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En vedette Le Corbusier


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Au musée des beaux-arts de Nancy

En vedette Le Corbusier

« le dessin comme outil »

 

 

 

 

Une exposition ouverte au public jusqu’au 22 janvier 2007

au cabinet d’art graphique

 

 

A travers 120 dessins, l'exposition va tenter de retracer non seulement l'ensemble des grands moments de création de Le Corbusier mais également les différentes manières dont l'artiste utilisa le dessin afin de comprendre la genèse et l'évolution de son langage plastique.

 

Lorsque le dessin n'est pas celui de l'architecte, il est chez Le Corbusier une façon de découvrir le monde, de l'analyser, de le reconstruire et d'en traduire toute la poésie : « Chacun a le droit de définir le dessin à sa manière. Pour moi, le dessin est le moyen par lequel un architecte cherche à se saisir de cette part de la Nature (de la Création) qu’il se sent le goût d’observer, de connaître, de comprendre, de traduire et d’exprimer ».

 

L’exposition est organisée en collaboration avec la Fondation Le Corbusier instituée, par Le Corbusier lui-même, légataire universel pour l'intégralité de son œuvre dans tous les domaines : architecture, urbanisme, peinture, dessin, sculpture, tapisserie, papiers collés, émaux, oeuvre gravée, mobilier et écrits.

Le fonds de dessins conservé à la Fondation Le Corbusier permet une approche globale de ce médium que l'artiste et architecte pratiqua durant toute sa carrière.

 

Commissaire de cette exposition, Danièle Pauly, professeur à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Strasbourg et chercheur au LHAC de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Nancy a établi une sélection dans tout l’œuvre dessiné de Le Corbusier.

 

 

 

L’exposition s’articule autour de trois axes principaux :

 

- le dessin comme mémoire et outil de l’analyse 

Durant les années de formation, de multiples croquis et carnets d'étude permettent au jeune Jeanneret de s'approprier le réel, d'analyser les objets d'art, les vestiges antiques. La description permet à l'artiste d'étudier l'ordre caché des choses et leur organisation. Depuis les dessins de jeunesse à La Chaux-de-Fonds, jusqu'aux premières années parisiennes du milieu des années 1910, Le Corbusier visite les musées, voyage en Italie (1907), en Orient (1910-1911), se constituant un corpus d'images ainsi qu'un formidable dictionnaire de formes.

 

« Dessiner, c’est d’abord regarder, avec ses yeux, observer, découvrir.

Dessiner, c’est apprendre à voir »

 

C'est essentiellement pendant les années de jeunesse de Le Corbusier que s'exerce la pratique du dessin d'observation nécessitant exactitude et concision. Ce sont aussi bien des transcriptions minutieuses et fidèles de motifs analysés avec la curiosité du jeune élève que des croquis synthétiques, esquissant le jeu des volumes, les proportions d'une façade ou annotant un détail de matériau (croquis du voyage d'Orient).  De sa formation à la ciselure et à la gravure sur métal, Le Corbusier conserve les qualités de précision et de transcription de l'essentiel, répondant à sa volonté d'expliquer graphiquement sa pensée. Le trait acquiert ainsi, dès les croquis de voyage de 1910 et 1911, la sûreté et la concision qui évoquent selon son propre vocable, une "sténographie".

 

- le dessin comme outil de la recherche 

La période puriste, 1917-1926, et post-puriste, 1926-1932, est révélatrice de la capacité de Le Corbusier à rechercher, à travers des séries, une méthode d'analyse et de mise au point d'un projet. Depuis les éléments constitutifs de l'œuvre - bouteille, guitare, verre …- jusqu'à leur agencement final, nous pouvons suivre le travail d'épuration de la forme, la recherche de la ligne idéale, le jeu des volumes qui s'entrechoquent, pour aboutir à la construction la plus efficace et harmonieuse. L'image mentale se révèle au fur et à mesure des études et du travail de simplification.

 

"Dessiner c'est aussi inventer et créer. Le phénomène inventif ne surviendra qu'après l'observation".

 

Le dessin est l'aboutissement d'un processus intellectuel totalement maîtrisé : il est en somme le geste qui obéit à l'idée. En effet, la conception du projet architectural ou pictural est, dans la démarche de Le Corbusier, une étape nettement définie et différenciée de la composition et de l'exécution. Elle est toujours déterminée de manière globale dès la phase initiale du travail et le dessin est alors la fidèle retranscription d'une idée déjà clairement formulée.

Ces dessins mettent en valeur une méthode de travail sériel, par lequel l'artiste aboutit à l'œuvre finale, après de nombreuses études répétitives, méthode qui est mise au point à partir de la période puriste ; elle correspond à la recherche perfectionniste de l'ordre et de l'harmonie que Charles Edouard Jeanneret et Amédée Ozenfant se sont imposés dans leur doctrine ;  elle s'inscrit dans la genèse de l'œuvre plastique de Le Corbusier comme la clef de sa démarche. C'est à ce stade du processus créateur, où le dessin se révèle "cosa mentale", que s'établit un rapport fondamental entre peinture et architecture.

 

- le dessin comme expression du lyrisme

L'exposition s'attache également à montrer à travers des paysages, des portraits, des croquis pris sur le vif dans les dancings, ainsi que des études de femmes très abouties, l'expression du lyrisme et la sensibilité de l'artiste. Pastels, encres, gouaches sont des techniques que Le Corbusier pratiqua avec talent et avec passion durant toute sa carrière. Au-delà du travail de conception architecturale et de l’aménagement urbain, il s'attarde à traduire sa passion de la femme et du corps humain.

 

"Le dessin est la seule possibilité  de se livrer sans contrainte  aux recherches du goût, aux expressions  de la beauté et de l'émotion".

 

Le dessin procède alors d'une démarche plus intuitive ; il est la traduction sensible de personnalité de Le Corbusier, de son regard particulier sur les choses, tant par le choix du sujet que par la forme de son interprétation. Le dessin peut prendre l'apparence de la spontanéité dans des transcriptions immédiates de l'impression première, du fugitif, de l'instantané, comme les croquis faits par l'artiste au music-hall, où de vives annotations d'attitudes retenues et de mouvements saisis en quelques traits suggèrent toute la vivacité et l'animation du spectacle : esquisses inspirant des aquarelles qui restituent l'émotion visuelle ressentie.

Dans les nombreuses études de femmes, thème exploré à partir de la fin des années vingt et durant les années trente, la sensualité des formes, rendue dans de délicats pastels, ou leur puissance sculpturale, traduite dans des études à la pointe d'argent, et dans de très grands formats à l'encre, à la gouache ou à l’aquarelle, donnent à ces œuvres une finalité propre. Le dessin n'est plus alors à considérer comme une étape préliminaire, mais il est une œuvre autonome et aboutie.