TOUT NANCY .COM

TTC : Ceci n'est pas un disque


rechercher


T T C
Ceci n'est pas un disque


Une série de maxis en quatre ans, des collaborations prestigieuses avec Buck 65, Gonzales, Dj Vadim, une signature avec un label anglais... Teki Latex, Tido Berman et Cuizinier forment le trio TTC et ont sorti leur premier album Ceci n'est pas un disque en avril 2002.
Rencontre avec Teki Latex...


Greenfinger / Mounir : Comment vous êtes vous retrouvés sur un label comme Big Dada/Ninja Tune? Personne ne voulait de vous en France ?
Teki Latex : Notre aventure sur Big Dada a commencé par l'intermédiaire d'un ami qui a présenté notre premier maxi sorti en 1999. Mister Flash nous a permis de rencontrer DJ Vadim qui nous a fait une petite place sur son dernier album. Vadim jouait déjà notre maxi sur scène ! Quant à la France, aucun label ne nous intéressait. Avec des groupes comme l'Atelier, nous envisageons de travailler sur des sons Hip-Hop plus électroniques. Mon nouveau label Institubes a pour vocation de travailler dans cette voie "électronique".

Dos One chante sur votre album, encore une belle rencontre !
En effet, c'est un petit monde dans lequel nous prenons plaisir à évoluer. Il s'est investi plus que nous le pensions. Il m'a même demandé de traduire ses textes : il voulait absolument chanter en français !

Que pensez-vous du reste du Hip-Hop français ? Par exemple, avez-vous écouter le dernier IAM ?
Je ne l'ai pas écouté et ça ne m'intéresse pas plus que ça... Ce n'est pas vraiment le même style de hip hop. Je ne dis pas que nous travaillons contre eux, mais nous ne sommes pas comparables. Ils existent et nous existons en parallèle. Ce qui m'intéresse, c'est plus le son électro de Détroit, les Fog, Extatic ou Kid Koala de Ninja Tune pour leurs directions ou expérimentations.
Je m'intéresse également au travail novateur de groupes pop-électro tels Notwist ou D. Damage, les voix sont travaillées comme une véritable matière première... ce vers quoi nous tendons.

Avez-vous d'autres influences ?

J'écoute beaucoup de rap américain. Et oui, je suis fan de M.T.V. ! J'ai la chance de comprendre les textes, qui sont beaucoup plus variés qu'on ne le pense habituellement. Le rap américain de la période 90/94 reste pour moi une véritable référence. Pour en revenir à M.T.V., je suis un véritable "consommateur". J'essaie de m'intéresser à des groupes qui s'éloignent des "systématiques boucles" ou "samples" qui deviennent des matières pour "collectionneurs" qui vont chercher à reconnaître tel ou tel son et son origine, genre ça vient de tel disque. Travailler ainsi vous amène à vous éloigner de l'expérimentation sonique. Vous ne travaillez plus que pour un public de "connaisseurs" qui n'écoute plus, mais cherche à savoir quelle "pièce rare" vous avez réussi à dénicher avant eux.
Pour mes influences cinéma... elles restent très populaires. Les seuls réalisateurs "spé" que j'apprécie sont Kubrick ou Lynch. Lynch est très intéressant, il fait participer le public dans sa nécessité de "reconstituer" à travers des clés cachées, le fil de l'histoire. Le morceau "Reconstitution" y fait d'ailleurs référence directement.
J'ai également eu la chance de participer à quelques courts-métrages.
De quelle manière travaillez-vous ? Avec quelles "machines" ?
Nous ne nous limitons pas particulièrement. Nous utilisons une MPC, des platines, l'ordinateur, des sampleurs. Nous tripotons tous ces sons après avoir confectionné un premier squelette textuel. Par la suite, la mise en parallèle du vocal et du musical permet de développer, à travers cette interaction, la base de nos morceaux.

Vous apportez une nouvelle pièce à l'édifice Hip-Hop. Quelle direction comptez-vous prendre après votre premier album, Ceci n'est pas un disque ?
Nous essayons de rechercher un son plus froid, plus électronique. Nous tentons également de créer une véritable adéquation entre voix et musique, pour créer un véritable bloc. La voix doit devenir un véritable instrument de musique. Nos textes seront, je l'espère, plus neutres, moins littéraires. Certains textes de chansons ressemblent tant à des copies de "Terminal L", et ça, nous avons toujours chercher à l'éviter ! Nous ne souhaitons pas non plus être différents pour être différents. Nous cherchons juste à avoir du recul par rapport à l'écriture du dernier album, à être encore plus honnêtes.

Comment vous perçoit-on à l'étranger ? Quel accueil vous réservent publics et professionnels ?
Cela dépend des endroits. Il est vrai qu'être sur Big Dada nous ouvre beaucoup de portes et nous permet de voyager, d'être "attendus". Nous avons eu par exemple un accueil superbe au Japon, où le public connaissait notre album. En Allemagne, cela a été un peu plus difficile... Nous serons la semaine prochaine à New-York, où nous ferons une petite salle... et nous attendons cela avec impatience !

Enfin, pour finir... Une drogue préférée ? Tabac, alcool, café compris...
Pour moi, c'est les baskets !!!












1 : Teki Latex & Dj Detect (Gravité Zéro)

2 : Teki Latex,James Delleck, Le Jouage, Dj Detect (Gravité Zéro)
3. TTC



plus d'infos : Big Dada

07/10/2003
Mounir Salmi & Greenfinger


articles nancy jazz pulsations 2003
retour reportages TNC