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Ouverture de saison au CCAM


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Ouverture de saison au CCAM

Ce jeudi 27 septembre , le Centre Culturel André Malraux offrait une soirée surprenante pour son ouverture de saison. Des micro-chorégraphies par la Compagnie Diasnas, des interventions théâtrales par les Filles d'aplomb, des performances sonores de Live Atome et Trio Lid. Au prime abord, cela peut surprendre car tout se passe au fil de la soirée, tel un parcours initiatique. La foule se mêle au décor et participe à l'ambiance, à moins que cela soit le contraire. On en reste bouche bée et un peu halluciné...

Oh visiteur du soir, si tu t'attendais à t'installer confortablement dans ton fauteuil et assister à un spectacle théâtral, tu as bien fait de passer ton chemin ! Jeudi soir, au Centre Culturel André Malraux (CCAM pour les intimes), tout le monde participait au spectacle. La soirée débute par un accueil fort sympathique avec petites mises en bouche et verres de vin ; cela à l'air d'un vernissage mais que nenni ! Les heures à venir s'annoncent surréalistes. On rencontre du monde, on papote, et soudain, là, au milieu de la foule, un homme et une femme entament une danse langoureuse et sensuelle. La danseuse laisse son compagnon et se rue sur un canapé qui trône au milieu de la pièce, s'installe et tombe dans un autisme déroutant. Soyons désinvolte, n'ayons l'air de rien, continuons à boire notre verre tranquillement. On ne sait pas trop ce qui s'est passé, mais finalement, cela ne nous regarde pas. Et d'un coup, un balayeur à l'aspect plutôt louche nous demande de bien vouloir nous écarter pour le laisser passer parce que là, vous comprenez, il faut qu'il nettoie.
Bizarre, vous avez dit bizarre ? Moi je dis qu'il y a anguille sous roche, voire baleine sous cailloux, au choix, mais en tout cas, je trouve qu'il y a des gens vraiment étranges ce soir. Et puis des gens bien intentionnés, quoique surtout moqueurs, m'informent que c'est normal, c'est le spectacle...

Ok, résumons... Donc on arrive, on se sert un verre comme tout bon pique-assiette qui se respecte et on déambule dans le CCAM. Moultes choses composent les décor, plus surprenantes les unes que les autres. Errons, errons, mais ne cherchons pas à comprendre de suite. Dans un coin, une femme, tout de blanc vêtu et semblant envoûtée, danse sous une moustiquaire.

Tout au long du parcours, vestes et manteaux sont accrochés aux murs. Sur chacun d'eux une étiquette porte une inscription comme "Je sens bien que vos yeux me regardent mais que vous n'osez rien me dire" ou "Quand je ferme mes yeux, je sens votre souffle". Plus loin des cabines ; on aimerait bien voir ce qu'il y a à l'intérieur, mais on n'ose pas. Curiosité malsaine ou curiosité naturelle ?

Et puis des installations diverses tel un caddie, une guitare entreposée dans un coin, une batterie, une machine à écrire abandonnée à côté de laquelle repose un cendrier... un univers semblant habité mais le problème est qu'il n'y a absolument personne à part les visiteurs qui semblent tous rechercher quelque chose sans savoir quoi exactement. On observe, on fouine, on s'interroge. Comme celà sort de l'ordinaire, forcément ça énerve. Il y a bien sûr ce balayeur maniaque qui revient sans cesse et ces danseurs bizarres qui nous font un show improvisé et qui repartent sans mot dire en nous laissant sur notre faim


Enfin, comble du comble, en fin de circuit, une bâche en plastique qui vue de loin ne laisse rien supposer, titille pourtant note curiosité nous poussant à aller voir. Des trous dans le rideau nous permettent de regarder et plus précisément d'espionner ce qui se passe derrière. Un décor minimaliste nous indique que nous sommes dans un appartement ; une vidéo projetée sur le mur représente des scènes de vie quotidienne d'un couple. Le visiteur est piégé, trahi par son voyeurisme.

Maintenant plus de complexe, entrons dans le jeu. Les courtes improvisations des danseurs et acteurs, au sein même de la foule, deviennent un jeu aussi bien pour le spectateur que pour les artistes. Cela ne dure pas longtemps, mais quand ça s'arrête, on s'inquiète. Où et à quel moment va avoir lieu la prochaine intervention. Vont-ils me prendre à partie ?
Toute cette manifestation nous offre le spectacle d'une vie intime. On est venu pour visiter mais on a l'impression de nous incruster dans l'univers des acteurs. On se mêle à leur vie et ils s'offrent à nous, se dévoilent sans complexe. Les gestes et la musique investissent les lieux, la parole n'étant réservée qu'aux spectateurs qui s'interrogent. Investissent-ils notre environnement ou nous le leur ? That is the question !

Dernière grande surprise... A force de déambuler dans les locaux, on commence à sentir la fatigue. Un concert est annoncé dans l'une des salles, quelle aubaine. L'occasion d'aller s'asseoir confortablement dans des fauteuils moelleux et de se reposer un peu avant de retrouver la foule. Sur la scène, les deux musiciens de LIVE ATOME sont enchevêtrés dans les câbles de leur matériel. Ils ont l'air sympathique les virtuoses et très disposés à nous offrir un moment d'intermède musical. Pour la suite, nous vous laisserons vous rendre compte par vous-mêmes car nous ne voulons pas prendre le risque de nous méprendre dans la desciption du concert. Et nous déclinons toute responsabilité en cas d'éventuelles explosions de tympans ! Plaisanterie mise à part, disons simplement que ce duo d'électro-formaticiens fait dans la performance musico-technologique. Sons abracadabrantesques ( /////@@@^^//;;?? >### )se succèdent allègrement pour une demi-heure de "Rencontres du Troisième Type". Pour ceux qui seraient un chouia sensible des noreilles, s'abstenir ! Quoique...on s'y fait finalement.

 
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Soirée expérimentale, surréaliste, originale, décalée, hallucinante, c'est au choix. Nous, on ne sait plus trop d'ailleurs. Quoiqu'il en soit, nous conseillons fortement d'aller découvrir ces performances d'artistes qui révolutionnent la culture de nos ancêtres. C'est notre avenir ; nous pourrons dire à nos enfants que nous y étions. Il faut se mettre à la page...




Les Artistes


LES CABINES

La compagnie d'Hervé Diasnas propose une série de micro-chorégraphies, que nous retrouverons tout au long de la saison. Ces cabines de danse mettent en jeu et en lumière une partie du corps. Danses de mains, de pieds, de bouches... Ils seront présents en préambule de certains spectacles, le 26 octobre, les 6 et 13 novembre, le 7 décembre, le 18 janvier, le 26 février, les 5 et 22 mars et le 13 mai.

 

LIVE ATOME
Le duo très "plugged" composé des électro-formaticiens Mathieu Chamagne et Franck Collot sera lui aussi de la partie, pour une performance où la cleptomanie sonore sera de mise. Les rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte sont pour le 27 novembre, le 19 décembre, le 29 janvier et le 26 avril.

 

A CORPS QUOTIDIEN
Les filles d' aplomb s'installent au CCAM : pour l'occasion elles habillent le lieu d'univers plastiques, sonores, visuels et chorégraphiques.
A corps quotidien prend ses aises et ce n'est plus simplement un spectacle que vous venez voir. Les habitants provisoires, danseuses acoustiques et musiciens mobiles mettent les spectateurs dans une situation de proxmité les plongeant ainsi dans la réalité du récit, sans faux-semblant, sans masque. Vous déambulez d'un espace à un autre, d'une vie à une autre, de eux à vous. Les autres interventions sont prévues les 19 et 20 janvier, lors des représentations de "Sur une chaise renversée" de la compagnie "3X6X30".

 

TRIO LID
Trio Lid est une formation fondée en 1998 dans les escaliers d'un hôtel pyrénéen. A la lumière de lampes de chevets, Isabelle Duthoit, David Chiesa et Laurent Dailleau jongleront avec la confusion, la fusion, l'exclusion des timbres et des rythmes, sans s'interdire ni le bruit, ni la mélodie.


Julie Marchal