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AUTUN : voyage culturel organisé par l’Association sportive et culturelle de Saulxures-les Nancy

Christine MILLET, animatrice de la section Histoire de l'art de l'ASCS (Association sportive et culturelle de Saulxures-les-Nancy), avait proposé, avant la fin de l'année 2005, un voyage à Autun à ses élèves avec conjoints et amis. C'est donc en tant que « pièce rapportée » que je pus participer à ce week-end en Bourgogne.

Ce samedi 18 mars 2006, il fait encore nuit et froid lorsque le car démarre avec une quarantaine de passagers – dont une grande majorité de femmes ! – à son bord. Après une pause de trois quarts d'heure à Langres pour prendre le petit déjeuner, nous regardons dans le car un film sur l'art romain. Arrivés à Autun à 11h00, nous envahissons l'hôtel La Tête Noire. Puis chacun dispose d'une heure de liberté jusqu'au déjeuner. Après un repas de produits de la mer arrosé pour certains d'entre nous d'un excellent bourgogne blanc, nous partons en car à la découverte de la ville d'Autun, chef-lieu d'arrondissement de Saône-et-Loire, située entre Chalon-sur-Saône et Nevers et qui eut en 1788 Talleyrand pour évêque.

En l'an 52 avant J.-C., César, battu à Gergovie par Vercingétorix, gagne de justesse la fameuse bataille d'Alésia et capture le chef gaulois. La victoire romaine est alors aussi difficile à supporter par les Gaulois que l'occupation allemande par les Français en 1945.

Installé à Bibracte, capitale des Eduens, César conseille de construire une ville nouvelle à proximité, pour faire comprendre aux Gaulois que les temps ont changé. Les Eduens  étaient en relations avec les Romains et furent les premiers à entrer dans le Sénat  romain.  Ainsi naît en l'an  15 avant J.-C. la ville fondée par l'empereur Auguste et qui prend son nom : Augustodonum.

Comme toutes les villes romaines, Autun est bâtie sur un terrain plat et vierge de 200 hectares entouré de 6 km de remparts. Le cimetière est implanté à l'extérieur des remparts car on avait peur que les morts viennent troubler la tranquillité des habitants… A cause de la forme de la colline, le carré initial s'étend en losange. La ville a été construite à l'ombre de la colline, comme cela était l'usage dans les pays méditerranéens, et qui prive encore aujourd'hui les Autunois de la chaleur du soleil quand celui-ci daigne se montrer !…

Augustodonum devient rapidement l'une des plus grandes villes de la Gaule romaine. Par des exonérations d'impôts, on invite les populations à quitter Bibracte pour venir à Autun, vivre à la manière des Romains et parler latin. Les aristocrates gaulois s'installent volontiers dans cette nouvelle ville car ayant poursuivi leurs études à Rome, ils en connaissaient la langue. Les petites gens en revanche, plus rétives, ne quitteront Bibracte pour Autun que vingt ans plus tard.

Le temple de Janus

L'un des plus anciens dieux de la mythologie romaine, il est le gardien des portes dont il surveille les entrées et les sorties. Il est représenté avec deux visages opposés qui évoquent les deux faces d'une porte.

Avec 16 mètres de large et 24 mètres de haut, le temple de Janus équivaut à un immeuble de huit étages. La pierre est de petite taille, en forme de brique.

De forme gauloise, il présente des niches et des trous de forme carrée pour insérer les poutres qui soutiennent la galerie.

Deux pans de murs perpendiculaires subsistent. En revanche, il ne reste aucune statue ni inscription ni objet votif.

Portes, amphithéâtre et Grand Séminaire

La ville comportait quatre portes.

La Porte d’Arroux ne fut jamais restaurée, mais elle ne fut pas non plus détruite car elle ne gênait pas la circulation. La Porte Saint André (photo) est située à l’est.

L’amphithéâtre pouvait contenir 40.000 personnes. Il a disparu lors de la construction du Grand Séminaire et du théâtre.

Le toit du Grand Séminaire (XVIIe siècle) aux tuiles dorées comporte deux losanges où s’inscrivent les deux lettres G et S.

A la fin du XIXe siècle, il devient un lycée militaire qui prépare au concours d’entrée à Saint-Cyr. Encore aujourd’hui, les élèves vêtus d’un uniforme sillonnent les rues de la ville.

Le musée Rolin

 

Nicolas Rolin, natif d'Autun, a fondé les Hospices de Beaune.

Au milieu du XVe siècle, alors que la population souffre des conséquences de la Guerre de Cent Ans, Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne Philippe le Bon, et son épouse Guigone de Salins, décident la construction d'un hôpital pour accueillir malades et déshérités. Le succès de cette institution pieuse est malheureusement à la hauteur de la misère qui sévissait alors. Nicolas Rolin acquiert rapidement la réputation d'humaniste et mécène.

Le musée dont il est question est tout simplement la maison natale de Nicolas Rolin.

 

Mosaïque trouvée dans une habitation.

Epona, déesse celte protectrice des chevaux, fut adoptée par les Romains car ils n’avaient aucune divinité de ce genre.

Pilier aux quatre dieux qui servait de support à l’autel.

Flacon à parfum (IIIè – IVe siècle). Le verre est précieux car rare. Aucune vaisselle en argent n’a été retrouvée. On suppose que les populations en fuite l’ont emportée.

La tentation d’Eve (1130). Sculpture à l’horizontale par Gislebertus et détruite par les chanoines du XVIIIe siècle. On voit Eve s’apprêtant à cueillir la pomme. Le diable, sous la forme du serpent, penche la branche pour l’aider. Eve chuchote à Adam qui doit se trouver de l’autre côté.

Saint André, dans la crypte de Saint Lazare.

Le Maître de Moulins, tableau d’un artiste formé à l’école flamande datant du XVe siècle. Commandé par Jean Rolin, fils de Nicolas Rolin, devenu cardinal d’Autun. Peint sur chêne, il n’a pratiquement pas été restauré.

La Vierge d’Autun, XVe siècle.

La cathédrale d’Autun

Une première cathédrale dédiée à Saint Nazaire est édifiée au IIIe siècle. Au Moyen Age, les reliques étaient une sorte de machine à laver les âmes et les saints ayant connu le Christ, dans la hiérarchie des saints, lavaient en quelque sorte plus blanc que les autres. Or, à Autun, pas de reliques. En Bourgogne, seules Cluny, Vézelay et Tournus en possédaient. C'est alors que le tombeau de Saint Lazare, évêque d'Arles, est ramené à Autun. Arrivé sur place, il n'est plus question d'évêque d'Arles mais seulement de Saint Lazare. Tout le monde pense donc qu'il s'agit de Lazare, ami de Jésus et ressuscité par lui ! Dès lors, de nombreux pèlerins affluent à Autun. Au XIIe siècle, l'évêque Etienne de Biagé décide la construction d'un autre édifice, la cathédrale Saint Lazare. D'architecture romane, elle est construite à la même époque que l'abbaye de Cluny. Au XVe siècle, la foudre tombe sur le clocher qui est remplacé grâce à de généreux donateurs. La flèche, haute de 45 mètres, a tenu pendant cinq siècles et n'a été restaurée qu'il y a deux ans.

La fuite en Egypte

 

La thématique d’Autun est le combat entre le Bien et le Mal. Les chapiteaux représentent donc cette thématique.

A l’époque romane, contrairement à l’époque gothique, on construit puis on sculpte. Comme le sculpteur travaille sur place, il peut laisser libre cours à son inspiration tout en respectant la commande ; cela explique qu’il n’y a pas deux chapiteaux semblables. Les originaux de ces chapiteaux se trouvent dans la salle capitulaire et des copies sont dans la cathédrale.

Le tympan

 

A la sortie du pèlerinage, le croyant purifié découvrait le tympan, clairement signé Gislebertus, représentant le Jugement dernier avec Saint Michel pesant les âmes. A la gauche du Christ, c’est l’enfer ; à sa droite, le Paradis. Comme on est ici à la sortie d’un pèlerinage, la balance penche à droite car les âmes pures sont les plus nombreuses.

Des anges, aux quatre moins du monde, annoncent le retour du Christ.

 

Sur le linteau, la foule s’avance, les yeux levés vers le Christ. Les autres, sous la balance, ploient sous le poids de leurs péchés.

Au XVIIIe siècle, les chanoines enlèvent le pilier central, décapitent le Christ et enduisent le tout d’un crépi. Les chanoines, qui n’étaient pas des religieux mais des conseillers auprès des évêques, ne vivaient pas en cellule mais en communauté. Ils pouvaient donc avoir du personnel féminin d’âge canonique, soit 49 ans. Au XIXe siècle, encore un chanoine retrouve la tête du Christ dans les combles du musée Rolin, la vole et la remet en place. Un procès s’ensuivit qui dura trente ans. Le jugement précisa que la ville d’Autun prêtait la tête du Christ (patrimoine municipal) à la cathédrale (patrimoine national)…

Dans le quartier de la cathédrale, toutes les rues sont des impasses puisqu’elles mènent aux remparts. Ce quartier est très exactement l’ancien castrum romain qui dominait la ville, avec des coursives pour surveiller les Gaulois, même s’ils étaient citoyens romains !

Après un succulent déjeuner au restaurant Les Ursulines, dans un cadre magnifique, nous reprenons le chemin du retour à Nancy.

Un grand merci à Christine Millet pour l’excellente organisation de ce voyage et aux deux guides autunois, à la fois sympathiques et compétents, pour leurs explications lors de la visite du musée Rolin et de la cathédrale.

Isabelle Chalumeau (écrivain public)

ZAZ-ECRITOIRE

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