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Un concert d'adieux


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UN CONCERT D'ADIEUX

  

Pour le concert de Nouvel An, certains se rendent à Vienne en Autriche, d'autres à Venise ou Paris.

Invitée par un jeune couple de Vosgiens résidant à Vandœuvre, deuxième ville de Meurthe-et-Moselle, j'ai pris la route de Moyenmoutier, près de Saint-Dié-des-Vosges, le dimanche 15 janvier dernier, pour assister au premier concert de Nouvel An donné par l'Entente Musicale Etival Moyenmoutier.

Sylvie et Stéphane THIERY, nos deux jeunes Vandopériens, membres de l'harmonie depuis de nombreuses années, donnaient leur concert d'adieux. En effet, pour des raisons professionnelles, ils ont dû quitter leurs Vosges natales, l'une travaillant à Neufchâteau et l'autre à Metz. Ils sont par ailleurs les heureux parents d'une petite Chloé, née quelques jours avant Noël. On comprend alors que se rendre chaque semaine à Etival Clairefontaine pour participer aux répétitions commençait à devenir très compliqué. C'est donc après mûre réflexion et maintes tergiversations qu'ils ont décidé d'arrêter leur activité musicale.

 

L'Entente Musicale Etival Moyenmoutier, composée d'une harmonie et d'une batterie fanfare, est née en 1972 de la fusion du groupe de chaque commune avec la création à Etival Clairefontaine d'une école intercommunale de musique.

Très rapidement, l'harmonie fanfare s'est développée, comptant plus de soixante musiciens, et a participé à toutes les cérémonies patriotiques organisées sur les deux villes en présence des personnalités de la Région ainsi qu'à de nombreux défilés dont le fameux défilé de saint Nicolas à Nancy.

Aujourd'hui, les 45 musiciens et musiciennes (avec une nette majorité féminine) se dirigent vers les concerts en salle, église ou kiosque. L'harmonie est constituée de trompettes, saxophones, clarinettes, flûtes traversières, basses, contrebasses, trombones et un hélicon. Quant à la batterie, elle compte des tambours, grosses caisses, cymbales, clairons, trompettes de cavalerie et cors de chasse.

 

Basée sur le bénévolat, l'Entente Musicale Etival Moyenmoutier connaît actuellement des difficultés dans le recrutement de jeunes musiciens, malgré la volonté du Président, Monsieur Guy CLAUDEL, de renforcer l'amitié créée lors des cours et répétitions par des sorties extra musicales où tous se retrouvent sans instrument pour quelques heures de détente.

Lorsque j'arrivai, la Salle Polyvalente de Moyenmoutier qui peut accueillir trois cents personnes, était déjà bondée. Je trouvai une place sur un des bancs de secours installés le long des murs.

Les musiciens, au nombre de quarante-cinq, moins quelques absents atteints par la gastro-entérite qui sévit actuellement, prirent place sur l'estrade. Tous vêtus d'un pantalon (et quelques très rares jupes) noir, chemise blanche, gilet et nœud papillon bordeaux assortis, ils avaient la mine radieuse des gens heureux de faire plaisir. Ce premier concert de Nouvel An était en effet gratuit et le public n'avait  pas boudé l'invitation des artistes.

La première partie du concert, consacrée à la musique militaire, emplit la salle du son des trompettes, clairons et tambours. Les spectateurs, manifestement enchantés par la prestation des musiciens, applaudissaient avec frénésie après chaque morceau.

Durant l'entracte de quinze minutes, du vin chaud et d'autres boissons nous furent proposés.

Puis le concert reprit. Cette seconde partie, tournée vers le classique, le jazz et la variété française et internationale, commença avec un morceau intitulé Bugle Riff, dans lequel les instruments à vent se taillaient la part belle.

Stéphane THIERY prit le micro pour annoncer son départ et celui de sa jeune épouse. Visiblement ému, il invoqua les raisons professionnelles de leur décision et proposa, à l'occasion de ce dernier concert, un morceau spécialement étudié, lui à la guitare et elle à la basse.

Le programme se poursuivit avec des mélodies célèbres comme My Way ou un pot pourri d'airs américains mondialement connus et regroupés sous l'appellation Marching through América.

 

Le concert officiel terminé, alors que les musiciens, tous bénévoles, venaient de jouer pendant plus d'une heure et demie, le public n'entendait pas les laisser partir aussi vite. Les applaudissements, scandés pendant plus d'une minute, rappelèrent les artistes sur scène. Fatigués mais visiblement heureux de ce succès, ils nous offrirent un dernier morceau de choix puisqu'il s'agissait de la fameuse musique du très réputé film Exodus.

 

Tandis que les musiciens rangeaient leurs instruments et s'apprêtaient à empiler les chaises pour remettre la salle en état, Guy CLAUDEL me confiait son souhait de mieux faire connaître l'harmonie en participant à des manifestations hors du département des Vosges.

Je fais donc passer le message : si vous souhaitez une animation musicale dans votre commune, n'hésitez pas à me contacter ; je vous mettrai en contact avec Monsieur CLAUDEL. 

En outre, deux concerts sont d'ores et déjà programmés : le samedi 6 mai à Moyenmoutier et le samedi 13 mai à Etival Clairefontaine.

Entretien avec Sylvie et Stéphane THIERY

I.C. :    Stéphane, on te voit sur cette photo en habit de défilé. Tu étais très jeune ! A quel âge peut-on commencer la musique et intégrer l'harmonie ?

Steph : Oui, j'avais une dizaine d'années ! On peut commencer l'école de musique dès la deuxième année de maternelle. Selon l'instrument et le travail fourni, un élève peut rapidement intégrer l'harmonie. J'ai commencé à apprendre le clairon à l'âge de huit ans et demi et dès l'année suivante, j'étais dans les rangs de la batterie fanfare. Ça fait donc plus de vingt ans que je faisais partie de l'harmonie. Evidemment, pour un trompettiste ou un saxophoniste, l'apprentissage est plus long car il faut apprendre le solfège : il faut donc compter deux à trois ans de travail avant de pouvoir rejoindre l'harmonie. Pas besoin de savoir le solfège pour jouer du clairon. On joue à l'oreille, c'est ça l'avantage.

I.C. : Que représente l'Entente Musicale pour vous deux ?

Steph : Cela a toujours représenté un moment de détente avec les copains. Nous étions une famille. On passait 40% du temps à jouer et 60% à se retrouver et être ensemble, tout simplement. On se retrouvait, grands et petits, tous les vendredis de 20h à 22h pour les répétitions.

I.C. : C'est à la musique que vous vous êtes rencontrés ?

Sylvie : C'est grâce à la musique.  Mon père faisait déjà partie de l'Entente Musicale.

Steph : Oui, c'était un copain malgré la différence d'âges. J'allais parfois chez lui… Je me suis donc lié d'amitié avec ses deux enfants… Puis je suis devenu le professeur de clairon de Sylvie !

Sylvie : On a alors défilé ensemble.

Steph : J'ai été prof de clairon pendant deux ans et j'ai donc enseigné le clairon à Sylvie pendant un an ainsi qu'à quatre autres élèves.

I.C. : Mais alors, même si la connaissance du solfège n'est pas obligatoire, il faut malgré tout prendre des cours pour jouer du clairon ?

Steph : Bien sûr ! il faut apprendre le rythme et le mouvement des lèvres. Mais le clairon reste un instrument accessible à tous.

 I.C. : A combien de manifestations avez-vous participé ?

Steph : Beaucoup ! euh… avec une moyenne de trente sorties par an… ça fait… euh… beaucoup, vraiment beaucoup. Entre les cérémonies officielles du 8 mai, du 14 juillet, du 11 novembre, les commémorations diverses auxquelles viennent le député, le général des armées, etc., presque tous nos week-ends étaient pris.

I.C. : Oui, mais ce ne sont pas des concerts…

Steph : Non, mais pour moi, c'est aussi important voire plus. Quand on voit les VIP présents, ça fait flipper parce que les subventions viennent de là ! Un concert de Nouvel An, à côté, c'est de la rigolade !

I.C. : Quelle est la moyenne d'âge de l'harmonie ?

Steph : Entre 1994 et 2001 qui représentent pour moi les meilleures années de l'harmonie fanfare – nous avions alors un très bon niveau et une super ambiance – la moyenne d'âge était aux alentours de vingt ans. Nous étions une bonne bande de jeunes. Tout le monde a fait des études et aujourd'hui, on est tous un peu éparpillés. Certains sont en Allemagne, d'autres à Belfort, Besançon, etc. L'effectif a fortement baissé.

 I.C. : Avez-vous l'intention d'inscrire Chloé dans une école de musique ?

Steph : Je ne ferai pas comme certains parents qui forcent leurs enfants à faire de la musique ou un sport parce qu'eux-mêmes en ont fait ou au contraire n'en ont pas fait et veulent réaliser un vieux rêve au travers de leur fils ou de leur fille.

Sylvie : On le lui proposera, mais c'est elle qui choisira.

I.C. : Pour qu'elle sache si elle aime ou non, il faut bien l'inscrire à une activité pour essayer…

Steph : Ça se voit. De toute façon, je ferai encore de la musique à la maison. Je jouerai toujours de la guitare. Donc elle sera en contact avec l'instrument et la musique.

Sylvie : Si ça ne l'intéresse pas, on ne la forcera pas. (gazouillis de Chloé …)

Isabelle Chalumeau (écrivain public)

ZAZ-ECRITOIRE

BP 30125

54715 LUDRES

Tel : 06.70.35.05.76

e-mails : ichalumeau@free.fr et isabelle.chalumeau@wanadoo.fr

Sites :    www.toutnancy.com/toutecrire et http://ichalumeau.free.fr