacle, il y a un côté rock qui ressort davantage. Dans le dynamisme et la motivation, ça se ressent sur scène à mon avis. Moi je le sens en tant que percussionniste en tout cas ! A la fin d'un concert, je n'arrive plus à parler tellement je suis fatigué ! (rires) Ca reste acoustique, mais c'est plus énergique, plus rock.
Mali : Si il y a une ligne artistique sur "Grain de Sable", c'est la volonté de faire quelque chose de beaucoup plus pêchu. On avait envie qu'il y ait des morceaux qui rentrent dedans. C'est pour ça qu'il y a "G8", "Pompafric", "Récréation". C'est vachement plus rentre-dedans. Du coup, pour la scène, sur les 45 morceaux qui composent nos trois albums, on a choisi les plus pêchus.

Et vous attaquez fort d'ailleurs. "Grain de Sable " commence avec "G8". "J'ai, j'ai, j'ai, j'ai 8 lascars qui m'saoûlent/J'ai, j'ai, j'ai, j'ai envie de me sevrer/J'ai, j'ai, j'ai, j'ai 8 lascars qui me saoûlent/J'ai, j'ai, j'ai, j'ai envie d'en parler". Un hymne qui appelle à la mobilisation !
Mali : Ah bon ? Ben écoute, si des gens se retrouvent dans ce discours, c'est mortel ! Et si il y a des jeunes qui ne savaient pas ce qu'était le G8 et qui peuvent alors se poser la question, tant mieux ! Et même, tu vois, on parle d'ATTAC, et bien si il y a deux ou trois personnes qui vont se renseigner sur l'assoc, je me dirais c'est bon, on a gagné. Rien que ça, on est super contents.

Toujours des textes con
testataires, mais nuancés grâce à une touche de dérision. En revanche, "Si la vie m'a mis là", chanson racontant l'histoires de kamikazes, est un morceau très brut. Ce n'est pas très habituel chez Tryo.
Mali : C'est vrai que là ce n'est pas du tout humoristique, c'est même très très grave. Moi ça faisait longtemps que j'avais envie d'écrire un texte sur le conflit israélo-palestinien car ça me touche énormément. J'ai des polonais dans ma famille et tu vois, c'est la même histoire. J'avais énormément de difficultés à savoir sous quel angle en parler car il y a un moment, faut mettre les pieds dedans quand t'écris sur ce sujet là. C'est très dur car il y a à la fois une espèce de fascination dans ce texte du kamikaze et un côté horrible de cet enfant qui est persuadé qu'il va rejoindre le paradis, qui est persuadé que c'est la seule chose qu'il a à faire. Si la vie m'a mis là c'est qu'elle doit avoir ma peau. Et le monde même lui montre que c'est la seule chose qu'il a à faire. Je trouve ça terrible qu'aujourd'hui, en Palestine, il y ait des kamikazes tous les jours qui vont se faire sauter. C'est leur manière à eux de défendre leur terre ? Je trouve ça horrible...C'est atroce et ça me touche vachement. J'ai écrit ce texte pour moi, je l'ai lu aux autres, ça les a touché aussi.

Ce genre de morceaux abordent des sujets liés directement à l'actualité et forcément, ne laissent pas insensibles. En écrivant ainsi, à chaud, sur des thèmes comme celui-là, tu as déjà eu l'impression d'avoir choqué ?
Mali : Je l'ai fait lire et j'ai attendu de voire l'effet que ça faisait. Parce que je ne voulais qu'en aucun cas ça soit pris pour une justification du kamikaze. D'après moi, je n'ai pas encore de recul car il est très récent ce texte. Mais su tu réfléchis trop, tu n'écris plus. Des textes comme ça aussi brûlant, moi je mets les pieds dedans. On pourra me reprocher tout ce qu'on veut. On commence déjà à me le reprocher, par mail. Genre : "Vous justifiez le fait qu'un kamikaze aille se faire péter la gueule". Moi je ne réponds même pas à ça. C'est que la personne n'a pas compris le morceau, point barre. Si il y en a qui s'imagine que je dis "Allez tous vous faire sauter !" c'est n'importe quoi. Mais si ça se trouve, je suis complètement à côté de la plaque, si ça se trouve, dans l'esprit d'un Palestinien ça ne se passe pas du tout comme ça et voilà. C'est mon point de vue, c'est un grain de sable...



C'est le même cas pour d'autres morceaux ?
Mali : Oui, c'est le cas sur d'autres morceaux. Tu prends "Apocalypticodramatik", c'est pareil ! Quand j'ai écrit le texte, je me suis dit : "Ouh là là, comment il peut être pris ce morceau"...Il y a des gens qui peuvent se dire : "Putain, c'est un hymne anti-techno. La techno c'est à chier, n'allez pas en rave" ! Tu vois ce que je veux dire ? Mais c'est pas du tout ce qu' il y a dans le morceau. Voilà, pour moi c'est une subtilité, les gens le comprennent ou pas.

Pareil pour "Sortez-les". On attaque ceux qui s'abrutissent de télé, de pub et de magazine people. Du second degré, on se sent visés, c'est très drôle...
Mali : (rires) Ah ça c'est... c'est... c'est carrément..... Tu sais, c'est le sentiment qu'on a par exemple après une élection présidentielle, quand on se dit "le monde est peuplé de cons". Des fois on se sent loin des gens, vraiment. On se demande : "mais ils sont où tous ces cons, je les vois pas moi "! Ce texte là ça raconte ça, mais ça raconte que des fois c'est nous les cons.

Oui, on est tous le con d'un autre !
Mali : Voilà, on est tous le con d'un autre ! Et donc au bout d'un moment, dans le texte, ça se mord la queue. Parce qu'on se dit : "il se compte dedans ou pas ?" Bah oui je me compte parmi les cons en fait. Brassens le disait très bien : "qu'est ce qu'on est cons quand on est plus de trois". La masse est con quoi. Maintenant, la masse on la fait bouger aussi tu vois, donc c'est un peu ironique de dire que la masse c'est con (rires).
Daniel : En plus nous on est quatre (rires)
Mali : Ouais, donc on est encore plus cons (rires). C'est une chanson sur la mauvaise foi aussi. Et puis c'est Renaud qui disait qu'on passe plus de temps à expliquer les textes qu'à les écrire. Donc tu te prépares un peu à ce que les gens vont te dire de toute façon. Sur "Apocalypticodramatik," il y a des journalistes qui ont compris que c'était vraiment un texte anti techno, alors que ça raconte l'histoire d'un mec qui voit son ami sur un lit d'hopital, complètement bloqué, en train de demander des cachetons tellement il en a gobé toute sa vie ! Qui était à donf dans le mouvement techno et qu'à travers ce mouvement là il s'est révélé complètement dépendant. Ca raconte le malaise extérieur de quelqu'un à côté, qui le regarde et qui en veut à la terre entière. Et il y a un côté hospitalier, un côté très malsain j'ai envie de dire. Le but c'était de vraiment mettre les gens mal à l'aise. Tu vois, les voix sont tirées, ça hurle, les cordes vocales font sortir des sons incroyables. Généralement, après, les morceaux ne t'appartiennent plus. Je te donne un autre exemple sur "Pompafric". On parle de Boloré, de toutes les nouvelles colonies commerciales qu'ont instauré les français, l'Élysée et le gouvernement en Afrique. Et dans cette espèce de multinationale qui a la mainmise sur l'Afrique, il y a cette entreprise, Boloré, qui a le monopole sur tous les transports là-bas. C'est aussi à lui en même temps qu'appartiennent les feuilles OCB. Donc on déchire Boloré dans le morceau, en disant "Bolopolie, Boloréseau ", parce que Boloré a financé la dictature au Congo, parce qu'il ne voulait pas que le régime change, enfin bon bref, c'est toute une histoire. Donc on dit pour déconner, à la fin, "Quand Bolo se roule un tarpé, il ouvre une usine OCB". C'est pas drôle, c'est une manière de dire que ces gars ont un pouvoir énorme. Et sur scène, quand on chante ça, les gens entendent OCB. Et bien ils hurlent ! Et nous on se retrouve là, à se dire : "Ben voilà, les gens ont entendu un mot, ils ont pris un message, mais ils n'ont pas compris notre message". Tant pis. Ils liront peut-être les paroles dans l'album, ils réfléchiront peut-être un peu.



Vous jouez tout à l'heure pour la journée reggae du Free Days Festival. Vous pouvez nous dire un mot sur la scène reggae actuelle et à la limite, votre positionnement au sein de ce mouvement.
Mali :
Au début de Tryo, on a beaucoup tourné. On a fait toutes les premières parties françaises de Burning Spear à l'époque. Et puis on a rencontré un paquet d'artistes, LKJ et compagnie. Mais ça nous arrive de moins en moins. Là ça fait bien plus d'un an qu'on n'a pas joué dans un festival reggae ! Alors la rencontre des fois est très facile, très agréable, même si il y a de véritables différences culturelles.Car nous, on n'est pas du tout rastas, le côté religieux etc., on l'a complètement évacué de notre musique. On n'a pas du tout la prétention de faire du reggae au sens traditionnel du terme. Alors la rencontre avec Burning Spear, pour nous, c'est vraiment énorme, parce qu'il a vraiment vu les concerts et ce qui est marrant, c'est qu'il croyait qu'on s'appelait "Try the Sun", à cause de Tryo avec le soleil autour. C'était magique de parler avec quelqu'un qui est vraiment l'un des derniers piliers du mouvement rasta. Et qui d'après moi est de loin le plus intègre, celui qui est vraiment resté sur ses fondements, sur ses principes. Bon après, dans la culture jamaïcaine, il y a du bon et du mauvais. Nous c'est plus la musique qui nous intéresse.
Daniel : En reggae, tu en as encore beaucoup qui prennent la partie musique et le côté religieux. Mais le rastafarisme, c'est quelque chose de très sérieux, c'est pas un truc à prendre à la légère genre j'ai un bonnet vert jaune rouge, je chante du reggae et c'est parti. Et ça c'est quelque chose qui a vraiment tendance à nous énerver car on prend ça au sérieux, mais bon après les groupes font ce qu'ils veulent, c'est de la musique !
Mali : Et puis le reggae permet d'exprimer la voix de ceux qui n'ont pas de micros, ça peut être un relais pour les gens qui ne peuvent pas parler et puis c'est aussi une musique qui prône la tolérance à tous les niveaux. Mais c'est vrai que des fois, tu ne le retrouves pas du tout dans les discours. Il y a une chose, et c'est pas moi qui l'ai dit, je l'ai lu dans une interview de Rodney (ndlr : chanteur de Burning Spear), que l'argent et le capitalisme essaient entre guillemet de s'emparer de ce mouvement là, que le ver était peut-être dans la pomme depuis très longtemps et que la pomme est quasiment bouffée. Parce que maintenant t'as des gens qui chantent du reggae avec une chaîne en or, c'est le culte de l'argent, le culte de la thune . Nous on se sent très loin de ça. Ou tu as des artistes français qui chantent du reggae et qui derrière, ont des attitudes exécrables vis-à-vis des autres groupes et vis-à-vis des gens. Faut faire attention. Je pense qu'il faut être vachement vigilant par rapport au message véhiculé aussi. Parce que t'en as qui font peut-être de la très bonne musique, mais ce qu'ils disent est intolérable ! IN-TO-LE-RABLE !
Ah bon ! Qui ?
Mali : Non, je ne vais pas citer de noms maintenant (rires). Je te parle de gens qui se retrouvent dans des extrémismes et qui au bout d'un moment se retrouvent plus comme représentants d'une bande contre d'autres bandes. Concrètement, c'est comme ça que ça se passe. C'est terrible car t'as des jeunes qui écoutent ça et qui ne savent même pas que dans les chansons, ils sont en train de déchirer les homosexuels ou que la place de la femme est réduite à néant. Mais pour en revenir à Rodney, c'était grand. Ce soir, on va lui filer notre dernier album "Grain de Sable", direct, et j'espère qu'il va se souvenir de nous car on a quand même fait une douzaine de dates avec lui. Mais dans le reggae français, t'as aussi plein de groupes excellents. Je pense à K2R, Mister Gang, tous ces gens qui débordent d'énergie, qui sont d'une sincérité et d'une authenticité terribles !
Daniel : Je voudrais ajouter que le reggae n'est pas qu'une musique à messages. Ça n'a pas le monopole de l'engagement.


plus d'infos sur : http://www.tryo.com



interview réalisée lors du Free Days Festival - Prodige Music - 29/06/2003
Julie Marchal

 

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