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L'endurance équestre :


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L'endurance équestre :
la passion du cheval et de la nature


Ce n'est plus un secret pour personne : les loisirs de pleine nature ont le vent en poupe depuis quelques années. Les adeptes du VTT, de la randonnée, du ski de fond, entre autres activités, sont de plus en plus nombreux. Même la course d'orientation, discipline longtemps confidentielle, voit le nombre de ses pratiquants augmenter. Le milieu du cheval n'a pas été épargné par la recherche d'une pratique plus proche de la nature, dans un milieu le moins aménagé possible, tout en conservant sa spécificité.


Les cavaliers, dès lors qu'ils ne sont plus débutants, sont de plus en plus nombreux à ressentir l'envie de partager avec leur monture, cette sensation de liberté. Une concurrente anonyme d'une épreuve d'endurance n'a-t-elle pas déclaré : "Mon rêve, c'est de chevaucher dans les grands espaces du Wyoming".
L'endurance équestre offre aux passionnés du cheval une alternative aux pratiques équestres traditionnelles telles que le saut d'obstacles, le dressage...
Comme en témoigne Gérard Rongeot, personnage incontournable de ce sport : "C'est un formidable moyen d'accéder à la compétition, éventuellement de haut-niveau, en prenant son pied dans la nature".
Ne nous méprenons pas, il s'agit bien là d'un sport de compétition à part entière.

 




 

 


Groupe de cavaliers

En revanche, il est possible de débuter en compétition à un âge certain. La maturité permettrait de supporter plus facilement les efforts de longue durée. Les jeunes auraient tendance à démissionner plus facilement (mais ce sont les aînés qui le disent !). L'endurance équestre est bien en pleine évolution en France. En 1985, on donnait le départ à 1500 compétitions. En 2000, on en comptera 15 000 ! Peu de sports peuvent afficher une telle croissance. Dans le même temps, soit une quinzaine d'années, les pratiquants se sont rassemblés et l'endurance s'est structurée. Elle est désormais intégrée dans le Comité National des Raids Équestre d'Endurance (C.N.R.E.E) qui gère toute l'endurance en France pour le compte de la Fédération Française d'Équitation.
On le voit, les cavaliers d'endurance sont loin de l'image d'Épinal du cow-boy au soleil couchant.
D'ailleurs, les épreuves se sont placées sous haute surveillance vétérinaire. Le rythme cardiaque, la récupération après l'effort, l'allure générale sont mesurés et tout symptôme de fatigue conduit à l'élimination.


Alice Hoffman, jeune cavalière

Contrôle vétérinaire

La passion n'attend pas

Ceci n'entraîne d'ailleurs jamais de contestation de la part du cavalier tant celui-ci est respectueux de son cheval. Le passage périodique pendant et après la course dans l'enclos vétérinaire ("la Vet-Gate") est si prépondérant que certains stages forment les cavaliers à la présentation de leur cheval au contrôle.



Mais, l'endurance équestre ne se résume pas à un planning de mesures. Elle est bien plus que cela. Il y a dans ce sport ce quelque chose qui fabrique des passionnés. Des "mordus" capables d'embarquer dans l'aventure toute la famille qui souvent se prendra au jeu et deviendra l'assistance du cavalier en course.
Valérie Parisot, vainqueur d'une course de 90 km courue près de Nancy explique : "L'endurance, c'est ma quête personnelle". Et elle parle à ses chevaux, comme elle le ferait à des amis. "Après ma famille, ce sont eux les plus importants".

 

 

Gérard Rongeot : pur passionné

Gérard Rongeot est la "figure de proue" de la course d'endurance en France. Nous lui avons posé quelques questions sur sa carrière de compétiteur ainsi que sur son activité de responsable ; toutes deux intimement liés à l'évolution des courses d'endurance en Lorraine (sa région d'origine) et en France.

Gérard Rongeot, quand et comment avez-vous débuté l'endurance équestre ?
>>> J'ai commencé à l'âge de 35 ans. A l'époque, je finissais les championnats de France de catamarans en Hobbie 16 et j'ai adhéré au cheval d'endurance comme d'autres l'ont fait avec le V.T.T ou le ski de fond. Ce sport est un formidable moyen d'allier la randonnée et la compétition.

Il a donc fallu que vous achetiez un cheval ?
>>>
J'ai débuté avec un cheval. Il m'a rendu d'énormes services tant que je participais à des courses de 20 et 40 km. Lorsque j'ai accédé au niveau supérieur, je me suis aperçu que je ne pourrais pas enchaîner les courses avec une seule monture. J'ai donc acheté un deuxième cheval. C'est à ce moment-là que mon épouse s'est mise à courir également. En 1990, nous nous sommes retrouvés à courir tous les deux des courses nationales. Il nous fallait donc deux chevaux chacun. En effet, il faut savoir qu'après avoir participé à une longue épreuve, un cheval ne court plus en compétition pendant quatre à six semaines.
De fil en aiguille, notre écurie a compté jusqu'à dix chevaux. Aujourd'hui, nous en possédons six dont trois courent en National. Deux juments décrochent cette année pour faire des poulains. Une est dans le Morvan et l'autre en Bretagne. Je récupérerai les poulains à trois ans et les agriculteurs qui les hébergent garderont les juments. Je possède également une autre femelle que l'on va débourrer cet automne.

Parallèlement à votre carrière de compétiteur, vous avez mené une activité d'organisateur.
>>>
Lorsque j'ai commencé la compétition en 1985, je me suis aperçu qu'il n'y avait pas de course d'endurance en Lorraine. J'ai donc décidé d'être à la fois compétiteur et organisateur. Dès 1995, j'ai organisé la première course au Lycée Agricole de Pixérecourt dans la banlieue nancéienne. Puis j'ai trouvé des copains qui ont accepté, dans les Vosges, en Moselle, dans la Meuse, de mettre sur pied d'autres épreuves. Et aujourd'hui nous présentons quinze compétitions par an en Lorraine. En même temps, suite à la structuration de la discipline, il a fallu organiser les régions et je me suis retrouvé Président Régional.
Il y a cinq ans, lors d'élections nationales, j'ai accepté un poste au Comité Directeur de l'Endurance.
Pour finir, début année 2000, après divers événements qui ont touché le monde équestre en général, de nouvelle élections ont fait de moi le Vice-président du Comité National des Raids Équestres d'Endurance.
A ce titre, j'ai deux missions : la communication et l'organisation des grandes épreuves nationales et internationales.

Quel est votre avenir en tant que compétiteur ?
>>> J'ai 53 ans et il me semble, encore un peu de temps devant moi. J'étais encore en compétition en Normandie et dans le Périgord récemment. Je participe au Championnat de France sur 160 km et j'ai effectivement un certain nombre de bonnes places à mon actif notamment quatrième à Florac et à Morlaix sur des courses de 160 km.


Pour tout renseignement, contacter le CNREE :
02.96.49.50.03

 

Reportage réalisé par Gilles Lamboulé