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Marie-Jasmine LOUISE, élève de Pierre Dufou




Marie-Jasmine LOUISE, élève de Pierre Dufour


artiste peintre d'origine mauricienne

Marie-Jasmine LOUISE : élève de Pierre Dufour

 

 

Lorsqu'on voit pour la première fois un tableau de Marie-Jasmine, on ne peut rester indifférent. On adore ou on déteste. Quand on rencontre l'artiste, son rire subit, énorme et tonitruant vous enveloppe et vous submerge comme ces vagues de l'océan qui borde les rives de l'île Maurice dont elle est originaire. Quand on discute avec elle, on est d'emblée frappé par le sérieux de son discours et la profondeur des propos qu'elle exprime dans un langage coloré.

 

« J'ai commencé à peindre à l'âge de 40 ans à l'Atelier Delta à Nancy. A l'époque, je n'allais pas très bien. Alors que j'étais là juste pour voir, j'ai rencontré un homme qui a mis des modèles à ma disposition. Mais je ne pouvais pas reproduire. Si je commençais à peindre, je voulais mettre mes émotions sur la toile, non pas copier un tableau existant. Il n'a émis aucune réticence et j'ai donc commencé à peindre comme ça.

Je suis arrivée en France en 1982, mais la vie ici a commencé pour moi du jour où j'ai débuté en peinture. »

 

Puis elle a rencontré Pierre Dufour, peintre et Président du Cercle des Arts de Laxou, il y a quatre ans, à l'occasion d'une exposition d'un peintre africain. Elle a rejoint le groupe des élèves qui suivent ses cours chaque samedi dans une salle du CILM (Centre Intercommunal Laxou-Maxéville).

« J'avais beaucoup de choses à exprimer sur mes toiles et Monsieur Dufour m'a beaucoup aidée à mettre de l'ordre dans mes idées. Il me guide dans l'expression de mes émotions.»

 

En sept années de pratique, Marie-Jasmine a réalisé un grand nombre de toiles et participé à de nombreuses expositions.

 

 

 Fille du soleil - Premier tableau à l'acrylique réalisé en une séance de trois heures.

« Je me suis peinte moi-même, à ma façon. Cela m'a plu et j'ai décidé de continuer à peindre. »

 

 

 L'émigrée - Première peinture à l'huile.

« C'est quelqu'un qui vient d'arriver et qui a besoin de protection. Je ne peux peindre bien que ce que j'ai vécu moi-même. »

 

 

 Le collier - Premier tableau réalisé au sein du groupe du Cercle des Arts.

« L'inspiration m'était venue d'un article lu dans un magazine.

Pour moi, cette femme d'une quarantaine d'années se posait des questions, sur l'amour et la vie en général.»

 

 

 Tendresse - Premier tableau au pastel.

« Je sais que ce tableau n'est pas bien fait, mais je l'aime beaucoup quand même.

Je me retrouve dans ce portrait.»

 

 

 Le couple - Pastel

 

 

 La lumière intérieure - Huile avec matières (toile de jute et papier)

« C'est la personne que chacun porte en soi. »

 

 

 La dame en bleu - Huile

« Pour moi, ce tableau veut dire beaucoup de choses. En France, les gens sont choqués

par cette femme sans cheveux.

Ici, on n'aime pas ça et on m'en fait souvent la remarque. On me dit qu'elle est malade.

Je pense que même si elle est malade, elle peut montrer qu'elle est encore belle.

J'ai voulu représenter la force parce que la maladie peut arriver à tout le monde.

Chacun peut le regarder différemment et ressentir des émotions contradictoires.

Personnellement, je n'ai pas voulu montrer le côté malade de cette femme, mais son côté courageux. »

 

 

 L'âme - Huile

« L'une se pose des questions et l'autre rassure. »

 

 

 L'adolescente - Huile

« Cette femme a voulu montrer qu'elle avait vécu des choses importantes dans sa vie.

Elle se montre de dos parce qu'elle n'a pas grandi. C'est un thème qui me tient à cœur. »

 

 

 Illusion  - Huile

« J'aime beaucoup cette toile même si mes compatriotes n'apprécient pas du tout ce style de peinture.

Au départ, je voulais peindre la nature, une montagne. Mais j'ai laissé mon pinceau libre de

s'exprimer et la montagne est devenue une femme. En bas, c'est de l'eau. Et l'œil qui regarde

– et que l'on retrouve dans plusieurs de mes tableaux – n'est pas vicieux ni malveillant.

Il n'est pas curieux non plus et il ne porte aucun jugement. C'est une simple présence et une protection.

Peut-être est-ce un parent ou un signe religieux. L'expression de ma foi dans ce regard divin. »

 

 

 Le grand calme - Huile

« C'est l'endroit paisible où j'aimerais aller me reposer. »

 

 

 La soif - Huile

« J'aime beaucoup le symbolisme. »

 

 

 Inspiration - Huile d'après Frida Kahlo

« J'aime beaucoup Frida Kahlo ; elle m'inspire énormément.

J'admire cette femme peintre mexicaine qui est mon artiste préféré. »

 

 

 Le divorce - Huile

« J'ai représenté à mes côtés ma fille avec des traits de garçon parce qu'elle représente tous mes enfants.

J'ai peint ce tableau au cours de mon divorce pour dire à mes enfants que je ne divorçais pas d'eux

et que je les aimais toujours. »

 

 

 La petite sœur - Huile

« J'ai voulu peindre ma petite sœur telle que je la ressens pour lui dire combien je la trouve belle. »

 

 

 L'adoption - Huile 

 « Sur cette toile, on dirait que la femme rejette son enfant. Ce n'est pas cela,

parce que j'aime beaucoup les enfants. Mais j'ai voulu dire qu'avoir un enfant

n'est pas simple. Il faut le désirer. Les femmes qui ne peuvent pas engendrer

ont pour moi autant de valeur que celles qui ont procréé. Cette femme aime

son enfant, même s'il n'est pas sorti de son ventre. J'ai eu des critiques sur ce

tableau ; on me reprochait d'avoir détourné la tête de la mère alors qu'elle

aurait dû au contraire couver son enfant du regard. Ce que j'ai voulu exprimer,

c'est la douleur de la femme qui n'a pas pu mettre son petit au monde. »

 

 

 

Marie-Jasmine Louise, qui n'a cessé, au cours de notre entretien, de me parler de la France, ce pays qui l'a adoptée sans jamais lui faire sentir son appartenance étrangère, accompagne ses propos d'une grande profondeur et d'une grande sensibilité d'éclats de rire. Si la vie n'est pas toujours simple, comme elle aime à le rappeler, elle n'en est pas moins belle et gaie pour cette artiste un peu paradoxale, partagée entre ses origines qu'elle ne renie pas et son pays d'adoption qu'elle adore. Son grand regret est que sa peinture ne soit pas appréciée à l'île Maurice. C'est dommage car, même si certaines toiles de Marie-Jasmine dérangent, sa peinture vaut qu'on se déplace dans les nombreuses expositions auxquelles elle participe. C'est d'ailleurs parce qu'elles dérangent que ses toiles ne laissent pas le visiteur indifférent.

 

 

  

 

   Isabelle Chalumeau (écrivain public)

   ZAZ-ECRITOIRE

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