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Gérald GENTY


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GERALD GENTY

 

Le plus grand chanteur de tout l'étang

 

Son album est sorti le 2 octobre, il sera en concert au caveau des Trinitaires

à Metz le 11 octobre 

 

Il était une fois un mec bâti comme un surfeur en tongs qui trahit parfois sa piscine où nous l’avions connu comme chanteur, pour aller taquiner la vague et qui, en humble héros de la glisse, a réussi à surfer sur la crête de la renommée sans provoquer cette lame de fond showbiztique qui l’eût peut-être englouti trop vite. Voyez-vous l’homme a du souffle, le chanteur fait de la résistance.

Son lancer de disque date de 2004 et depuis on n’a guère arrêté de parler de lui. Il est arrivé en hélicoptère sur toutes les scènes de France et de Navarre pour faire son show qui restera dans les annales du postérieur de la postérité. Gérald Genty est une bête de scène. 

Ses petites chansons, pas encore grandes, ont tout de même su séduire le cœur des filles et des garçons qui savent aimer les vraies chansons, avec des vrais textes dedans, avec de l’humour en veux-tu en voilà  et même des jeux de mots qui font splash quand il les chante.

 

Boby Lapointe, c’est le nom d’une influence inconsciente que notre chanteur à nous pourra toujours découvrir plus tard, parce que voyez-vous Gérald Genty a d’autres soucis dans sa vie d’homme presque célèbre. Il aimerait bien que l’on sache une fois pour toutes que son prénom c’est Gérald, pas Gérard. Et c’est vrai qu’une telle nuance est importante. Imaginez si l’on se mettait à appeler Donald Donard, la honte ! Et bien lui c’est pareil. La célébrité ça vous pousse un chanteur à faire le point et pour le même coup à évoluer. Le sportif, originaire de Belfort, mange toujours du lion…

 

Pour ceux qui avaient raté l’épisode précédent, c’est à Belfort que le lion dort tous les soirs. Bref, Gérald Genty revient avec quatorze nouvelles chansons  loufoques dans l’apparence mais beaucoup plus Genty dans le style, et bien moins gentilles dans leurs vérités intimes. L’insoutenable légèreté de l’être est presque une qualification trop aisée pour celui qui en toute circonstance semble vouloir attraper la vie par son coté joyeux, parce que « Plaire » est une sinécure et parfois une dictature. Voyez toutes ces filles qui veulent s’alléger pour ne devenir qu’une particule élémentaire, se fondre dans l’espace pour ne devenir qu’un corps allégé… quelle tristesse ! Les filles à la diète, finalement, c’est un peu comme ce monde où à force de surveiller toutes ses calories, on perd le poids de sa singularité. Là résident toute la grandeur et la force de ce nouvel album de Gérald Genty. Trouver le sens de la gravité sans perdre pour autant un gramme de cet humour qui muscle encore le corps de la dérision, seul obus contre la morosité ambiante.

Mission accomplie à l’écoute des nouvelles chansons pop de cet archange de la chanson qui sait dire et rire à la fois. Du sens et des sens en éveil, voilà tout le programme de notre chanteur en campagne. Il croque la vie et la pomme pour poursuivre son œuvre de bienfaisance dans un monde qui ne tourne plus dans le bon sens. Il suffit de se rendre à « Istanbul », reine de la Turquie prétendante aux noces avec le prince Europe, pour comprendre que la résistance du Kebab contre l’envahisseur Mac Do est un défi politique à l’acceptation de toutes les différences. L’ennemi est partout. La preuve, l’homme peut obtenir sa Licence to kill et autoriser toutes les boulettes. C’est vrai quoi, nous sommes tous des bombes humaines en puissance puisque avec un sac à dos, une oreillette de téléphone mobile et un fil de baladeur, on peut être un moudjahidine en puissance…

 

C’est un peu cela le nouveau Genty : un buveur de mots à l’humour vache bien plus que méchant. Et puis c’est une nouvelle facette de celui qui ne fait plus drôle comme métier sans le faire exprès. Son vrai truc à lui, c’est aujourd’hui de faire réaliser à celles et ceux qui vont l’écouter qu’il est un docteur en science de la mélodie, un compositeur qui s’y connaît pour tricoter des chansons. Vous me direz : logique pour qui possède un physique de beach boy et qui s’appelle quand même Gérald. Avec ce "l" de différence, l’auteur se dote d’ailes qui l’aspirent toujours vers le haut, quitte à prendre « L’avion » pour surveiller sa dulcinée ou soigner sa jalousie pathologique et quelque peu hormonale. Vue d’en haut, le monde existe et vue d’en bas, en souterrain précisément, Gérald qui aimait les femmes, comme Charles Denner les aimait sous l’œil de François Truffaut, les aime encore davantage dans le reflet d’une vitre de métro.

Gérald a du peps et un certain à-propos pour nous décrire parfois l’évidence de la réalité. Imaginez pour qui habite juste en face de « L’hôpital », qu’il ne se pose jamais la question de savoir pourquoi il ne vivrait pas plutôt en face d’une école maternelle ou même, tiens donc, d’une piscine municipale.

Nous y revoilà. Mais la piscine, finalement, c’est bien trop souvent couvert. Alors qu’un plan d’eau, c’est pas pareil. La mer bien sûr, ou un lac ou même un étang. Tiens c’est bien ça, un étang pour y faire des ronds dans l’eau, des jeux de mots où Ferrari et Sim vont si bien ensemble. Ou encore pour se proclamer sans honte le meilleur chanteur de tout l’étang. C’est juste et sincère puisque quand il sera grand il ne sera ni steward, ni dentiste, ni même cosmonaute. Le mieux est donc effectivement qu’il reste à la guitare, Gérald. Même si parfois il ne lui reste qu’un jour pour répéter son prochain « pestacle », Gérald Genty, chanteur de son état, confesse dans ce disque ce qu’il ne pouvait pas avouer auparavant : « les instruments sont comme des aimants, les doigts comme des amants ». Ne le dites pas trop fort, je crois qu’il a une touche et que dans ce cas précis c’est dans ses cordes. Il est trop tard pour que Gérald Genty devienne quelqu’un d’autre. Un prénom qui n’aura jamais de plomb dans son L, et un nom propre qui au figuré devient la définition même de cette douce dérision qui forge le talent du plus grand chanteur de tout mon temps.