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NJP 2006 : à Christian... THANK YOU MR. BEL


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THANK YOU MR. BELL !!!

 

Bien que n'ayant pas obtenu du NJP les accréditations sollicitées par www.toutnancy.com pour ses collaborateurs,

Monique et moi avions décidé de nous rendre au Centre de Réadaptation de Lay-Saint-Christophe pour assister

au concert gratuit donné par l'homme-orchestre américain, Adolphus BELL.

 

 

 

Alors que nous arrivons sur le parking, des éclats de voix, des rires et des accords de guitare parviennent à nos oreilles. Nous marchons vivement en direction du gymnase transformé pour la circonstance en salle de concert.
- L'homme que nous sommes venues voir est un homme-orchestre pour un one man band show. Adolphus Bell chante et joue tout à la fois de plusieurs instruments. A son répertoire, blues, soul, mais aussi quelques classiques du temps du rock n roll.
- Sur une scène improvisée, Adolphus Bell s'installe. De loin, il a une allure très juvénile et son sourire éclaire son visage. De près, il est beaucoup moins jeune qu'il n'y paraît, mais son sourire est tout aussi lumineux !

 

 

 

 

 Dans le gymnase transformé en salle de concert, les spectateurs sont prêts à écouter l'homme-orchestre venu des Etats-Unis.

 

 

   

 

 

 Les patients sont presque tous là, en fauteuils mécaniques ou électriques. Une cinquantaine de fauteuils sont alignés devant l'artiste et dans le fond, une dizaine de patients assistent au concert de leur lit. Le personnel se trouve presque au complet dans le gymnase ainsi qu'une quinzaine de personnes venues d'un autre Centre de Réadaptation. Seules quelques infirmières sont restées dans les étages pour veiller sur ceux et celles que leur état ne permet pas d'être déplacés.

 

 

 

 

 

 Adolphus Bell chante sans relâche en s'accompagnant de sa guitare, son harmonica et ses percussions. Il parle aussi, du contenu de ses chansons. Tant pis si personne ou presque ne comprend ses mots ; sa voix chaude aux accents rieurs emplit le gymnase et réchauffe, petit à petit, les coeurs des auditeurs.

Les animateurs et les personnes valides frappent dans leurs mains. Les personnes en fauteuil les imitent, tout d'abord timidement, puis de plus en plus franchement. Et ceux qui ne peuvent bouger leurs bras tapotent du bout des doigts leur drap au rythme de la musique.

Entre chaque morceau, Mr. Bell éponge son front ruisselant avec une grande serviette blanche.

 

                       

 

     

 

   Soudain, Adolphus Bell invite les personnes en fauteuil à se rapprocher de la scène. Quelqu'un traduit et les animateurs s'empressent d'aider les moins valides à avancer de quelques mètres, juste au pied de l'estrade.

   L'homme-orchestre a entonné du blues ; l'émotion envahit doucement le gymnase. Les gorges se serrent, des mouchoirs essuient furtivement quelques larmes.

   Puis le chanteur fait hurler sa guitare. Sautant de la scène, il commence à déambuler parmi les fauteuils et les lits. Le personnel a recommencé à taper dans les mains en cadence, des cris d'enthousiasme fusent. L'artiste exécute une sorte de danse autour des spectateurs qui manifestent leur joie sans retenue et rappelle le chanteur en scandant son nom lorsqu'il disparaît dans les "coulisses".

   Mais l'émotion parvient à son paroxysme au moment où l'artiste, revenu sur scène pour une ultime chanson, quitte ses instruments et donne à chaque patient, assis dans un fauteuil ou couché dans un lit, une franche poignée de main, voire même une bise.

   Les camaramen de plusieurs chaînes de télévision sont là. Les flashs crépitent, ceux des professionnels de l'image et ceux du personnel du Centre qui immortalisent l'instant.

 

   J'apprends que les interviews ont déjà eu lieu. Evidemment, je n'y étais pas, puisque je n'avais pas obtenu d'accréditation... J'aimerais pourtant bien lui parler.

   - Vas-y ! me souffle mon amie, Monique, qui a fait une vingtaine de photos pour le reportage.

   - Je ne sais pas..., dis-je, hésitante.

   Comme Monsieur Bell s'adresse à un patient, j'aide à la traduction. J'en profite pour accrocher l'artiste par le bras.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 - Mister Bell ?

- Adolphus.

- Euh... yes... I have no authorization to interview but...

- Is it a problem ?

- Euh !... No, no problem !!!

Et Monsieur Bell me laisse l'interviewer, en toute simplicité et en l'absence de toute accréditation officielle !

Par respect pour l'homme qui aspire visiblement à un peu de repos, je n'ai qu'une question :

- Pourquoi avez-vous accepté de chanter ici, dans ce centre au milieu de personnes handicapées ?

- J'ai commencé à chanter dans les écoles, les hôpitaux et les prisons. J'ai gardé le goût d'aller au-devant de ceux qui ne peuvent venir me voir en concert.

- Ce n'est pas facile de se produire dans un milieu hospitalier...

- Je n'ai peur ni des handicapés ni des prisonniers. C'est important pour moi d'apporter un peu de joie à ces gens qui souffrent.

- Thank you, Mister Bell !

 

  

 

                             Adolphus Bell entre Johann et Christian. Les deux copains d'infortune

                             semblent avoir oublié, le temps d'un concert, leur souffrance, leur sentiment

                             d'injustice, leur ressentiment et leur peur du lendemain.

 

                             Alors que je remercie Monsieur Bell de s'être si gentiment laissé photographier,

                             il me répond par un lumineux "God bless you" - Dieu vous garde.

  

 

    

 

 

Isabelle Chalumeau (écrivain public)

ZAZ-ECRITOIRE

BP 30125

54715 LUDRES

Tel : 06.70.35.05.76

courriel : isabelle.chalumeau@wanadoo.fr et ichalumeau@free.fr

Sites : www.toutnancy.com/toutecrire et http://ichalumeau.free.fr