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GAM : Messe en ut mineur de Mozart


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LA GRANDE MESSE EN UT DE MOZART

 

Dimanche 10 décembre 2006. Nous arrivons à Saint-Dié-des-Vosges peu avant 17h00. Il fait presque nuit. Il fait froid. Sur le parvis, un sapin enguirlandé accueille la foule qui se presse, qui au marché de Noël, qui à l'église.

Dans quelques minutes aura lieu le concert que donne le GAM - Gradus ad Musicam - dans cette imposante cathédrale. Pour la circonstance, l'édifice religieux est bondé ; croyants et athés, tous mélomanes, se sont réunis en ce dimanche de l'Avent pour communier dans la musique sacrée. Il y a deux cent cinquante ans était né Wolfgang Amadeus Mozart, un génie musical, et c'est sa messe en ut composée en remerciement de ses noces avec Constance, que nous sommes tous venus écouter.

 

 

 

Dès les premières mesures, l'émotion me submerge. La musique de Mozart, servie par une quarantaine de musiciens, s'élance dans la nef et atteint chaque auditeur au plus profond de son être.

Les solistes : Laure Baert (soprano), Célia Pierre (soprano), Christian Chenille (ténor) et Christophe Gray (baryton).

Leurs voix et celles de la centaine de choristes présents derrrière eux s'envolent et l'écho retentit encore après qu'elles se soient tues.

Agnus Dei, Credo, Kyrie, Santus, Gloria : la messe est dite et magnifiquement sous l'impulsion des musiciens du GAM et de son chef d'orchestre qui a mené l'ensemble avec ampleur et dynamisme.

 

 

 Pendant plus d'une heure, chacun a mis ses soucis entre parenthèses. Plus de chômage, plus de cancer. Evanouie la peur de l'avenir pour nos enfants, éloignée la menace de la pollution qui pèse sur notre planète, oubliés les guerres et les attentats. Pendant plus de soixante minutes, les musiciens et choristes du Gradus ad Musicam nous ont emmenés dans le monde magique de la musique sacrée, une musique qui a survécu au temps et aux modes, une musique qui, vieille de plus de deux siècles, touche toujours au coeur ceux qui veulent bien l'écouter sans a priori.

 

 Dans ce monde qui  engendre, depuis les siècles des siècles, des monstres en tous genres, quelques génies dont fait partie Mozart réconcilient avec le genre humain le plus pessimiste des hommes. Une humanité qui compte parmi ses créatures des Mozart, des Goethe, des Shakespeare, pour ne citer qu'eux, ne peut pas être foncièrement mauvaise.

 

 Alors quand je serai fâchée avec l'espèce humaine, parce que les uns meurent sous les bombes que d'autres ont fabriquées, je me souviendrai de cette heure de grâce offerte par des musiciens qui ont mis tout leur talent au service d'un compositeur tour à tour sautillant et grave, léger et mélancolique, gai et nostalgique. Immédiatement après le concert, une question m'est venue à l'esprit : à quand le Requiem du même Mozart ? En attendant, nous retrouverons le GAM le 18 décembre 2006 à l'église Saint Léon à Nancy pour l'Oratorio de Jean-Sébastien Bach.

 

Pour en savoir plus : www.gradus-ad-musicam.com

 

 A la sortie de la cathédrale, une odeur d'orange et de cannelle assaille mes narines. Catapultée en retour dans mon siècle après une heure d'émotion au son des notes d'un musicien du XVIIIe, je jette un regard étonné sur les marchands qui ont envahi les allées du cloître. Sur le parvis, les ampoules électriques scintillent autour des cabanes du marché de Noël. Dans les crèches à vendre, le petit Jésus est même déjà né !!! Toujours plus pressé !... Les Rois Mages aussi sont là... Il faut dire que les galettes ornent déjà les étals des boulangers ! Les commerçants proposent leurs produits, à consommer sur place ou à emporter. La musique - pas vraiment sacrée ! - accompagne nos pas de chalet en chalet devant lesquels se massent les retardataires, mains dans les poches et cols relevés. Entre deux chalets, un mendiant tend sa sébile à tout hasard. Aucun doute possible : je suis bien revenue au XXIe siècle, celui de la consommation coûte que coûte, des orgies alimentaires, de la lumière aveuglante, des sons tonitruants. Je frissonne. Cette nuit, c'est sûr, il gèlera...

 

 

   Isabelle Chalumeau (écrivain public)

ZAZ-ECRITOIRE

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Tel : 06.70.35.05.76

courriel : isabelle.chalumeau@wanadoo.fr et ichalumeau@free.fr

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